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    Les leaders de l’opposition laïque dans la mire de Morsi

    Trois opposants égyptiens sont accusés d’avoir incité au renversement du président islamiste

    Lors d’un discours télévisé, le président Mohamed Morsi a présenté l’adoption de la nouvelle Constitution comme la naissance d’une « nouvelle république », appelant l’opposition au dialogue après un mois de troubles.
    Photo : John Minchillo - Associated Press Lors d’un discours télévisé, le président Mohamed Morsi a présenté l’adoption de la nouvelle Constitution comme la naissance d’une « nouvelle république », appelant l’opposition au dialogue après un mois de troubles.
    Le Caire — Le procureur général égyptien Talaat Abdallah a demandé jeudi d’ouvrir une enquête visant les trois principaux chefs de l’opposition laïque, accusés d’avoir incité au renversement du président islamiste Mohamed Morsi.

    Cette enquête, qui pourrait mener à des inculpations et à un procès, concerne le Prix Nobel de la paix et ancien chef de l’agence nucléaire de l’ONU Mohamed ElBaradei, l’ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa et le leader de la gauche nationaliste Hamdeen Sabbahi. MM. Moussa et Sabbahi ont été candidats à la présidentielle de juin dernier contre M. Morsi.


    Le procureur général, nommé par M. Morsi il y a quelques semaines, a demandé au ministre de la Justice Ahmed Mekki de nommer un juge d’instruction pour enquêter sur des accusations « d’incitation au renversement du régime » portées contre les trois opposants par un membre du Syndicat des avocats, Me Al-Sayyed Hamed. L’ouverture de l’enquête ne signifie pas nécessairement que les accusations seront maintenues, mais il est très inhabituel que des procureurs enquêtent sur des accusations aussi larges portées contre des personnalités politiques de premier plan.


    État policier


    MM. El Baradei, Moussa et Sabbahi sont à la tête du Front national du salut (FSN), principale coalition de l’opposition, qui a mené un combat farouche contre le projet de Constitution soutenu par les islamistes, qui vient d’être approuvé par référendum. Le FSN estime que ce référendum a été entaché de graves fraudes et irrégularités et a promis de poursuivre son combat pour faire invalider la nouvelle loi fondamentale, accusée de favoriser l’islamisation de la législation et d’offrir peu de garanties pour certaines libertés.


    Le FSN appelle en outre à des manifestations contre M. Morsi le 25 janvier prochain, pour le deuxième anniversaire du début du soulèvement populaire qui poussa l’ancien président Hosni Moubarak à la démission.


    Emad Abu Ghazi, secrétaire général du parti d’opposition de M. ElBaradei, a indiqué qu’il n’avait aucun détail sur l’enquête, mais a estimé que les accusations et l’enquête étaient « le signe d’un penchant vers un État policier et une tentative d’éliminer les opposants politiques ». Le régime de l’ancien président Hosni Moubarak traitait ses opposants de la même façon, a dit M. Abu Ghazi.


    L’adoption de la Constitution par 63,8 % des votants, mais avec une participation de seulement 32,9 %, doit être suivie dans un délai de deux mois par des élections législatives, pour lesquelles l’opposition réfléchit à un front commun. Les semaines précédant le référendum, qui s’est tenu les 15 et 22 décembre, ont été marquées par de nombreuses manifestations des deux camps et des affrontements parfois violents entre militants, dans lesquels huit personnes ont trouvé la mort.

     

    Seconde démission


    Par ailleurs, Mohamed Mahsoub, secrétaire d’État aux Affaires parlementaires, a annoncé sa démission au lendemain de l’annonce par le président islamiste Mohamed Morsi d’un remaniement pour faire face à la crise économique.


    Dans un courrier publié sur Internet, M. Mahsoub, numéro deux du parti islamiste modéré Wasat, a évoqué « de nombreuses politiques et actions qui contredisent [ses] convictions personnelles » et a critiqué l’incapacité du gouvernement à récupérer les fonds détournés par les cadres de l’ancien régime.


    Sa démission intervient deux jours après l’annonce de celle du ministre des Communications, Hany Mahmoud, qui avait expliqué mardi n’avoir pu s’adapter « à la culture du travail gouvernemental, surtout dans le cadre de la situation actuelle du pays ». M. Mahsoub avait soutenu le président contre l’opposition laïque et libérale pendant les semaines de profonde crise politique autour de la nouvelle Constitution.


    Mercredi, lors d’un discours télévisé, le président Morsi a présenté l’adoption de la nouvelle Constitution comme la naissance d’une « nouvelle république », appelant l’opposition au dialogue après un mois de troubles.


    L’opposition libérale et laïque s’oppose à la Constitution, estimant qu’elle accorde un rôle prédominant à la loi islamique dans les affaires du pays et qu’elle renforce le pouvoir des islamistes. Les opposants estiment par ailleurs que le faible taux de participation au référendum, soit moins de 33 %, nuit à la légitimité du texte.


    ***

    Hosni Moubarak est à nouveau hospitalisé

    Le procureur général égyptien a ordonné jeudi le transfert du président déchu Hosni Moubarak de sa prison de Tora, dans la banlieue sud du Caire, vers un hôpital militaire en raison d’une détérioration de son état de santé. M. Moubarak, condamné en juin dernier à perpétuité pour la répression du soulèvement populaire contre son régime qui a fait quelque 850 morts, a été brièvement hospitalisé le 19 décembre pour subir un scanner du crâne après s’être blessé en tombant dans sa douche en prison. La santé de M. Moubarak, un tabou sous sa présidence, est sujette à de nombreuses conjonctures et informations contradictoires depuis sa démission sous la pression d’une révolte populaire en février 2011. Le 19 juin dernier, l’agence officielle Mena l’avait donné pour « cliniquement mort », une information démentie par des sources médicales qui avaient assuré qu’il s’agissait d’un coma. De nombreux Égyptiens soupçonnent le sujet d’être instrumentalisé pour susciter de la compassion envers l’ancien dirigeant ou lui ménager un traitement de faveur.

    Agence France-Presse
     
     
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