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    Colombie - Les FARC annoncent la fin de leur trêve

    Le chef de la délégation des Forces armées révolutionnaires de Colombie, Ivan Marquez, a annoncé la fin de la trêve unilatérale à son arrivée au Palais des congrès de La Havane, ce dimanche.
    Photo : Agence France-Presse (photo) Adalberto Roque Le chef de la délégation des Forces armées révolutionnaires de Colombie, Ivan Marquez, a annoncé la fin de la trêve unilatérale à son arrivée au Palais des congrès de La Havane, ce dimanche.
    Bogota — La guérilla des FARC a annoncé la reprise de la lutte armée en Colombie en confirmant dimanche la fin de la trêve unilatérale de deux mois, décrétée en gage de bonne volonté lors de négociations de paix à Cuba, sans avoir convaincu les autorités de Bogota de relâcher la pression militaire.

    « C’est le coeur lourd que nous devons reconnaître que nous revenons à l’état de guerre dont personne ne veut », a déclaré à la presse Ivan Marquez, chef de la délégation des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), depuis La Havane où la rébellion marxiste a ouvert une nouvelle journée de négociations avec les représentants du président Juan Manuel Santos.


    Le numéro deux des FARC a toutefois exhorté à nouveau M. Santos d’examiner « la possibilité d’un cessez-le-feu bilatéral » permettant « une atmosphère sereine » lors des pourparlers, dont l’objectif est de mettre fin au plus vieux conflit d’Amérique latine, qui a fait 600000 victimes, 15000 disparus et près de 4 millions de déplacés en un demi-siècle.


    M. Marquez a proposé de discuter tout au moins d’un « traité de régulation de la guerre », afin d’« éviter à la population de souffrir davantage ».


    La délégation gouvernementale, dirigée par l’ancien vice-président Humberto de la Calle, n’a fait de son côté aucun commentaire avant la reprise des discussions.


    Toutefois, le président Santos a déjà exclu à plusieurs reprises l’option d’un cessez-le-feu bilatéral avant de parvenir à un accord final avec les FARC, rappelant que les offensives militaires avaient permis de réduire leurs rangs à un niveau historique.


    Développement rural


    Les négociations de paix, qui ont démarré il y a deux mois dans la capitale cubaine, ont abordé comme premier point la question cruciale du développement rural dans un pays où à peine 1 % de la population possède plus de la moitié des terres agricoles. D’autres thèmes épineux sont prévus, comme le trafic de drogue, la réinsertion politique des guérilleros ou encore la réparation des victimes.


    Devançant l’annonce de la fin du cessez-le-feu, M. Santos, qui souhaite que les négociations aboutissent au plus tard en novembre prochain, a tenté la veille de rassurer ses compatriotes et affirmé que les autorités étaient « prêtes » à une reprise des hostilités.


    Les forces de l’ordre « savent parfaitement ce qu’elles ont à faire à partir de demain [dimanche] », a-t-il lancé, indiquant que de nouvelles « tentatives terroristes avaient déjà été détectées ».


    Vendredi dernier, les autorités ont annoncé avoir déjoué un projet d’attentat des FARC contre des écoles de la police et de l’armée à Bogota, après avoir saisi du matériel explosif. Un responsable de la police avait accusé la guérilla d’avoir profité de la trêve pour se « renforcer ».


    Le mouvement rebelle a assuré pour sa part avoir observé un véritable cessez-le-feu sur le terrain. « Nous avons respecté de façon sérieuse et responsable notre engagement », a-t-il souligné dans un message publié dimanche sur son site Internet. « Nous n’avons pas mené la moindre attaque » contre des installations des forces de l’ordre, ajoute le message.


    M. Santos lui-même avait récemment reconnu que les FARC ont « respecté (le cessez-le-feu) à quelques exceptions près », tandis que les insurgés affirment n’avoir fait que riposter aux offensives militaires.


    Selon un décompte réalisé par l’armée, la guérilla aurait commis 52 violations de leur trêve, même si leurs actions avaient diminué de plus de 60 % durant ces deux derniers mois, par rapport à la même période de l’année précédente.

     

    Enlèvement d’étrangers


    Par ailleurs, les autorités de Colombie ont offert dimanche une récompense pour toute information concernant les cinq employés d’une compagnie minière, dont trois géologues étrangers, enlevés vendredi par des membres présumés de l’ELN (Armée de libération nationale), la seconde guérilla du pays.


    « Une récompense de 100 millions de pesos (environ 56 000 dollars) est offerte à celui qui nous fournira une information nous permettant de secourir ces personnes séquestrées par l’ELN », a déclaré à la presse Humberto Guatibonza, commandant du Groupe anti-enlèvement et extorsion de la police colombienne.


    L’annonce de cette récompense a été affichée dans les environs de la localité de Norosi, dans le département de Bolivar (nord), où s’est déroulé l’enlèvement des cinq employés, un Canadien, deux Péruviens et deux Colombiens.


    Depuis leur disparition, les forces de l’ordre ont envoyé des renforts aériens - avions et hélicoptères - afin de ratisser cette région montagneuse, d’accès difficile. Le directeur de la police nationale, Jose Roberto Leon, a reconnu que les recherches étaient compliquées en raison des « conditions climatiques et topologique de ce secteur ».


    Des policiers péruviens ont également été dépêchés en Colombie pour participer aux recherches.


    La famille d’un ingénieur colombien, l’un des cinq travailleurs enlevés, a dénoncé le manque de sécurité dans les installations de la compagnie minière, exprimant la crainte d’une opération de sauvetage militaire. Dans ce type d’intervention, « ce sont les ravisseurs qui ont le pouvoir », a estimé son frère, Manuel Batista, dans une déclaration à la télévision Caracol.


    L’ELN, qui compte selon les autorités 2500 combattants après plus de quarante ans d’existence, est le second mouvement de rébellion d’extrême gauche, après celle des FARC.


    Cette guérilla s’était déclarée prête à engager des pourparlers avec les autorités, dans le sillage des négociations de paix avec les FARC ouvertes depuis novembre à Cuba, afin de tenter de résoudre un conflit de près d’un demi-siècle.

     
     
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