Sanctionnée, Pyongyang menace de larguer une bombe atomique sur les États-Unis
New York — Le Conseil de sécurité de l’ONU a imposé jeudi de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord en réaction à son troisième essai nucléaire, alors que Pyongyang a poursuivi l’escalade verbale contre les États-Unis, menacés d’une frappe atomique « préventive ».
La résolution 2094 du Conseil, adoptée à l’unanimité de ses 15 membres, s’efforce de tarir les sources de financement utilisées par Pyongyang pour nourrir ses ambitions militaires et balistiques. Elle met sous surveillance les diplomates nord-coréens et ajoute sur une liste noire plusieurs particuliers ou entreprises soumis à des gels d’avoirs et des interdictions de voyager.
Ces nouvelles sanctions « vont frapper durement » le régime communiste et « accentuer [son] isolement », a estimé l’ambassadrice américaine à l’ONU Susan Rice. « Défier la communauté internationale va coûter plus cher aux dirigeants nord-coréens ».
Les mesures adoptées jeudi - âprement négociées entre Washington et Pékin, allié traditionnel de Pyongyang - s’ajoutent à une série de sanctions prises à l’encontre du régime communiste depuis qu’il a mené son premier essai nucléaire en 2006, suivi par un deuxième en 2009 et un troisième le 12 février dernier.
Les membres du Conseil manifestent « la plus grande inquiétude » face à ce troisième essai et se disent prêts à prendre « d’importantes mesures supplémentaires », non précisées, si Pyongyang teste à nouveau une bombe atomique ou lance une fusée. L’ambassadeur chinois à l’ONU Li Baodong a appelé à « faire baisser la tension » et à revenir aux « négociations à six » (les deux Corées, Chine, Russie, Japon, États-Unis), dans l’impasse depuis 2009.
Rhétorique belliqueuse
L’ambassadeur sud-coréen, Kim Sook, a rejeté cette idée : les dirigeants nord-coréens, a-t-il affirmé, « se sont isolés du reste du monde et ce n’est pas le moment de parler de dialogue ». « La Corée du Nord doit abandonner son illusion de devenir une puissance nucléaire et faire le bon choix ».
Après avoir menacé de dénoncer l’accord d’armistice mettant fin à la guerre de Corée en 1953, le régime nord-coréen a une nouvelle fois musclé jeudi sa rhétorique belliqueuse.
« Puisque les États-Unis s’apprêtent à déclencher une guerre nucléaire, [nos] forces armées révolutionnaires […] se réservent le droit de lancer une attaque nucléaire préventive pour détruire les bastions des agresseurs », a déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.
Cité par l’agence officielle KCNA, il a également averti qu’une seconde guerre de Corée était « inévitable » après que Washington et Séoul eurent refusé d’annuler de grandes manoeuvres militaires conjointes prévues la semaine prochaine.
La Maison-Blanche a assuré jeudi que les États-Unis étaient « tout à fait capables » de se défendre. Un influent sénateur américain, le démocrate Bob Menendez, a prévenu que toute frappe nucléaire nord-coréenne serait « du suicide », qualifiant cette menace d’«absurde ». Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a demandé à la Corée du Nord « de s’abstenir de toute nouvelle action déstabilisatrice et d’éviter la rhétorique belliqueuse ».
Le Rodong Sinmun, le journal officiel du parti unique nord-coréen, a brandi la menace d’une « guerre thermonucléaire ». « La guerre ne serait pas confinée à la péninsule coréenne », a-t-il averti, dans une allusion à l’arsenal balistique du pays, capable selon lui de frapper le territoire américain, en particulier les îles du Pacifique.
La télévision nord-coréenne a diffusé des images d’un important rassemblement de militaires et de civils jeudi à Pyongyang sur la place Kim Il-Sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en 1948, pour dénoncer « l’agression américaine ».








