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Il y a trois ans, commençait la deuxième intifada - Colère, haine et surtout pessimisme

«S'ils appuient sur la détente avec un doigt, nous devrions nous servir de dix doigts»

Reuters   29 septembre 2003  Actualités internationales
Yasser Arafat tout sourire, hier.
Photo : Agence Reuters
Yasser Arafat tout sourire, hier.
Jérusalem/Ramallah, Cisjordanie — Un sentiment d'impuissance, teintée de colère, a dominé hier le troisième anniversaire de la deuxième intifada dans les territoires palestiniens où les violences ont accentué la haine et le pessimisme.

Plusieurs milliers de Palestiniens, certains tirant des rafales vers le ciel, se sont ainsi réunis à Naplouse (Cisjordanie) pour l'une des rares manifestations organisées à l'occasion de l'anniversaire du début d'un conflit qui a fait plus de 2000 morts côté palestinien et plus de 800 chez les Israéliens.

«Nous venons ici pour montrer notre volonté de poursuivre l'intifada jusqu'à ce que nous obtenions la liberté», a déclaré à la foule le gouverneur de Naplouse, Mahmoud Aloul.

Un groupe de manifestants portait une pancarte sur laquelle on lisait: «Tant qu'il y aura un seul soldat ou un colon juif qui appuie sur la détente, nous devrons riposter de la même façon. S'ils appuient sur la détente avec un doigt, nous devrions nous servir de dix doigts.» En dehors de quelques manifestations appelant à la poursuite de la lutte ces trois derniers jours dans la bande de Gaza, les célébrations ont été assez rares.

Les espoirs de paix sont minces et la «feuille de route» pour la paix du «Quartet» de médiateurs internationaux est bloquée, chacun des deux camps estimant que c'est à l'autre de faire le premier pas pour sa mise en oeuvre.

«Nous voulons la paix, mais c'est dur d'y croire. L'époque où il était possible de faire quelque chose est passée. S'en prendre à eux ne servirait à rien désormais. Ils attaqueraient encore, tout simplement», déclare Yuri Abayev, un chauffeur de taxi israélien.

«Au bout du compte, nous sommes des personnes sous occupation, à laquelle il faut résister. Il peut y avoir des désaccords sur les moyens de la résistance mais il faut résister», estime pour sa part Bassam Zakarneh, un Palestinien de 36 ans.

Si la plupart des Palestiniens interrogés par Reuters disent vouloir la poursuite de la résistance à l'occupation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, les points de vue diffèrent en effet sur les formes que devrait prendre cette action. De nombreux Palestiniens sont opposés aux attentats suicide en Israël, mais soutiennent les attaques contre l'armée israélienne et les colonies juives en Cisjordanie et à Gaza.

«Les Palestiniens doivent revenir au caractère populaire de la résistance à l'occupation. Les attentats suicide nuisent à notre cause», estime Hani al-Masri, un éditorialiste palestinien, qui évoque les grandes manifestations qui avaient marqué le début de la deuxième intifada.

La dernière attaque remonte à la semaine dernière, lorsqu'un activiste palestinien s'était introduit dans une colonie juive et avait tué un homme et un bébé.

Mahmoud Hamedan avait été récemment libéré, après avoir passé 14 mois dans une prison israélienne. Son oncle, Nassar Hamedan, a précisé à Reuters qu'il appartenait au Djihad islamique.

Les Israéliens sont eux-aussi divisés sur les moyens de gérer l'intifada même si les opinions se sont peu à peu radicalisées.

«Nous devons nous préparer à la guerre pour conquérir tous les territoires [palestiniens]», explique, un fusil à l'épaule, Arnon, un colon juif de 26 ans qui se dit par ailleurs favorable à la construction de la «clôture de sécurité» actuellement en cours en Cisjordanie et que les Palestiniens qualifient de «mur de Berlin» qui empiète sur leurs territoires.

Dans les deux camps, certains pensent que la solution viendra de l'extérieur et qu'il faudrait que des observateurs internationaux soient envoyés dans la région.

D'autres s'en remettent à Dieu. «Le Messie va venir. Nous devons juste espérer et prier», pense ainsi une jeune fille de 16 ans qui vit dans une colonie juive en Cisjordanie.

D'autres encore, mais ils sont très peu, restent optimistes. «Je suis optimiste. Je n'ai aucun doute. Je pense que nous obtiendrons la paix si nous attendons patiemment», affirme Dvora Halevy, une institutrice israélienne de 40 ans.

Le responsable palestinien des négociations de paix, Saëb Erekat, a annoncé hier qu'un nouveau gouvernement palestinien dirigé par Ahmed Koreï devrait être approuvé cette semaine.
 
 
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