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Dacca compte ses morts

La première ministre suggère aux marques occidentales d’augmenter les salaires

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	Une famille vient d’identifier le corps d’un des siens parmi les quelque 500 victimes de l’effondrement.</div>
Photo : Agence France-Presse Munir Uz Zaman
Une famille vient d’identifier le corps d’un des siens parmi les quelque 500 victimes de l’effondrement.
[Mise à jour, le 4 mai 2013] Le bilan des personnes tuées dans l'effondrement d'un édifice au Bangladesh s'est encore alourdi, samedi, pour atteindre 547 alors que les secouristes étaient incommodés par l'odeur des cadavres en putréfaction toujours prisonniers des décombres.
Dacca — Le bilan de l’effondrement au Bangladesh d’un immeuble abritant des ateliers du textile a dépassé vendredi les 500 morts, un drame qui a jeté une lumière crue sur les conditions de travail des ouvriers, dont sont en partie responsables les marques occidentales, a accusé la première ministre.

Un ingénieur qui avait mis en garde contre la fragilité de l’immeuble avant qu’il ne s’affaisse comme un château de cartes le 24 avril était par ailleurs interrogé par la police.


À mesure que le travail de déblaiement des bulldozers a progressé, le nombre de corps découverts écrasés sous des tonnes de béton a considérablement augmenté.


Selon le lieutenant Mir Rabbi, un responsable de la salle de contrôle de l’armée chargée de superviser les opérations de secours, « le bilan s’élève désormais à 511 morts », alors que le bilan était de 441 morts jeudi soir. Les secours craignent que des dizaines de corps ne soient encore ensevelis sous les ruines du Rana Plaza, un immeuble de huit étages qui s’est écroulé à Savar, une ville située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Dacca, la capitale. Environ 3000 ouvriers du textile y travaillaient pour cinq ateliers de confection différents. Selon les autorités, 2437 personnes ont pu être sauvées.


L’espagnol Mango, la chaîne d’habillement à bas prix britannique Primark et la marque italienne Benetton figurent parmi les marques occidentales à avoir confirmé que certains de leurs produits étaient confectionnés au Rana Plaza, où le salaire mensuel moyen ne dépassait pas les 30 euros (environ 40 $CAN).


Ce tragique accident est le dernier d’une longue série ayant frappé cette industrie qui génère 15 milliards d’euros par an (20 millions $CAN). En novembre dernier, un incendie dans une usine textile près de Dacca avait fait 111 morts.

 

Comme d’habitude


D’après des témoins, l’accident du 24 avril n’aurait pas eu lieu si les responsables des ateliers de confection avaient écouté les ouvriers leur ayant signalé la veille des fissures dans les murs. Ils leur ont au contraire demandé de revenir travailler comme d’habitude.


Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision américaine CNN, la première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a défendu le niveau de sécurité de l’industrie textile en soulignant que la récente explosion dans un complexe industriel américain au Texas montrait qu’aucun pays n’était à l’abri. « Partout dans le monde, ce genre d’accident peut survenir », a-t-elle souligné.


Certaines marques occidentales d’habillement ont indiqué qu’elles réfléchissaient à leur présence future au Bangladesh après l’accident du Rana Plaza. Disney a déjà annoncé qu’il se retirait du pays.


La chef du gouvernement a voulu insister sur le fait que le « Bangladesh est maintenant un lieu où l’investissement peut se faire dans de bonnes conditions ». Mais elle a aussi suggéré que les groupes occidentaux attirés au Bangladesh par la main-d’oeuvre à bas coût pourraient augmenter les salaires, les accusant indirectement d’avoir une responsabilité dans le drame.


« S’ils veulent faire des affaires, ces acheteurs, alors ils devraient aussi envisager d’augmenter les prix de la confection pour que les affaires marchent bien, que la main-d’oeuvre ait un bon salaire. Donc, ils en sont en partie responsables, a-t-elle précisé. Je pense que les investisseurs, lorsqu’ils viennent ici, bénéficient d’une main-d’oeuvre bon marché et que c’est pour cette raison qu’ils viennent. »

 

Le pape dénonce


Sur cette question des salaires, le pape François a dénoncé le « travail d’esclave » des ouvriers au Bangladesh mercredi, le jour de la fête du Travail.


Selon Mike Posner, un professeur du droit des affaires et des droits de la personne à l’université new-yorkaise Stern School of Business, un retrait des groupes étrangers serait une réaction à « courte vue ».


« Les vraies solutions doivent être systémiques et se concentrer sur les relations entre les multinationales, les gouvernements, les acteurs de la société civile et les propriétaires d’usines », a-t-il estimé dans un courrier électronique.

 

Arrestations


Douze personnes ont été arrêtées à la suite du drame du Rana Plaza, dont le propriétaire de l’immeuble.


Un ingénieur du génie civil, Abdur Razzaq Khan, a par ailleurs été arrêté jeudi soir. Selon un quotidien en bengali, Jugantor, la nuit avant le drame il avait jugé que l’immeuble comportait des « risques » et devait faire l’objet d’une enquête, tout en donnant son feu vert à la poursuite du travail des ouvriers.


Son neveu a dit à l’AFP ne pas comprendre l’arrestation : « Nous ne savons pas pourquoi on en fait un bouc émissaire ni pourquoi il est arrêté. L’ont-ils arrêté pour avoir averti du danger ? »


Mais, selon le chef adjoint de la police de Dacca, A.B.M. Masud Hossain, les enquêteurs assurent que M. Khan s’est opposé à la fermeture du Rana Plaza.

 
 
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