Conférence à Montréal - Sarkozy proclame sa foi européenne
L’Europe étant un continent qui s’est entredéchiré dans le passé, l’Union européenne lui a apporté la paix, a-t-il expliqué en substance, selon un participant qui a accepté de rapporter ses déclarations à l’Agence France-Presse sous couvert d’anonymat, la rencontre étant fermée aux médias.
L’ancien chef de l’État a ponctué son intervention de plusieurs formules-chocs : «l’Europe, c’est la paix», «l’euro est le coeur de l’Europe», «si l’euro échoue, l’Europe explose».
Maladie du consensus
Interrogé, à l’issue de l’exposé, sur les conséquences d’une éventuelle sortie d’un pays de la zone euro, M. Sarkozy a jugé celle-ci improbable, car elle ne serait pas dans l’intérêt du ou des pays en question.
« Leur dette est libellée en euros », donc la sortie de l’euro et la dévaluation de la monnaie nationale qui devrait suivre rendraient la dette encore plus lourde, a-t-il expliqué.
Puis, « si on laisse tomber un pays, les marchés se demanderont quel est le suivant », a-t-il ajouté, avant de conclure : « L’euro est un tout, l’Europe est un tout. »
M. Sarkozy a évoqué aussi la « maladie » de la gouvernance étatique de l’Europe, à savoir la nécessité d’avoir le consensus des 27 pays pour prendre une décision. « Faire croire à 27 pays qu’ils ont tous les mêmes droits et les mêmes devoirs est un mensonge », a-t-il asséné, avant d’affirmer que l’Allemagne et la France « ont une responsabilité particulière, car elles font 50 % du PIB » européen.
Quant aux accords de libre-échange négociés entre l’UE d’une part, le Canada - avec d’importantes difficultés de dernière minute - et les États-Unis d’autre part, l’ancien président français « y croit », car tous ces pays « font partie de la même famille ». Ce qui n’enlève rien, selon lui, au besoin de développer des relations avec la Chine.
Terrorisme
Interrogé aussi sur le « terrorisme », Nicolas Sarkozy a jugé que « la seule position qui tienne est la position debout, la fermeté ». « La France sait ce qu’elle doit faire », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, l’ancien président, apparaissant en bonne forme, a dit qu’il lui fallait éviter deux écueils lors de son séjour au Québec : se mêler de la politique québécoise et canadienne et faire de la politique française. « Ce n’est pas que je n’en aie pas envie », a-t-il ajouté sur ce dernier point, dans un clin d’oeil à son auditoire.
Parmi les personnalités assistant à la conférence, combinée avec un repas, on remarquait la présence d’André Desmarais, représentant d’une puissante famille d’industriels et de financiers, connaissance de longue date de M. Sarkozy.
Arrivé jeudi matin de New York, l’ancien président devait quitter Montréal en milieu d’après-midi pour la métropole américaine, où il doit rencontrer vendredi le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.
« Ce sera un entretien amical entre le président et le secrétaire général de l’ONU », a indiqué une collaboratrice de l’ex-chef de l’État. Cette discussion « sera l’occasion d’évoquer les principaux sujets internationaux », a-t-elle ajouté.








