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Un sommet de crise

14 octobre 2012 23h14 | Christian Rioux | Actualités internationales

Le XIVe sommet de la Francophonie s’est terminé hier sous les trombes d’eau d’une pluie tropicale, signe probablement qu’il s’agissait d’un sommet de crise dans tous les sens du terme. Les chefs d’État, de gouvernements et les représentants des 56 membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) réunis à Kinshasa ont d’abord consacré leur attention à l’Afrique, soulignant l’urgence d’une intervention internationale afin de calmer les foyers de crise au Mali, à Madagascar, en Guinée-Bissau et surtout en République démocratique du Congo (RDC). La Francophonie appelle en particulier le Conseil de sécurité des Nations unies à adopter des sanctions ciblées contre tous les responsables des exactions commises dans l’est de la RDC. La résolution vise implicitement le Rwanda, dont les responsables militaires sont soupçonnés de soutenir les rebelles des milices du M-23 dans le Nord-Kivu. Les exactions commises par ces milices composées d’officiers congolais tutsis ont été maintes fois constatées par les organisations humanitaires. La résolution exige aussi que les responsables des crimes de guerre commis dans la région soient poursuivis. Sans surprise, le Rwanda a manifesté son opposition à l’adoption de cette résolution.

 

La RDC montrée du doigt


Jamais un sommet de l’OIF n’avait formulé aussi clairement ses critiques à l’égard des pays qui ne respectent pas le processus démocratique. En ouverture, samedi, c’est le président français, François Hollande, qui est allé le plus loin dans cette direction, suivi aussi du Canada. Tous ont remarqué que le président français avait refusé d’applaudir le discours d’ouverture de son hôte Joseph Kabila, accusé par les observateurs étrangers d’avoir conservé le pouvoir en novembre 2011 malgré une véritable incurie électorale. Ce qui n’a pas ébranlé Joseph Kabila. En matière de droits de l’homme, « le Congo n’est pas du tout complexé », a-t-il déclaré lors de la clôture du sommet.


Le président français a multiplié les rencontres avec l’opposition, comme Stephen Harper et Pauline Marois. « Le français est une langue africaine […] c’est vous [les Africains] qui allez porter le français », a déclaré François Hollande dans un hommage appuyé à l’Afrique. Le président a mis l’accent sur l’« intangibilité des frontières » congolaises (une expression reprise dans la déclaration finale) et a appelé à un renforcement de la mission de l’ONU (la MONUSCO) déjà présente dans l’Est du pays. « Le français est la langue de la liberté », a-t-il conclu.


Afin de favoriser la tenue d’élections libres, l’OIF a salué la création récente, au Québec, du Réseau des compétences électorales francophones. Le réseau est basé à Québec dans les bureaux du directeur des élections du Québec, qui a d’ailleurs réalisé plusieurs missions en RDC.


Après avoir adopté sa toute première « politique intégrée de promotion de la langue française », l’OIF a décidé que son prochain sommet adopterait une « stratégie économique pour la Francophonie ». La

 

Le Qatar francophone ?


Lors de ce sommet, l’Arménie est devenue membre. Mais c’est le Qatar qui a provoqué une belle polémique, notamment dans la délégation québécoise, en devenant « membre associé » alors qu’il n’a jamais été observateur et que le français ne s’y pratique guère. En conférence de presse, le président Diouf a d’ailleurs semblé embarrassé par cette décision qui est le fait des pays membres, a-t-il dit. C’est son lobbying en Afrique qui a fait pencher la décision en faveur du riche émirat qui distribue ses dollars un peu partout sur le continent.


Par un hasard qui fait bien les choses, le prochain sommet se tiendra au Sénégal, dont Abdou Diouf a déjà été le président. C’est donc à Dakar que se terminera son mandat et que l’OIF élira un nouveau secrétaire général. Une succession qui en inquiète déjà plusieurs tant la place prise par Abdou Diouf est considérable.

 
 
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