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    Le conflit syrien a fait plus de 60 000 morts, selon l’ONU

    Des rebelles syriens constatent les dégâts dans une banlieue d’Alep.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Des rebelles syriens constatent les dégâts dans une banlieue d’Alep.
    Après plus de 21 mois sous les bombes, une funeste journée de plus en Syrie, mercredi, vient alourdir de plus d’une centaine de morts le bilan des 60 000 victimes recensées par l’ONU depuis le début du conflit.

    Dans une analyse exhaustive rendue publique mercredi, le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a publié les noms de 59 648 des victimes du conflit syrien. Ce bilan, probablement conservateur, surpasse en gravité celui dressé auparavant par les militants opposés au régime de Bachar al-Assad.


    À l’odieux de ce rapport s’ajoutent une frappe sanglante à une station-service et l’annonce de l’enlèvement du journaliste indépendant américain James Foley, alors que rien ne laisse présager une résolution du conflit.


    C’est la première fois que le bilan de l’ONU se fait plus pessimiste que celui de l’opposition au régime syrien, qui estimait jusqu’ici à 45 000 le nombre de morts.


    Les experts indépendants de l’ONU ont comparé, sur la base de 7 sources différentes, incluant le régime syrien, 147 349 rapports de meurtres survenus entre le 15 mars 2011 et le 30 novembre 2012. Après 5 mois de travail, en croisant les données, ils concluent que près de 60 000 personnes ont perdu la vie. Seules les victimes dont le nom, la date et le lieu de la mort étaient disponibles figurent sur cette liste, ce qui laisse présager un bilan d’autant plus meurtrier. Un nombre significatif de décès pourraient ne pas avoir été recensés.


    La majorité des victimes ont été tuées à Homs, dans les banlieues de Damas, à Idlib, Alep, Daraa et Hama. Les trois quarts sont des hommes.


    Escalade de la violence


    Le conflit se fait de plus en plus meurtrier, souligne également l’ONU. De 1000 morts par mois à l’été 2011, on en recense aujourd’hui environ 5000 par mois.


    « Étant donné que le conflit s’est poursuivi sans relâche depuis fin novembre, nous pouvons supposer que plus de 60 000 personnes ont été tuées », a dit la haute-commissaire Navi Pillay dans un communiqué, estimant ce nombre « bien plus élevé qu’attendu et réellement choquant ».


    « On assiste à une prolifération de crimes graves par les deux parties, y compris des crimes de guerre et, très probablement, des crimes contre l’humanité », a-t-elle dénoncé.


    Elle décrie l’inaction de la communauté internationale, qui laisse la situation dégénérer. « L’incapacité de la communauté internationale, et en particulier du Conseil de sécurité, à prendre des mesures concrètes pour faire cesser le bain de sang est une honte pour nous tous », a dit Mme Pillay. « Collectivement, nous avons laissé traîner les choses pendant que la Syrie brûlait. »


    « Bien que cette analyse soit la plus détaillée et la plus large menée sur le nombre de morts à ce jour, il ne s’agit en aucun cas d’un chiffre définitif », avertit la haute-commissaire. « Nous n’avons pas été en mesure de vérifier les circonstances de chacune de ces morts, en partie en raison de la nature du conflit et en partie parce que nous n’avons pas été autorisés à nous rendre en Syrie depuis le début des troubles en mars 2011. » Elle en appelle à des enquêtes indépendantes dès que le climat le permettra pour retrouver les coupables des atrocités commises depuis le début du conflit.


    Mme Pillay se fait pessimiste pour les prochaines semaines. « À moins d’une résolution rapide du conflit, je crains que des milliers d’autres personnes ne meurent ou ne soient gravement blessées, du fait de personnes qui croient obstinément que de plus grandes effusions de sang, que plus de tortures et de destructions insensées pourront changer quelque chose. »


    L’agence de l’ONU pour les réfugiés estime par ailleurs que 84 000 Syriens ont fui le pays durant le seul mois de décembre, portant le total des réfugiés syriens dans les pays de la région à environ un demi-million. Les déplacés intérieurs seraient encore plus nombreux.

     

    Frappe meurtrière


    Mercredi, une frappe de l’aviation syrienne contre une station-service d’une banlieue de Damas a encore fait grimper le bilan des victimes. Selon des militants antirégime, des dizaines de personnes ont été tuées et blessées par la frappe, qui a provoqué un gigantesque incendie laissant dans son sillage des corps déchiquetés. Il pourrait s’agir de l’une des attaques les plus meurtrières depuis des semaines en Syrie.


    Selon Mohamed Saeed, un opposant qui s’est rendu sur les lieux de la frappe à Mleiha, un missile s’est abattu sur la station-service alors que des automobilistes faisaient la file dans leur véhicule pour s’approvisionner en essence. La Syrie fait face à une pénurie d’essence et les citoyens doivent souvent patienter pendant des heures.


    Les Syriens s’étaient agglutinés autour de cette station-service enfin ravitaillée. Un témoin cité par le New York Times, qui a quitté les lieux juste avant la frappe, estime qu’il s’agissait d’un piège des troupes du régime syrien. Selon les témoins, une trentaine de corps pouvaient être dénombrés sur les lieux de l’attentat.


    De plus, un bilan provisoire de l’Observatoire syrien des droits de l’homme recense 127 morts pour la seule journée de mercredi. Parmi eux, 60 civils et une vingtaine de rebelles tués dans la foulée des attaques contre les aéroports militaires au nord du pays et la base de Wadi Deif, contrôlés par l’armée.


    James Foley enlevé


    La famille de James Foley, un journaliste indépendant américain rompu à la couverture des conflits armés, a confirmé que ce dernier a été enlevé à la fin novembre dans le nord du pays.


    James Foley, 39 ans, est un reporter de guerre très expérimenté qui a couvert les principaux conflits de ces dernières années.


    Selon les témoignages recueillis par l’AFP, il a été arrêté le 22 novembre près de la ville de Taftanaz par quatre hommes armés de Kalachnikov, qui ont ensuite relâché son chauffeur et son traducteur. Ses proches sont depuis cette date sans aucune nouvelle de lui.


    La famille de James Foley avait demandé jusqu’ici que le silence soit gardé sur cet enlèvement, espérant que cette discrétion favoriserait les efforts en vue de sa libération. Mais, après six semaines, elle a décidé mercredi de le rendre public.


    « Nous voulons que James revienne à la maison sain et sauf, ou au moins, nous avons besoin de lui parler pour savoir qu’il va bien, a déclaré son père, John Foley. James est un journaliste sans parti pris et nous appelons à sa libération. À ceux qui détiennent James, s’il vous plaît, contactez-nous, et nous pourrons oeuvrer à sa libération », a-t-il ajouté.

     

    Avec l’Agence France-Presse et l'Associated Press

     
     
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