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MSF considère que la situation humanitaire est «catastrophique» en Syrie

Paris — Après l’ONU qui évoque une « catastrophe absolue » en Syrie, l’ONG française Médecins sans frontières (MSF) dresse un bilan tout aussi sombre du pays, réclamant un accord politique « sur l’aide humanitaire pour faciliter son acheminement ». En Syrie, « on a fait ce qu’on a pu, pas ce qu’on a voulu », résume Marie-Noëlle Rodrigue, directrice des opérations MSF. Dans un rapport titré Deux ans de conflit en Syrie: L’aide humanitaire dans l’impasse, MSF s’en prend à la fois au régime de Bachar Al-Assad, qui cible les structures de santé et empêche l’envoi d’aide dans de vastes zones du pays, et à la pusillanimité des institutions internationales et des pays voisins.


Les premières sont visées parce qu’elles fournissent des moyens insuffisants et persistent à conditionner une bonne partie de leur intervention à l’autorisation de Damas, excluant de facto la majorité de la population des zones rebelles de leur assistance, tandis que les capacités des structures d’aide en zone gouvernementale sont « saturées » et insuffisantes.


Les pays voisins sont fustigés parce qu’ils « ne sont pas prêts » à accorder aux ONG engagées dans des opérations transfrontalières « les facilités logistiques et administratives associées à une reconnaissance officielle », ralentissant leur action.


Or, tous ces pays ont reconnu la coalition nationale syrienne comme seule représentante du peuple syrien. « Il y a reconnaissance politique de la coalition, donc aujourd’hui reconnaissons aussi que dans ces territoires, il y a possibilité d’acheminer de l’aide », a déclaré lors d’une conférence de presse la présidente de MSF, Marie-Pierre Allié. Elle demande « que toute la pression soit mise » sur les belligérants « pour qu’il y ait un accord sur l’aide humanitaire » et qu’elle puisse enfin être acheminée dans toute la Syrie, « à partir des pays voisins ou à travers les lignes de front ».


« En attendant, l’absence d’accord ne doit pas empêcher les ONG internationales d’agir partout où elles le peuvent […] Et l’acheminement des secours impartiaux dans les zones contrôlées par l’opposition et les zones délaissées ne doit plus être conditionné à un accord du gouvernement syrien », poursuit MSF.


Par ailleurs, des négociations étaient en cours jeudi pour obtenir la libération de 21 observateurs philippins de l’ONU capturés par les rebelles en Syrie, où l’armée tentait de reprendre Raqa, la première grande ville à être tombée entièrement mercredi aux mains des insurgés. Dans le premier rapt du genre depuis le début du conflit il y a près de deux ans, des rebelles ont enlevé 21 observateurs philippins de la Force de l’ONU chargée depuis 1974 de faire respecter un cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur le plateau du Golan, occupé en grande partie par l’Etat hébreu.

 
 
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