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Débat sur la lutte contre le sida - L'ONU lance un cri d'alarme

23 septembre 2003  Actualités internationales
Graca Machel (au centre), l’épouse de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, participait hier à Johannesburg à un forum sur le sida et les jeunes.
Photo : Agence Reuters
Graca Machel (au centre), l’épouse de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, participait hier à Johannesburg à un forum sur le sida et les jeunes.
Réunis hier au siège de l'Organisation des nations unies à New York, de nombreux chefs d'État et des ministres ont dû reconnaître, une fois de plus, que l'immense majorité des victimes du sida n'ont toujours pas accès aux soins,particulièrement en Afrique.

New York — Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a lancé hier à New York un cri d'alarme devant l'insuffisance des moyens pour combattre le sida, épidémie qui a déjà fait 20 millions de morts, et réclamé une plus forte mobilisation internationale.

«Nous ne sommes pas sur la voie qui nous permettra de réduire l'impact de cette épidémie d'ici à 2005», a déclaré M. Annan lors de l'ouverture du débat sur le sida, organisé par l'Assemblée générale de l'ONU. Ce débat a rassemblé plus de 130 orateurs, dont 18 chefs d'État et une centaine de ministres.

Ce débat intervient alors qu'un rapport de l'OMS (organisation mondiale de la santé) publié en marge de la conférence indique que six millions de personnes sont en attente d'un traitement et que le sida a tué trois millions de personnes en 2002, soit une personne toutes les dix secondes, plus de 8000 par jour.

«Nos ressources ont augmenté, mais l'action sur le terrain reste encore loin de ce qui est nécessaire», a ajouté le secrétaire général soulignant que moins de la moitié des sommes nécessaires pour lutter contre cette épidémie avait été trouvée. Seuls 4,7 milliards de dollars sur les dix milliards de dollars prévus d'ici à 2005 ont été récoltés.

Le président français Jacques Chirac a demandé à l'ONU de déclarer «l'état d'urgence sanitaire mondiale» contre le sida. M. Chirac a souligné que le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, mis en place par l'ONU, avait besoin «d'au moins trois milliards de dollars chaque année» et a proposé que l'Assemblée générale consacre chaque année une session à la lutte contre l'épidémie.

Selon le rapport de l'OMS, présenté par M. Annan, moins de 5 % des six millions de personnes contaminées par le virus ont accès à un traitement et sont dans leur très grande majorité des patients venant de pays développés. De même, seulement une femme enceinte sur 20 a accès aux traitements qui réduiraient les risques de transmission au nouveau-né.

Depuis le début de l'épidémie, le virus a déjà tué plus de 20 millions de personnes et, à ce jour, au moins 42 millions d'autres sont contaminées.

En 2001, l'Assemblée générale de l'ONU sur le sida s'était engagée à mobiliser les ressources permettant, avant 2005, de réduire d'un quart le nombre de jeunes contaminés et de réduire de moitié la taux de transmission du virus aux nouveau-nés. «Le rapport est clair comme du cristal, aucun de ces objectifs ne sera atteint», a souligné Kofi Annan. La plupart des orateurs, notamment les chefs d'État des pays africains ont dressé dans leur intervention le tableau de l'épidémie dans leur pays et ont souligné, comme le Sénégalais Abdoulaye Wade: «Il n'y a qu'une priorité: passer de l'engagement à l'action.» Seules 300 000 personnes séropositives reçoivent un traitement antirétroviral, a pour sa part indiqué, en marge du débat, le Dr Lee Jong-wook, directeur général de l'OMS.

Le même message du secrétaire général avait été lu à Nairobi à l'attention des 8000 médecins, chercheurs, responsables politiques et associations participant à la 13e conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique (Cisma).

L'Afrique est le continent le plus touché par l'épidémie et regroupe 30 millions des 42 millions de personnes touchées dans le monde.
 
 
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