La réalité dépasse-t-elle la fiction?
« C’est sûr que la question se pose puisqu’on a fermé une ville de quatre millions d’habitants pour retrouver un seul suspect », note François Furstenberg, spécialiste de l’histoire américaine à l’Université de Montréal et aussi originaire de Boston.
« Dans des circonstances aussi dramatiques, il faut dire qu’il y a un prix politique à payer si les décideurs n’en font pas assez, s’ils ne réagissent pas de la bonne façon, alors c’est peut-être mieux pour eux d’en faire plus que de ne pas en faire assez », avance-t-il.
Le symbolisme
Même s’il est encore trop tôt pour analyser la réaction américaine, François Furstenberg reconnaît aussi que le symbolisme du marathon de Boston fait en sorte que les médias s’y intéressent davantage même s’il y a eu moins de morts que dans l’explosion, mercredi, d’une usine d’engrais au Texas.
À cet effet, la professeure de communication à l’Université Laval Colette Brin souligne que ce n’est pas nécessairement le nombre de morts qui justifie la couverture médiatique. « Dans le cas des attaques de Boston, on y accorde plus d’attention parce qu’on veut savoir ce qui se passe, parce qu’il y a de la matière sur le suspect et qu’on aimerait connaître les causes », indique-t-elle en ajoutant que ce genre d’événement cause toujours une sorte de frénésie dans les médias sociaux et traditionnels. « C’est difficile de dire si les médias en font trop, mais ce qui est répréhensible, ce sont les erreurs de faits qui sont souvent commises dans ce genre d’événement en direct », signale Mme Brin en donnant l’exemple du New York Post, un journal sensationnaliste, qui a diffusé de fausses informations sur le suspect et le nombre de victimes. Elle déplore également que les médias sociaux soient devenus l’une des premières courroies de transmission puisqu’il est plus difficile de faire le tri des sources fiables.








