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OACI - Rien n’est acquis

L’offensive du Qatar pour ravir le siège social de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) à Montréal a forcé les trois ordres de gouvernement à mettre leurs différends de côté pour faire front commun. Nous n’en attendions pas moins de la part de nos élus, toutes allégeances confondues. Reste à voir si cela suffira ?

On entend rarement parler de l’OACI, dont les activités spécialisées sont moins connues que celles d’autres créatures de l’ONU comme le Conseil de sécurité (New York) et l’UNESCO (Paris).


L’OACI est la seule organisation de l’ONU à avoir pignon sur rue au pays. Fondée à Cuba en 1945, c’est à Montréal qu’elle a tenu sa première assemblée générale, cette même année.


Selon la firme de recherche SECOR, la présence de l’OACI entraîne des retombées économiques de plus de 100 millions de dollars grâce aux quelque 500 employés et aux nombreux visiteurs qui y viennent chaque année.


De plus, parce que le siège social de l’OACI est ici, d’autres organisations ont choisi Montréal comme port d’attache. On pense notamment à l’IATA (International Air Transport Association), qui compte 240 transporteurs commerciaux.


Jusqu’au mois dernier, rien ne permettait de croire qu’une bataille se préparait autour du choix de la ville hôte du siège social de l’OACI. Son conseil d’administration avait même décidé de reconduire pour 20 ans l’entente en vigueur avec le Canada. C’est alors qu’on a appris l’existence d’une offre très généreuse du Qatar (immeuble neuf, loyer gratuit, exemption de taxes, etc.), sur laquelle les membres seront appelés à se prononcer lors de la prochaine assemblée générale, à l’automne.


Le Qatar a beau n’être qu’un petit pays, il ne faut pas sous-estimer sa capacité de rallier plusieurs des 191 pays membres. L’émirat est immensément riche grâce à ses réserves gazières, et son chef d’État, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, est quelqu’un qui voit grand. Trop grand peut-être mais, pour l’instant, cela lui permet de jouer de séduction.


Récemment, il a été reçu par le président Obama et les deux hommes ont discuté du problème syrien. Le Qatar est de plus en plus présent en Europe, où les conglomérats associés à la famille royale participent au capital de grands groupes comme Volkswagen-Porsche, La Gardère, Vinci et Véolia. Ils sont propriétaires des magasins Le Printemps et on les retrouve dans le monde du sport à la tête du mythique Paris-Saint-Germain (PSG), dans lequel ils ont investi une petite fortune.


Même si le Qatar n’a pas que des amis, la position commune des pays arabes et de l’lran à l’égard d’Israël les éloigne du même coup du Canada, dont l’engagement inconditionnel aux côtés de l’État juif a de quoi nuire à la campagne diplomatique en faveur de Montréal. Grâce à l’argent, l’émir et ses alliés sont en mesure d’acheter le vote de plusieurs diplomates et politiciens, à qui on n’hésitera pas à promettre investissements et avantages personnels.


Compte tenu du peu d’intérêt, voire du mépris manifesté par le gouvernement Harper envers l’institution qu’est l’ONU ces dernières années (retrait de Kyoto et de l’accord sur la désertification, absence du premier ministre à l’ouverture de l’Assemblée générale au profit d’une visite chez Tim Horton, défaite de la candidature canadienne au Conseil de sécurité…), il ne faudra pas se surprendre d’assister à un vote serré lors de l’Assemblée générale de septembre. Front commun local ou pas !

 
 
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