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Élection présidentielle au Venezuela - Du cauchemar «chavista» à l’heure de vérité

1 octobre 2012 | Isaac Nahon-Serfaty - Journaliste vénézuélien et professeur au département de communication de l’Université d’Ottawa | Actualités internationales
Au Venezuela, l’élection présidentielle aura lieu le 7 octobre prochain. Ici, des partisans de Chávez sont réunis sous une affiche à son effigie.
Photo : Agence France-Presse Juan Barreto Au Venezuela, l’élection présidentielle aura lieu le 7 octobre prochain. Ici, des partisans de Chávez sont réunis sous une affiche à son effigie.
Le 7 octobre prochain, les Vénézuéliens éliront leur nouveau président parmi deux candidats : Henrique Capriles Radonski, le leader d’une coalition de partis politiques et organisations sociales sous la bannière de l’Unidad (l’Unité), et le président sortant, Hugo Chávez, qui est au pouvoir depuis 13 ans.

Près de 6000 citoyens du Venezuela habitant au Canada voteront dans l’ambassade et les consulats à Ottawa, à Montréal, à Toronto et à Vancouver. Ils font partie d’une diaspora en pleine croissance dans 35 pays.


Henrique Capriles représente un espoir de changement réel pour le Venezuela après le long règne autocratique de Chávez. La plateforme de l’Unidad est une vaste coalition issue de la société civile qui réunit plusieurs perspectives et tendances allant de la gauche à la droite, rassemblée autour d’un objectif commun pour restaurer la pleine démocratie.


Au cours de la dernière décennie, le Venezuela a vécu un processus de désintégration des institutions démocratiques sous l’emprise présidentielle et au détriment de la division des pouvoirs. Une politique officielle de persécution contre les opposants du régime s’est traduite par la violation systématique des droits de la personne.

 

Des enjeux à surveiller


Voici certains des enjeux majeurs au Venezuela dans le contexte de cette élection présidentielle :

 

Chute de la production pétrolière. Bien que le Venezuela soit parmi les cinq plus grands exportateurs de pétrole au monde et que le pays possède les plus grandes réserves de combustible fossile, la production chute depuis 2003. Le pétrole représente 95 % des revenus d’exportation du pays, et compte pour 50 % du budget du gouvernement.


Criminalité et violence hors contrôle. Environ 200 000 Vénézuéliens ont été tués au cours des treize dernières années à cause d’une vague de criminalité et de violence qui est devenue le premier souci des citoyens. Un pouvoir judiciaire corrompu, des prisons surpeuplées et « gouvernées » par des gangs criminels, des forces policières affaiblies et la pénétration des réseaux du trafic de drogues ont contribué à aggraver la situation.


Inflation élevée et pénurie de produits de base. Les Vénézuéliens ont vécu à la fois un des taux d’inflation les plus élevés au monde (un taux moyen de 30 %) et une pénurie de produits de base, les deux étant la conséquence directe d’une politique populiste de contrôle des prix et d’expropriation systématique d’entreprises agroalimentaires.


Infrastructures qui croulent. Des raffineries qui explosent, des ponts et des autoroutes qui s’écroulent (ainsi que des maisons bâties par le gouvernement), des coupures d’électricité dans les villes de province : toutes ces situations résultent du manque d’entretien, de l’affaiblissement de l’investissement public et d’une politique de centralisation qui a entraîné plus d’inefficacité et de corruption.


Violation des droits de la personne. L’introduction de l’exécutif dans les décisions du pouvoir judiciaire, particulièrement l’intervention directe du président Chávez, s’est traduite par plusieurs cas de violation de droits de la personne. La Cour interaméricaine de justice a rendu, contre le gouvernement vénézuélien, onze décisions dont les autorités du pays n’ont tenu aucun compte.


Médias attaqués et censurés. Une politique de harcèlement des médias et des journalistes promue par le gouvernement a fini par mener à l’autocensure dans les entreprises médiatiques qui dépendent de la publicité payée par le régime. Cette politique a résulté dans la fermeture d’une station de télévision nationale (RCTV) et de plusieurs stations de radio. Les sources officielles sont inaccessibles aux journalistes indépendants, et le régime de Chávez a mis sur pied une machine de propagande pour promouvoir l’image d’« El Comandante » et propager la haine contre ses opposants.


Alliances internationales douteuses. Hugo Chávez a développé des liens avec des régimes autoritaires tels l’Iran d’Ahmadinejad, la Biélorussie de Loukachenko, et la Syrie d’Assad. Des hauts gradés de l’armée vénézuélienne ont été accusés par le U.S. Department of the Treasury de coopérer avec les combattants des Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC) et de faciliter le trafic de drogue sur le territoire du Venezuela.


Même si la campagne électorale a été dominée par un déséquilibre en faveur du régime de Chávez, qui se sert des ressources économiques, médiatiques et logistiques du gouvernement, en plus d’une politique d’intimidation, cette fois, les Vénézuéliens auront une vraie possibilité de mettre fin au cauchemar « chavista » par la voie démocratique.

 
 
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