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Escalade de tensions entre la Syrie et la Turquie

Le chef du Conseil national syrien visite le pays dont le bilan des morts, en vaste majorité des civils, a grimpé à 32 000

L’armée turque a une nouvelle fois riposté lundi à la chute d’un obus syrien sur le territoire turc en tirant, pour la sixième journée consécutive, sur des positions de l’armée fidèle au président syrien Bachar Al-Assad.

L’obus syrien est tombé dans le district d’Altinozu, dans la province de Hatay [sud-est de la Turquie]. Depuis le bombardement mercredi dernier du village frontalier turc d’Akçakale, qui a causé la mort de cinq civils turcs, les troupes d’Ankara répondent coup pour coup aux tirs syriens atteignant le territoire turc et dont l’armée régulière syrienne est tenue pour responsable.
 
L’artillerie turque a ainsi ouvert le feu chaque jour depuis mercredi dernier sur des positions syriennes, en réponse à des tirs syriens qui ont surtout visé des zones rurales et n’ont pas fait de victimes côté turc.
 
Dans un discours prononcé lundi à Strasbourg (est de la France) au siège du Conseil de l’Europe, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a mis en garde contre l’escalade « extrêmement dangereuse » du conflit à la frontière entre la Syrie et la Turquie.
 
Le président turc Abdullah Gül lui-même, s’est inquiété des conséquences du conflit syrien sur son pays. « Notre gouvernement est en contact permanent avec notre état-major à ce sujet », a déclaré M. Gül cité par l’agence de presse Anatolie. « Tout ce qui doit être fait est fait, comme vous pouvez vous en rendre compte, et continuera à l’être », a-t-il ajouté.
 
Le chef de l’opposition en visite

Le chef de la principale coalition d’opposition s’est rendu lundi en Syrie, où l’armée a lancé une offensive généralisée pour tenter d’annihiler d’ici la fin de la semaine les poches de résistance à Homs, « capitale de la révolution ».

Le chef du Conseil national syrien (CNS) Abdel Basset Sayda, qui effectuait son premier déplacement en Syrie depuis sa désignation en juin, a visité la localité de Bab al-Hawa, frontalière de la Turquie, dans la province d’Idleb, ont indiqué à l’AFP des responsables de la rébellion qui contrôle cette zone.
 
Il a notamment rencontré les chefs des conseils militaires de l’ASL pour les provinces d’Alep et d’Idleb, lors d’une réunion consacrée en partie à la question du financement et du soutien aux groupes rebelles de ces régions du nord-ouest du pays.
 
Parallèlement, à la frontière nord-est du pays, l’armée turque a une nouvelle fois riposté lundi à la chute d’un obus syrien dans la province de Hatay, tirant sur des positions de l’armée syrienne.
 
Depuis un bombardement mercredi dernier d’un village frontalier qui a causé la mort de cinq civils turcs, Ankara répond coup pour coup aux tirs syriens, dont l’armée régulière est tenue pour responsable. L’ONU a dit redouter une escalade entre les deux pays.
 
Autre signe que le conflit syrien menace la stabilité de la région, un obus tiré depuis la Syrie est à nouveau tombé lundi dans le nord du Liban, où des tirs ont également eu lieu près d’un poste de la Sûreté générale, selon une source au sein des services de sécurité libanais.

32 000 morts en 19 mois

Les violences à travers la Syrie ont fait au moins 32 000 morts, en vaste majorité des civils, depuis le début mi-mars 2011 du soulèvement contre le régime, selon un nouveau décompte de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Lundi, au moins 141 personnes ont été tuées, d’après un bilan provisoire de l’OSDH.
 
« L’armée tente de nettoyer les derniers quartiers rebelles de Homs », a affirmé à l’AFP une source au sein des services de sécurité syriens. Poumon industriel de la Syrie, Homs fut à l’avant-garde de la contestation contre le régime de Bachar Al-Assad. « L’armée a également nettoyé des villages autour de Qousseir et essaie maintenant de s’emparer de la ville », a ajouté cette source, une information confirmée par des insurgés.
 
Une autre source de sécurité syrienne a affirmé que l’armée comptait prendre ces deux bastions d’ici la fin de la semaine. « Ensuite, nous nous concentrerons sur le nord de la Syrie », a-t-elle dit.
 
La province de Homs est la plus grande et la plus stratégique du pays. Frontalière du Liban et de l’Irak, elle relie le nord et le sud de la Syrie.
 
Des militants à Homs ont estimé qu’il s’agissait d’un « assaut sans précédent ».
Dans le nord du pays, les troupes syriennes ont à nouveau bombardé Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu d’une bataille cruciale depuis mi-juillet, a indiqué l’OSDH.
 
À Damas, les forces loyalistes détruisaient des maisons dans les quartiers de Qaboun et Barzé, provoquant l’exode d’habitants, selon l’OSDH qui s’appuie sur un large réseau de militants et de médecins sur le terrain.
 
Répit pour les otages iraniens

Les rebelles syriens ont indiqué avoir repoussé leur menace de tuer des dizaines d’otages iraniens enlevés en Syrie depuis début août, indiquant qu’une médiation turque était en cours.
 
Sur le plan diplomatique, Damas a rejeté une proposition faite par Ankara samedi, consistant en une période de transition dirigée par l’actuel vice-président syrien Farouk al-Chareh, qui remplacerait le président Assad.
 
Le candidat républicain à la Maison-Blanche Mitt Romney a lancé un nouvel appel à armer l’opposition syrienne.
 
 
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