Rapport de l'OCDE sur l'impôt - L’aversion
Après les totalitarismes brun et rouge, voilà que la démocratie est de nouveau sérieusement menacée. Cette fois-ci, le danger vient des multinationales, des transnationales, qui usent et abusent de toutes les techniques inhérentes à l’optimisation fiscale confectionnées par les cracks de l’ingénierie financière avec leurs acolytes avocats. Le danger est si réel, si énorme, qu’il menace même la stabilité du monde. Et qui a établi ce constat ? L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui, depuis sa création, ne s’est jamais singularisée par une quelconque déviance gauchiste.
Intitulé Lutte contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert des bénéfices, ce rapport fait suite à une sortie récente du premier ministre Dave Cameron. Ce conservateur, faut-il le rappeler, juge les agissements des Apple de ce monde si dommageables qu’il a décidé de glisser le sujet en tête de l’ordre du jour du sommet du G7 qu’il va présider cette année. En France, le ministère des Finances planche actuellement sur une taxe baptisée pour l’instant « Google » et dont l’objectif consistera à réduire les effets nocifs que le commerce de sujets dématérialisés fait peser sur le budget de l’État. Un peu partout, on étudie les moyens qui réduiraient notamment le fossé, voire l’injustice que subissent les PME versus les multinationales. Les entreprises nationales paient en moyenne au-delà de 12 % d’impôts de plus que les mastodontes.
Depuis des années, il en est ainsi parce que ces derniers sont devenus des artistes de ce que l’on nomme le « prix du transfert ». Dans le journal Le Monde, on rapporte par exemple qu’IKEA France verse des millions à une filiale « néerlandaise (Inter IKEA Systems BV), elle-même détenue par une société luxembourgeoise (Inter IKEA Holdings SA), elle-même détenue par une fondation (Interogo) basée au Lichtenstein ». De ce côté-ci de l’Atlantique, l’OCDE a calculé que les grosses entreprises américaines déclarent un maximum de 2,6 % des bénéfices dans les nations du G7 contre, tenez-vous bien, 656 % aux Bermudes.
La différence entre ces lieux de chute est si abyssale que cette optimisation fiscale s’avère une haine fanatique de l’impôt et de tout ce qui compose la civilité de la société. Cette différence est d’autant plus détestable qu’elle révèle combien la qualité démocratique s’est érodée au fil de la symphonie de déréglementations entamée dans les années 80 par Margaret Thatcher, Ronald Reagan et Brian Mulroney plus que tous les autres chefs d’État réunis. Elle révèle enfin que le roi est nu. Il est assis sur un baril de poudre et il ne fait rien, ou si peu. Au fond, qu’il s’appelle Barack Obama ou François Hollande, le roi est bel et bien un roi fainéant.







