Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Les limites de la démocratie

    Propres ou truquées, les élections n’ont pas suffi à régler tous les problèmes en 2012

    <div>
	La réélection de Barack Obama a retenu l’attention en 2012.</div>
    Photo : Agence France-Presse (photo) Mandel Ngan
    La réélection de Barack Obama a retenu l’attention en 2012.
    Depuis douze mois, on a assisté dans le monde à des élections qui ont permis l’alternance et à d’autres qui ont confirmé les dirigeants dans leurs fonctions ; à des consultations propres, à des scrutins truqués et à des élections hyper-prévisibles tenues en vase clos, comme c’est de mise au Parti communiste chinois, par exemple.

    Mis à part la guerre civile en Syrie et quelques conflits de moindre intensité ailleurs sur la planète, ce sont surtout des scrutins, et au premier chef la réélection de Barack Obama, qui ont retenu l’attention des médias et du public au cours de l’année écoulée. Le verdict des urnes demeure apparemment « le pire des systèmes politiques à l’exception de tous les autres », comme disait Winston Churchill. Le hic, c’est que, sitôt élus, les dirigeants avouent leur impuissance devant les problèmes que leurs commettants vivent au quotidien.


    « Ils ont voté, puis après ? », chantait Léo Ferré. Barack Obama parviendra-t-il, pendant son deuxième et dernier mandat, à réduire les inégalités et la violence gratuite, comme celle qui a endeuillé Newtown ? Les dirigeants européens fraîchement élus s’attaqueront-ils mieux que leurs prédécesseurs à la fracture sociale, sans céder à la tentation de faire dévier la grogne vers les immigrants ? La crise des dettes souveraines dans la zone euro a emmené les Parlements à adopter des budgets d’austérité, qui ont été accueillis par des manifestations géantes dans les rues d’Athènes et de Madrid, notamment.


    L’Amérique


    Il y a eu un certain suspense à l’approche des élections américaines, mais le président sortant, Barack Obama, a suffisamment refroidi les ardeurs de son aile gauche et Mitt Romney a suffisamment laissé braire son aile droite pour que l’équipe dirigeante ne change pas de couleur aux États-Unis.


    Le 1er juillet, les Mexicains ont renoué avec le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui avait dominé le paysage politique pendant plus de 70 ans avant d’être chassé du pouvoir par le Parti action nationale (PAN) en 2000. La candidate à la présidence de ce dernier parti, Josefina Vásquez Mota, est arrivée troisième, derrière le gagnant, Enrique Peña Nieto du PRI, et Andrés Manuel López Obrador, du Mouvement progressiste.


    Plus au sud, ce sont surtout les négociations de paix entre le gouvernement de Juan Manuel Santos et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qui ont retenu l’attention. Entamées à Oslo en octobre, elles se poursuivent à Cuba depuis le début de décembre. Ces pourparlers n’ont pas empêché les affrontements meurtriers entre la guérilla marxiste et l’armée colombienne en 2012. Dans le pays voisin, le Venezuela, on s’interroge sur l’état de santé du président, Hugo Chávez, qui a été opéré à deux reprises à Cuba pour un cancer.


    Revenons à l’Union européenne qui, après tout, a reçu le prix Nobel de la paix en 2012. En France, le Parti socialiste est revenu au pouvoir après une éclipse de 17 ans, avec l’élection à la présidence de François Hollande. Le PS a ensuite remporté la majorité des sièges aux législatives.


    L’Italie a été gouvernée pendant toute l’année par un « gouvernement de technocrates » non élus qui avaient été nommés à la suite de la démission, l’année précédente, de Silvio Berlusconi, jugé inapte à résoudre les problèmes économiques et financiers de la péninsule. Le premier ministre, Mario Monti, a jeté l’éponge récemment après avoir perdu l’appui du parti du Cavaliere, qui menace d’ailleurs l’Europe d’un retour en politique. Les Italiens, qui en ont l’habitude, iront donc aux urnes au début de l’année 2013.


