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    Le conflit syrien - 45 000 morts en 21 mois

    La Russie s’active pour trouver une solution, tandis que le chef de la police militaire fait défection

    27 décembre 2012 | Le Devoir | Actualités internationales
    Le commandant de la police militaire syrienne, le général Abdel Aziz Jassem al-Challal, a annoncé sa démission mercredi.
    Photo : AFP/Youtube Le commandant de la police militaire syrienne, le général Abdel Aziz Jassem al-Challal, a annoncé sa démission mercredi.
    Depuis le début de la contestation contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011, il y a 21 mois, les violences ont fait 45 048 morts, dont plus de 31 544 civils, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

    Mercredi, 20 personnes ont été tuées, dont huit enfants, dans un bombardement sur le village de Qahtaniyé (au nord), a indiqué l’OSDH, ce qui porterait le bilan des victimes de mercredi à 118. Selon la télévision syrienne, « c’est un groupe terroriste qui a attaqué des habitants et a porté atteinte à leurs propriétés dans le village de Qahtaniyé, tuant plusieurs personnes, dont des femmes et des enfants ».


    De son côté, la Russie semble s’activer pour trouver une issue à la guerre civile, notamment en recevant le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mokdad, avant une visite de l’émissaire international Lakhdar Brahimi.


    M. Brahimi est attendu samedi à Moscou à sa demande, a annoncé le vice-ministre russe des Affaires étrangères chargé du dossier, Mikhaïl Bogdanov, alors que l’émissaire international, à Damas depuis dimanche, a déjà rencontré le président Bachar al-Assad et l’opposition, sans toutefois obtenir leur assentiment à un plan international de sortie de crise. L’agence russe ITAR-TASS a de son côté fait état d’une visite jeudi d’une « délégation du gouvernement syrien » à Moscou, grand allié du régime de Damas. En outre, le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé la visite jeudi du chef de la diplomatie égyptienne, Mohamed Amr, pour des entretiens notamment avec son homologue russe sur la Syrie.


    Des informations publiées par le journal français Le Figaro ont fait état cette semaine d’un accord entre Russes et Américains sur la constitution d’un gouvernement de transition ayant tous les pouvoirs et sur le maintien de M. Assad jusqu’au terme de son mandat en 2014, avec l’impossibilité pour lui de se représenter. Mais pour le moment, selon des diplomates à l’ONU, il n’y a aucun signe d’une volonté de négocier de la part du président syrien, qui s’appuie sur une « jeune garde » partisane d’une guerre sans concession, selon les experts.


    De leur côté, les organisations qui combattent sur le terrain ont rejeté toute solution visant à faire perdurer le régime. Ainsi, les comités locaux de coordination (LCC) insistent sur le fait qu’« Assad et tous les responsables politiques, militaires et sécuritaires doivent quitter le pouvoir ».

     

    « Gang de meurtriers »


    Par ailleurs, le chef de la police militaire syrienne a annoncé sa défection. L’officier supérieur est apparu tard mardi soir dans une vidéo diffusée par la chaîne Al-Arabiya TV et a déclaré : « Moi, général Abdel Aziz Jassem al-Challal, commandant de la police militaire syrienne, annonce ma défection de l’armée du régime pour rejoindre la révolution populaire. L’armée a dévié de sa mission essentielle, qui est de protéger le pays, et s’est transformée en un gang de meurtriers. La destruction de villes et de villages, les massacres contre notre peuple, contre des civils sans défense qui étaient descendus dans la rue pour réclamer la liberté, m’ont poussé à déserter. »


    Ce général n’est pas connu, car ses fonctions consistaient à faire régner la discipline parmi les soldats. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), le général Challal devait partir à la retraite en janvier. Il a déjà quitté la Syrie, précise cette organisation basée au Royaume-Uni et s’appuyant sur un réseau de militants dans le pays. Selon des sites Internet de l’opposition, il aurait rejoint la Turquie.


    Sans confirmer cette défection, le département d’État américain a jugé qu’elle serait « un signe de plus de l’effondrement du régime de l’intérieur, l’entourage d’Assad constatant que la fin de son pouvoir est inévitable ».


