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    À la «reconquête totale» du Mali

    Les États d’Afrique de l’Ouest sont sur le pied de guerre, mais sans moyens

    Un soldat français portant un foulard se tient près d’un char d’assaut dans une rue de la ville de Niono, où les forces régulières françaises au Mali se sont déployées dimanche.
    Photo : Agence France-Presse (photo) Issouf Sanogo Un soldat français portant un foulard se tient près d’un char d’assaut dans une rue de la ville de Niono, où les forces régulières françaises au Mali se sont déployées dimanche.
    Bamako et Niono — L’armée française a consolidé dimanche ses positions au Mali, avec un but clairement affiché par Paris, « la reconquête totale » du pays en partie occupé par des islamistes armés, alors que plusieurs capitales ont répondu à l’appel à une aide internationale accrue.

    « L’objectif, c’est la reconquête totale du Mali. On ne va pas laisser des poches » de résistance, a déclaré dimanche le ministre français Jean-Yves Le Drian, qui a toutefois espéré que la force régionale africaine en cours de déploiement constitue rapidement le « relais » de l’intervention française.

     

    Maliens sous-équipés


    Sur le terrain, les militaires français intensifient leur intervention aux côtés d’une armée malienne sous-équipée.


    « Le déploiement vers le Nord des forces de l’opération Serval, entamé il y a 24 heures, est en cours, vers les villes de Niono et de Sévaré, où elles sont arrivées », a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Emmanuel Dosseur, conseiller communication de l’armée française au Mali.


    Niono (350 km au nord-est de Bamako) se situe à 60 km au sud de Diabali, localité, prise lundi par les islamistes qui, selon l’armée malienne, l’ont abandonnée après des bombardements français.


    M. Le Drian a indiqué dimanche que Diabali n’avait « pas encore » été reprise par les forces maliennes. « Tout laisse à penser que l’évolution de Diabali va être positive dans les heures qui viennent », a-t-il cependant ajouté.


    Sévaré (630 km au nord-est de Bamako), qui dispose d’un aéroport, est une ville clé d’où peuvent être menées des opérations plus au nord. Elle n’est qu’à 50 km de Konna, reprise jeudi par l’armée malienne aux jihadistes.


    Konna, tombée le 10 janvier, avait précipité l’intervention de la France qui redoutait une percée des groupes islamiques liés à al-Qaïda au Maghreb islamique vers le sud et Bamako.

     

    Nouvelle aide


    De nouveaux pays ont répondu dimanche aux demandes d’aide logistique et financière de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour le déploiement de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali).


    Berlin, qui a déjà annoncé l’envoi de deux avions de transport, a promis une aide financière supplémentaire aux pays africains pour la réunion des donateurs prévue le 29 janvier à Addis Abeba.


    Moscou a proposé à la France d’acheminer des troupes ou matériels français tandis que le Canada prendrait en charge une partie du transport de la force africaine au Mali.


    Les États membres de la Cédéao ont eux été appelés à fournir « sans plus tarder » les troupes promises à la force qui a reçu mandat de l’ONU pour aider le Mali à reprendre le contrôle de sa partie nord occupée depuis plus de neuf mois par des groupes armés islamistes qui y ont multiplié les exactions.


    Quelque 2000 membres de la Misma doivent être déployés d’ici au 26 janvier. Plus de 150 soldats sont déjà arrivés à Bamako, dont une cinquantaine de Sénégalais sur les 500 promis par Dakar.


    Le président tchadien Idriss Deby Itno a visité dimanche le premier contingent de 200 soldats tchadiens, sur 2000 promis, stationnés sur une base militaire à Niamey (Niger) avant qu’ils n’aillent au Mali.


    Les Tchadiens, aguerris et rompus au combat dans le désert, devraient apporter une forte plus-value à la Misma.


    Au Nigeria, le groupe islamiste Ansaru a revendiqué dimanche une attaque ayant tué la veille deux soldats nigérians, affirmant avoir agi en représailles à l’engagement du Nigeria à fournir 1200 hommes pour l’intervention au Mali.


    Deux mille soldats français y sont déjà déployés et leur nombre va atteindre 2500, peut-être davantage, selon Paris.


    Le groupe islamiste armé Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) a affirmé dimanche avoir tué 60 soldats maliens et abattu deux hélicoptères français depuis le 10 janvier, reconnaissant la perte de huit « moujahidine ».


    Les autorités maliennes avaient fait état de la mort de onze soldats dans des combats autour de Konna, tandis que Paris avait annoncé la mort d’un pilote d’hélicoptère.


    Plusieurs sources font état d’un repli des islamistes du centre du pays vers Kidal, dans l’extrême nord-est (1500 km de Bamako). Kidal avait été la première ville conquise, en mars 2012, par les rebelles touareg et les islamistes, qui avaient ensuite évincés leurs anciens alliés.

     

    Arabes et touaregs visés


    À Bamako, des représentants des communautés arabe et touareg du Mali ont dénoncé dimanche des exactions à leur encontre, après la libération de villes et de villages qui avaient été pris par les jihadistes. Elles ont aussi été signalées par l’organisation Human Rights Watch, qui évoque des « meurtres ».


    Le président malien par intérim Dioncounda Traoré a lancé une mise en garde contre toute « exaction » dans un appel relayé dimanche par le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

    Un soldat français portant un foulard se tient près d’un char d’assaut dans une rue de la ville de Niono, où les forces régulières françaises au Mali se sont déployées dimanche. «L’objectif, c’est la reconquête totale du Mali. On ne va pas laisser des poches» de résistance, a déclaré dimanche le ministre français Jean-Yves Le Drian.
     
     
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