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Pakistan - Un dernier jour de campagne sous le signe de la violence

Des jeunes partisans du PML-N examinaient jeudi les affiches électorales à Lahore.
Photo : Agence France-Presse Roberto Schmidt Des jeunes partisans du PML-N examinaient jeudi les affiches électorales à Lahore.
Le dernier jour de la campagne pour les élections législatives au Pakistan jeudi a été marqué par l’enlèvement d’un des fils de l’ancien premier ministre Yousuf Raza Gilani et de nouvelles menaces des rebelles talibans qui promettent des attentats le jour du vote samedi.

Les partis des deux principales figures en lice, Nawaz Sharif, qui a dirigé par deux fois le gouvernement, et l’ex-gloire du cricket Imran Khan, ont, quant à eux, galvanisé dans la soirée les foules une dernière fois en meeting, le premier dans son fief de Lahore, le second, à Islamabad.


À Multan, des hommes armés ont enlevé Ali Haider, un des fils de M. Gilani, qui fut premier ministre de 2008 jusqu’à sa destitution par la justice, en juin 2012, deux mois après avoir été condamné par les juges pour son refus de rouvrir des poursuites pour corruption contre le président Asif Ali Zardari


Selon les autorités locales, le secrétaire et un garde du corps d’Ali Haider Gilani ont été tués dans la fusillade.


Ce dernier est candidat aux élections provinciales sous la bannière du Parti du peuple pakistanais (PPP), qui n’a fait qu’une campagne a minima en raison des menaces des talibans, soucieux de lui faire payer son alliance stratégique avec les États-Unis.


« Nous voulons que notrefrère nous soit rendu ce soir. Si ce n’est pas fait, nous ne permettrons pas l’organisation du scrutin dans notre région », a mis en garde Ali Musa Gilani, le frère aîné d’Ali Haider. « Les partisans du PPP doivent rester calmes et pacifiques », a pour sa part lancé leur père.


Cet enlèvement conclut une campagne ponctuée par de nombreuses attaques, commises en grande partie par les rebelles talibans, opposés à ces législatives jugées « non islamiques », et qui ont fait au moins 117 morts sans toutefois faire dérailler le scrutin dans ce vaste pays de 180 millions d’habitants.


Selon un commandant des insurgés ayant requis l’anonymat, le chef des talibans pakistanais, Hakimullah Mehsud, a lui-même ordonné des attentats suicide le jour du vote. « Les talibans ont envoyé des kamikazes pour perpétrer des attaques au Pakistan » samedi, a affirmé ce commandant.


La campagne avait marqué une pause mercredi à la suite de l’accident d’Imran Khan, chef du Mouvement pour la justice (PTI) et ancienne légende nationale du cricket, sport adulé au Pakistan, qui électrise les foules en critiquant les « vieux » partis dynastiques « corrompus »


Mais mardi soir, le sexagénaire aux allures de playboy avait fait une chute de plusieurs mètres au cours d’un meeting devant des milliers de ses partisans à Lahore.


Imran Khan a été blessé à la tête et à l’épaule, et s’est fracturé des vertèbres, mais sa moelle épinière a été épargnée, ont indiqué ses médecins.


Aité, Imran Khan devait intervenir jeudi dans la soirée par vidéoconférence au cours du meeting de son parti dans la capitale Islamabad, où des milliers de ses partisans étaient déjà réunis en début de soirée.


« J’aimerais tellement qu’Imran Khan soit présent ce soir. Son absence ne plombera pas notre moral, elle va plutôt le renforcer », a dit sur place Hassan-Ali, un étudiant de 21 ans.


Son accident a suscité l’émoi au sein de la population comme des grands partis politiques, bien plus que les attentats talibans contre les partis laïcs, que le favori du scrutin, la Ligue Musulmane (PML-N), comme le PTI, tous deux soupçonnés de lorgner le vote islamiste, se sont gardés de condamner.


Nawaz Sharif demeure le mieux placé dans les sondages pour prendre la tête du gouvernement à l’issue de ces législatives en raison de ses appuis historiques dans son fief du Pendjab, où sont concentrées plus de la moitié des circonscriptions.


Mais l’ascension d’Imran Khan, qui mord sur l’électorat de centre droit de Nawaz Sharif, vient brouiller les pronostics.

 
 
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