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    Mali: un centre de commandement des islamistes à Tombouctou est touché

    Washington s’implique davantage et transporte des soldats français

    Des soldats français patrouillaient dans les rues de Diabali mardi.
    Photo : Agence France-Presse (photo) Issouf Sanogo Des soldats français patrouillaient dans les rues de Diabali mardi.
    L’aviation française a visé un centre de commandement d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) à Tombouctou, ville du nord-ouest de Mali, pays vers lequel les États-Unis ont annoncé mardi avoir commencé à transporter des troupes et de l’équipement français.

    À New York, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a salué mardi l’intervention « courageuse » de la France au Mali, mais il a aussi réitéré ses craintes concernant l’impact de l’opération sur les civils et les droits de la personne.


    Sur le terrain, la France s’est attaquée directement à AQMI, le plus important des trois groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, en frappant plusieurs cibles, dont « un centre de commandement des terroristes » près de Tombouctou, selon des sources concordantes françaises.


    Le palais que l’ancien dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, s’était fait construire à Tombouctou, qui servait de quartier général aux islamistes, a notamment été détruit par ces frappes aériennes, selon des habitants et une source de sécurité malienne.


    Un élu de la région de Tombouctou, Mohamed Ould Lemine, a confirmé : « Le palais de Kadhafi a été bombardé par les Français. C’était le quartier général des islamistes. Leurs provisions en carburant et en armes ont été détruits. L’endroit a même pris feu. »


    Tombouctou, à 900 kilomètres au nord-est de Bamako, est une ville-phare de la culture musulmane en Afrique, classée au patrimoine mondial de l’humanité. Les djihadistes y ont détruit à plusieurs reprises d’anciens mausolées de saints musulmans et s’y sont livrés à des exactions (lapidations, amputations).


    La France a dans le même temps bénéficié d’un soutien supplémentaire de la part des États-Unis : « À la demande du gouvernement français, nous avons commencé à affréter par les airs de l’équipement et du personnel de la France vers le Mali », a indiqué un porte-parole de l’armée américaine, sans autre précision.

     

    Washington


    Washington, qui fournit déjà une aide en matière de renseignements à l’intervention française, avait annoncé la semaine dernière qu’elle mettrait prochainement à la disposition de la France des avions de transports, excluant toutefois l’envoi de troupes.


    Plus de 2150 soldats français sont déjà déployés au Mali, un chiffre qui va augmenter dans les prochains jours.


    Onze jours après le début de l’intervention française qui a donné un coup d’arrêt à la progression des islamistes vers le Sud, le général Ibrahima Dahirou Dembélé, chef d’état-major de l’armée malienne a estimé que la libération de Gao et Tombouctou pourrait « ne pas prendre plus d’un mois ».


    Une colonne de soldats tchadiens et nigériens doit notamment se diriger vers Gao depuis Niamey, ouvrant un nouveau front face aux islamistes.


    Gao et Tombouctou sont contrôlées depuis plus de neuf mois par des groupes islamistes armés.

     

    L’armée malienne


    Mardi matin, des soldats maliens parcouraient les rues de Diabali, à 400 kilomètres au nord de Bamako, comme ils l’avaient fait la nuit précédente, a constaté un journaliste.


    Comme annoncé, les soldats français, qui avaient aidé lundi les Maliens à reprendre Diabali tombée au mains des islamistes, se sont retirés de la localité dans la soirée.


    L’armée française semble réticente à stationner dans les villes : une fois reprises aux islamistes, elle préfère en laisser le contrôle à l’armée malienne.


    Plusieurs sources ont fait état d’un repli des islamistes vers Kidal (extrême nord-est) près de la frontière algérienne.


    De nouveaux pays ont répondu aux demandes d’aide logistique et financière de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour le déploiement d’une force au Mali qui, à terme, sera composée de quelque 6000 soldats africains.


    La Côte d’Ivoire s’est engagée à fournir un bataillon logistique de 500 hommes, dont une partie seulement seront envoyés au Mali.


    Rompant avec la quasi-unanimité de la communauté internationale, le président égyptien, Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, s’est prononcé lundi contre l’intervention au Mali, « de nature à alimenter le conflit dans la région ». Mais Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM) a estimé que l’intervention de la France n’était « pas une agression contre l’islam ».

     
     
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