    Dans la province de Hama, l’armée a repris trois villages alaouites (minorité à laquelle appartient le président Assad) aux mains des rebelles alors que l’opposant Fayçal Hallak a été tué près de Salmiyé. Il avait été détenu durant 11 ans par le régime pour appartenance au Parti ouvrier communiste. Des combats « d’une extrême violence » ont par ailleurs lieu autour de la grande base militaire de Wadi Deif, dans la province d’Idleb. Vingt rebelles ont péri dans l’assaut mercredi.


    À Damas, de nouveaux affrontements ont opposé, durant la nuit de mardi à mercredi, des rebelles à des combattants prorégime dans le camp de réfugiés palestinien de Yarmouk.


    Environ 1100 Syriens sont entrés ces 24 dernières heures en Turquie, qui accueille plus de 148 000 réfugiés, dont de nombreux militaires ayant fait défection, selon une source diplomatique turque. La Turquie s’est d’autre part dite prête à reprendre ses exportations d’électricité vers la Syrie malgré leurs divergences.

     

    Mandats d’arrêt


    Au Liban, le ministre de l’Intérieur syrien, Mohammed al-Shaar, blessé dans un attentat contre son ministère à Damas, a quitté l’hôpital de Beyrouth avant la fin de son traitement mercredi pour rentrer en Syrie à bord d’un avion privé, ont indiqué des responsables de l’aéroport Rafik Hariri de Beyrouth.


    M. al-Shaar a été blessé le 12 décembre, quand un kamikaze a fait exploser son véhicule devant le ministère de l’Intérieur, faisant cinq morts et de nombreux blessés. Le ministre a été transporté au Liban pour y être soigné il y a une semaine.


    Un haut responsable de la sécurité au Liban a déclaré à l’Associated Press que Mohammed al-Shaar avait quitté le Liban précipitamment après que les autorités eurent reçu des informations selon lesquelles des mandats d’arrêt internationaux pourraient être délivrés contre lui pour son rôle dans la répression des manifestations en Syrie.


    Au cours de la dernière semaine, des responsables et des citoyens libanais avaient également appelé à l’arrestation de M. al-Shaar pour sa responsabilité dans le massacre de 1986 à Tripoli, où des soldats syriens avaient écrasé le Mouvement d’unification islamique, un groupe sunnite qui soutenait alors le dirigeant palestinien Yasser Arafat.


    M. al-Shaar et d’autres responsables libanais figurent également sur une liste de personnes visées par des sanctions de l’Union européenne pour les violences contre les manifestants prodémocratie en Syrie. « Les autorités libanaises ont contacté les autorités syriennes et elles ont accéléré son départ, a précisé ce responsable. Si de tels mandats d’arrestation avaient été délivrés, les autorités libanaises auraient dû l’arrêter et cela aurait pu être une source d’embarras pour le pays », a-t-il expliqué.


    D’après l’Agence France-Presse et l’Associated Press

    ***

    Un million de réfugiés d’ici la mi-2013

    Le nombre de réfugiés syriens devrait doubler pour atteindre 1,1 million d’ici juin 2013 si le conflit qui déchire le pays depuis 21 mois ne prend pas fin, a prévenu mercredi l’ONU. Les réfugiés syriens sont actuellement plus de 540 000 en Irak, en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Égypte, selon le dernier rapport sur la Syrie du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies. Ce chiffre a augmenté de 140 000 au cours des six dernières semaines. « Les Syriens continuent de traverser les frontières [de leur pays] pour se mettre à l’abri », constate l’OCHA. Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés « estime que si le conflit continue en Syrie, le nombre de réfugiés pourrait atteindre 1,1 million d’ici juin 2013 », ajoute le rapport. Selon les organisations humanitaires, des centaines de milliers de Syriens ont en outre fui leur pays depuis le début des violences en mars 2011 sans avoir été enregistrés auprès des agences de l’ONU. Les Nations unies ont demandé à la communauté internationale un milliard de dollars pour l’aide aux réfugiés jusqu’en juin.

    Agence France-Presse

     
     
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