Obama veut que l’ONU enquête sur les armes chimiques d’al-Assad
Washington — Barack Obama souhaite une « évaluation définitive » sur le recours éventuel du régime syrien à des armes chimiques avant de prendre une décision dans ce dossier, a déclaré la Maison-Blanche vendredi, alors qu’avaient lieu des combats acharnés à Damas.
Jeudi, les États-Unis ont reconnu pour la première fois que le régime syrien avait probablement utilisé des armes chimiques, tout en soulignant que leurs renseignements n’étaient pas suffisants pour avoir la certitude que Damas avait franchi la « ligne rouge » tracée par le président Obama.
« Nous oeuvrons à établir des faits dignes de foi et recoupés », a déclaré vendredi Jay Carney, le porte-parole de Barack Obama, refusant toutefois de « fixer un calendrier » pour ce processus, car « ce sont les faits qui doivent soutenir cette enquête, pas une échéance ».
Le porte-parole a en outre répété la position de la Maison-Blanche selon laquelle « toutes les options » seraient sur la table s’il est établi que le régime de Bachar al-Assad a utilisé des armes chimiques.
Interrogé sur la possibilité de voir les États-Unis recourir à une intervention armée dans ce cas, M. Carney a remarqué qu’«il existe de nombreux moyens disponibles pour le président dans ce genre de situation, dont ceux que vous avez mentionné, mais il existe de nombreuses autres options ».
« Si le régime n’a rien à cacher, il devrait autoriser les enquêteurs de l’ONU entrer dans le pays pour que nous puissions aller au fond des choses », a pour sa part souligné Patrick Ventrell, un porte-parole du département d’État.
Si Israël est allé jusqu’à appeler les États-Unis à intervenir militairement pour « prendre le contrôle des arsenaux d’armes chimiques syriens », l’Union européenne et la France ont elles aussi demandé vendredi à Damas de laisser les enquêteurs onusiens travailler - faisant écho à un « appel urgent » similaire lancé jeudi par Ban Ki-moon.
L’opposition syrienne a pour sa part appelé vendredi à une intervention urgente des Nations unies. « La France et la Grande-Bretagne assurent posséder des informations sur l’usage d’armes chimiques et maintenant les États-Unis disent la même chose. Il est temps que le Conseil de sécurité de l’ONU agisse », a affirmé à l’AFP un responsable de la Coalition de l’opposition.
« L’ONU doit enquêter immédiatement sur ce sujet et si elle trouve des preuves d’un tel usage elle doit agir immédiatement en imposant au moins une “zone d’exclusion aérienne” » pour l’aviation syrienne, a souligné ce responsable.
« La paralysie du Conseil de sécurité sur le dossier syrien ne peut pas servir d’excuse à l’ONU pour ne pas agir », a-t-il ajouté.
Le Conseil de sécurité est incapable d’agir depuis le début de la révolte en Syrie en mars 2011 en raison de ses divisions internes, car si les Occidentaux soutiennent la rébellion, la Chine et surtout la Russie appuient le régime.








