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    La Syrie risque la « somalisation », avertit Brahimi

    L’émissaire international propose un nouveau plan afin de mettre fin aux violences qui s’intensifient

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	Encore une fois ce week-end, les rebelles syriens ont affronté les forces loyales au président syrien Bachar al-Assad, notamment dans le quartier de Salaheddine, à Alep.</div>
    Photo : Abdullah Al-Yasin Associated Press
    Encore une fois ce week-end, les rebelles syriens ont affronté les forces loyales au président syrien Bachar al-Assad, notamment dans le quartier de Salaheddine, à Alep.
    L’émissaire international Lakhdar Brahimi a affirmé dimanche avoir un plan susceptible d’être accepté par la communauté internationale afin de mettre fin au conflit en Syrie, où l’armée intensifie ses opérations pour chasser les rebelles de leurs bastions à Homs (centre).


    Alors que les violences font chaque jour plus d’une centaine de morts, l’envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue arabe a dit avoir « parlé de ce plan avec la Russie et la Syrie », où il s’est rendu durant la semaine.

    À l’issue d’une rencontre au Caire avec le chef de la Ligue Nabil al-Arabi, M. Brahimi a assuré que sa proposition pouvait « être adoptée par la communauté internationale ».
     
    Des navires russes

    Moscou a bloqué, avec Pékin, plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant le régime de Damas, mais s’est récemment distancié de son allié, envisageant désormais, selon les experts, une Syrie sans son président Bachar al-Assad.

    Et selon les agences russes, trois navires russes doivent prochainement rejoindre Tartous, où la Russie dispose d’une base navale, en vue d’une possible évacuation de ses ressortissants.

    Se baser sur Genève

    Le plan de M. Brahimi consiste en « une solution politique basée sur la déclaration de Genève prévoyant un cessez-le-feu, la formation d’un gouvernement avec des prérogatives entières et un plan pour des élections soit présidentielles soit parlementaires », a détaillé l’émissaire international.

    Tout en estimant que les Syriens pourraient opter pour un changement de système politique en remplaçant le régime présidentiel actuel par un régime parlementaire, M. Brahimi ne se prononce pas sur le sort du chef d’État contesté depuis près de deux ans.

    Le plan adopté le 30 juin à Genève par le Groupe d’action sur la Syrie prévoyait de former un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs mais n’évoquait pas le départ de M. Assad, condition sine qua non posée par l’opposition pour tout « dialogue national » après plus de 21 mois de violences ayant coûté la vie à plus de 45000 personnes selon une ONG.

    La Coalition de l’opposition vient d’ailleurs de refuser une invitation de Moscou pour ces discussions auquel invite l’accord de Genève, exigeant des excuses de la Russie pour son « ingérence » en Syrie et les « massacres » commis contre le peuple « avec des armes russes ».
     
    Détérioration

    La situation en Syrie « est très mauvaise et se détériore chaque jour », a mis en garde M. Brahimi, ajoutant qu’à défaut de solution politique, le pays risquait la « somalisation ».

    Sur le terrain, l’armée concentrait ses opérations sur Homs (centre), dont la vieille ville est assiégée depuis plus de six mois par les troupes et en proie de ce fait à une grave crise humanitaire.

    Après avoir pris samedi le quartier de Deir Baalbeh, au prix de dizaines de victimes selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), l’armée bombardait dimanche deux autres quartiers et semblait déterminée à chasser les rebelles de cette ville, la troisième de Syrie et son ancien cœur industriel.

    Surnommée la « capitale de la révolution », Homs se trouve sur l’axe reliant le sud de la Syrie au pays alaouite sur la côte en passant par Damas, une zone que, selon des experts, le régime veut à tout prix conserver pour se ménager un repli et conserver une légitimité lorsque viendra le temps des négociations.

    La Coalition de l’opposition a dénoncé « le massacre de 220victimes, dont des femmes et des enfants » à Deir Baalbeh, un chiffre que l’OSDH, qui s’appuie sur un large réseau de militants et sources médicales civiles et militaires à travers le pays, a démenti.

    L’ONG a évoqué des dizaines de victimes, dont de nombreux civils, mais a affirmé ne pas être en mesure de fournir de bilan plus précis en raison de problèmes de communications dans la zone.

    Dans le nord-ouest du pays, les insurgés, en majorité des jihadistes, ont progressé autour du camp militaire de Hamidiyeh, à deux kilomètres au sud de Wadi Deif, l’une des dernières bases militaires encore aux mains de l’armée dans le secteur.
     
    Selon un bilan provisoire de l’OSDH, les violences ont fait au moins 100 morts dimanche à travers le pays, dont 43 civils.
     
    Le support turc

    Par ailleurs, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré dimanche devant des milliers de Syriens réfugiés en Turquie qu’Ankara soutiendrait « jusqu’à la fin » le soulèvement contre le président Bachar al-Assad, qu’il a qualifié de « tyran ».

    « Nous serons à vos côtés jusqu’à la fin », a lancé M. Assad dans le camp d’Akcakale, situé près de la ville de Sanliurfa, dans le sud-est de la Turquie, et qui héberge quel-que 25 000 réfugiés syriens.

    « Je vois clairement que l’aide de Dieu est proche », a-t-il dit dans une déclaration 
    transmise par les télévisions turques.
     
    « Nous savons que le régime tyrannique syrien, le tyran Bachar, ont tué près de 50000 Syriens », a déclaré le chef du gouvernement turc, adversaire déclaré du président Assad. « Vous avez beaucoup souffert, mais ne désespérez pas ».

    À son arrivée dans le camp, M. Erdogan a été accueilli et acclamé par des milliers de Syriens qui agitaient des drapeaux turcs et brandissaient un portrait géant du premier ministre turc.

    M. Erdogan était accompagné pour cette visite par plusieurs de ses collaborateurs et par le chef de la Coalition de l’opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib.
     
    La Turquie héberge actuellement, selon les chiffres officiels, près de 150000 Syriens qui ont fui le conflit qui ravage leur pays depuis 21 mois. Les violences ont fait quelque 45000 morts selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une organisation non-gouvernementale proche de l’opposition.
     
    M. Erdogan a déclaré qu’il pourrait en fait y avoir jusqu’à 220000 Syriens réfugiés en Turquie, car de nombreux Syriens louent des logements dans des villes turques plutôt que de s’installer dans les camps de réfugiés.

    Auparavant allié du président Assad, M. Erdogan s’est retourné contre lui et souhaite publiquement sa chute depuis des mois, comme nombre de pays arabes et occidentaux.
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	Encore une fois ce week-end, les rebelles syriens ont affronté les forces loyales au président syrien Bachar al-Assad, notamment dans le quartier de Salaheddine, à Alep.</div>
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	Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s’est adressé dimanche aux milliers de Syriens réfugiés en Turquie.</div>
     
     
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