Bogotá et les FARC lancent le processus de paix à Oslo
Le reportage Colombie: faire la paix tout en poursuivant la guerre, publié dans notre édition du 13 octobre dernier.
« Nous sommes d’accord pour l’installation publique d’une plateforme » de dialogue visant à instaurer « une paix stable et durable », ont dit les deux camps dans une brève déclaration commune lue dans un hôtel au nord d’Oslo par un représentant de Cuba, pays garant du processus de paix avec la Norvège.
Quatrième tentative de paix depuis 30 ans, les négociations devraient s’ouvrir sur le fond « à partir du 15 novembre » à Cuba avec l’important chapitre du développement agraire, un cheval de bataille de la rébellion née en 1964 d’une insurrection paysanne.
Autre point d’accord, aucune des deux délégations n’a fixé de date pour la conclusion d’un accord de paix final, refusant « la pression du temps » pour négocier.
Le principal émissaire de Bogotá a de nouveau exclu de parler de cessez-le-feu entre les protagonistes avant un tel accord. « Il n’y aura pas de suspension des opérations militaires », a affirmé Humberto de la Calle, au cours d’une conférence de presse. Il a appelé les rebelles à déposer les armes et à s’engager dans le débat politique, les violences ayant fait plusieurs centaines de milliers de morts.
Inscrites sur la liste des organisations terroristes des États-Unis et de l’UE, les FARC ont lié la paix à la justice sociale.
« La paix ne signifie pas [seulement] que les armes se taisent », a déclaré le chef de la délégation des rebelles, Ivan Marquez, qui a réclamé des « réformes économiques et sociales radicales ».
Si aucun calendrier global n’a été présenté, le gouvernement colombien a prévenu que les négociations ne pourraient se prolonger indéfiniment. Outre le développement agraire, les pourparlers de paix devaient aborder à l’avenir la participation à la vie politique des futures formations issues de la rébellion, la fin définitive des hostilités, le trafic de drogue et la question des victimes.
La drogue, généralement soupçonnée d’être une importante source de financement de la rébellion, devrait constituer un dossier explosif pour un pays qui est le premier pays producteur mondial de cocaïne.