    Les Grecs ont été conviés à faire de même deux fois en autant de mois cette année. Le deuxième scrutin a permis de former un gouvernement prêt à mettre en oeuvre les mesures d’austérité prescrites par l’Union européenne et le Fonds monétaire international.


    Que ce soit dans ce dernier pays, en Espagne ou au Portugal, la situation sociale n’en finit plus de se détériorer. En Grèce, le taux de chômage a triplé en trois ans. Chez les jeunes, c’est plus d’un individu sur deux qui n’arrive pas à se trouver un emploi. En Espagne, on calcule que 2,2 millions d’enfants vivent sous le seuil de la pauvreté. Plus à l’est, Vladimir Poutine a retrouvé son fauteuil présidentiel à la faveur d’une nouvelle ronde du jeu de chaises musicales qu’il joue avec Dmitri Medvedev. Les opposants continuent de manifester dans la rue. Qu’à cela ne tienne, le maître du Kremlin a fait voter une loi qui multiplie par 200 le montant des amendes imposées à ceux qui le contestent.


    Une fois de plus, la bande de Gaza a été soumise au feu de l’aviation et de la marine israéliennes. L’aventure, appelée « Pilier de la défense », s’est terminée au bout de huit jours, avec un bilan « limité » à 183 morts et quelque 1500 blessés, surtout du côté palestinien. Le Hamas au pouvoir à Gaza a crié victoire et le Likoud au pouvoir en Israël a suffisamment bien tiré son épingle du jeu pour pouvoir espérer être réélu dans deux mois. Cantonné dans son autisme diplomatique, le gouvernement de droite a par ailleurs répondu aux initiatives du président palestinien Mahmoud Abbas à l’ONU en lançant de nouveaux chantiers domiciliaires à Jérusalem-Est.


    L’imbécillité d’un pseudo-cinéaste californien d’origine copte et le manque d’humour d’un bon nombre de musulmans nous ont permis d’assister en septembre à deux semaines de manifestations violentes en Afrique du Nord et en Asie, une crise qui a culminé avec l’attaque du consulat de Benghazi et le meurtre de l’ambassadeur américain en Libye, Chris Stevens. En Égypte, un scrutin a porté un membre de la confrérie des Frères musulmans, Mohamed Morsi, à la présidence de la République avec 51,7 % des voix.


    Après la Corne de l’Afrique, c’est le Sahel qui a été touché par une grave crise alimentaire cette année, faisant oublier que plusieurs pays du continent affichent de bonnes performances économiques. Des millions de personnes ont dû recevoir le secours des agences internationales pour se nourrir en attendant les récoltes.


    C’est au Mali, justement dans cette région, qu’un groupe de militaires a réalisé un coup d’État le 22 mars, à un mois de la date prévue pour l’élection présidentielle. Le contexte est particulier : depuis le début de l’année, le gouvernement central est aux prises avec une rébellion touarègue doublée d’une guérilla islamiste. En avril, le principal mouvement touareg a déclaré l’indépendance de l’Azaouad, c’est-à-dire de la moitié septentrionale du pays, un geste qu’aucune capitale n’a approuvé. Ce sont aujourd’hui les islamistes qui ont pris le dessus dans cette région, que Bamako pourrait bien reconquérir à la faveur d’une intervention militaire internationale.


    En République démocratique du Congo, des milices continuent de faire la loi, surtout dans l’est du Rwanda voisin, tandis que des ressortissants de la République centrafricaine fuient les violences… en prenant le chemin de la RDC.


    En Birmanie, Aung San Suu Kyi, libérée un an et demi auparavant par la junte militaire au pouvoir, accède au Parlement à l’issue d’élections législatives partielles disputées le 1er avril.


    Ce n’est pas d’hier que la Chine et le Japon, mais également le Vietnam, Taïwan et l’Indonésie, multiplient les gestes de provocation autour d’îles et d’archipels contestés en mer de Chine. Les incidents ont été si fréquents cette année que certains observateurs craignent le pire.


    À Pékin, le Parti communiste au pouvoir depuis 1949 a choisi, comme prévu, le vice-président de la République populaire, Xi Jinping, pour succéder à Hu Jintao à la fonction suprême.

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel