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Repères - L’internationalisation

Il y a deux ans, de nombreux spécialistes refusaient de croire que la Syrie serait le prochain domino à tomber dans le cadre des révolutions arabes, affirmant même qu’elle ne serait pas affectée. Ils avaient tort. Leur opinion s’appuyait sur un certain nombre d’arguments sérieux, mais on peut se demander si la vérité n’est pas tout simplement qu’ils avaient peur qu’en prédisant le scénario contraire ils l’aident à se réaliser.


Ils savaient que les conséquences d’un conflit dans ce pays allaient être terribles. Il était presque écrit dans le ciel qu’il serait beaucoup plus meurtrier que dans les autres pays arabes et qu’il provoquerait un embrasement plus ou moins généralisé de la région.


C’est commencé. L’État d’Israël a mené ces derniers jours des raids en territoire syrien. Les Israéliens ne veulent pas que des missiles d’origine iranienne tombent entre les mains du Hezbollah libanais, cette milice soutenue par Téhéran et Damas et disposant de bases à proximité de leurs frontières. C’est davantage pour assurer sa sécurité que pour affaiblir le régime syrien que l’aviation israélienne est passée à l’attaque. Officiellement, le régime al-Assad est en guerre contre Israël, mais cet ennemi n’a pas constitué une menace directe depuis des décennies. La solution de rechange probable, soit l’établissement d’un régime islamiste et sunnite à Damas, n’est pas nécessairement à l’avantage de l’État juif.


La Ligue arabe, qui n’a jamais été considérée comme un modèle d’efficacité, a du mal à gérer la crise syrienne, dans laquelle au moins deux de ses membres, l’Arabie saoudite et le Qatar, arment les adversaires du gouvernement d’un autre État membre (actuellement suspendu), la Syrie. À défaut de briller dans ce dossier, la Ligue a ressorti de ses tiroirs le plan de résolution du conflit israélo-palestinien qu’elle avait proposé en 2002. Grosso modo, il s’agit d’une reconnaissance de l’État d’Israël en échange de la fin de l’occupation des territoires conquis en 1967. Quelques modifications ont été apportées au plan initial dans le but de le rendre plus acceptable à la partie israélienne. Comme on pouvait s’y attendre, le gouvernement de Benjamin Nétanyahou n’a manifesté aucun intérêt pour cette proposition, mais l’opposition à la Knesset a exigé en bloc que le premier ministre l’étudie sérieusement.


***


Barack Obama tente désespérément de ne pas tomber dans le bourbier syrien. Quand ses propres services de renseignement ont indiqué que des armes chimiques avaient été utilisées en Syrie, il a prudemment évoqué la possibilité d’armer les rebelles, ce qu’il avait toujours refusé de faire jusqu’alors. Le président américain, qui répugne à lancer ses forces armées dans la mêlée, s’est peinturé dans un coin avec sa rhétorique de la « ligne rouge » à ne pas franchir. Cette ligne, c’est évidemment l’utilisation de telles armes. Heureusement pour lui, l’ONU et Carla Del Ponte sont venues à sa rescousse, la première en disant qu’elle doit continuer ses propres recherches, la seconde, qui fait partie des enquêteurs onusiens, en affirmant que du gaz sarin a été utilisé. Mais par qui ? Par des rebelles et non par le régime al-Assad, selon elle. Difficile de savoir qui dit vrai ou même qui sait de quoi il ou elle parle dans cette histoire.


La livraison d’armes aux rebelles deviendra problématique s’il s’avère que ces derniers n’ont pas plus de scrupules que M. Al-Assad. Elle semble pour le moment servir d’atout au secrétaire d’État, John Kerry, qui demande au président russe, Vladimir Poutine, de convaincre Bachar al-Assad de faire taire ses armes et de s’engager enfin dans un véritable processus de transition.


La guerre en Irak avait été déclenchée pour de fausses raisons. Elle a coûté très cher aux Irakiens et aux Américains. Il n’est pas sûr que les néoconservateurs et les autres va-t-en-guerre auront gain de cause cette fois-ci.

 
 
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