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Abbas lance une campagne pour élever le statut de la Palestine à l’ONU

Nétanyahou demande devant l’ONU une ligne rouge claire sur l’Iran

Mahmoud Abbas
Photo : Agence France-Presse Don Emmert Mahmoud Abbas
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a lancé jeudi à l’ONU une campagne pour que la Palestine obtienne le statut d’État non membre des Nations unies, se disant confiant du soutien international à cette demande. M. Abbas a souhaité « que l’Assemblée générale adopte une résolution considérant l’État de Palestine comme un État non membre des Nations unies pendant cette session », qui se termine en septembre 2013.

« Nous sommes persuadés que le grande majorité des pays du monde soutient notre initiative qui vise à sauver les chances d’une paix juste », a-t-il affirmé, ajoutant : « Nous ne cherchons pas à délégitimer un État déjà existant, c’est-à-dire Israël, mais à faire valoir les droits d’un État qui doit être réalisé, c’est-à-dire la Palestine. »


Le président palestinien a affirmé cependant que les Palestiniens n’avaient pas renoncé à obtenir le statut d’État à part entière et allaient continuer leur efforts en ce sens.


Il a aussi sévèrement critiqué la politique de colonisation israélienne dans les territoires palestiniens, qualifiée de « catastrophique » et « raciste ».


Il a enfin invité le Conseil de sécurité de l’ONU à « adopter d’urgence une résolution posant les bases d’une solution au conflit israélo-palestinien qui servirait de référence contraignante et de guide » en vue d’un accord de paix fondé sur une solution des deux États, Israël et la Palestine.


Pour sa part, le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a demandé jeudi devant l’ONU l’établissement d’une « ligne rouge claire » pour empêcher l’Iran de se doter d’une arme atomique, assurant à l’aide d’un schéma que Téhéran serait bientôt en mesure d’en fabriquer une.


Illustrant son propos avec une pancarte représentant schématiquement une bombe, le premier ministre israélien a milité pour empêcher l’Iran, qui en est actuellement à 70 % selon lui, d’atteindre le seuil de 90 % d’enrichissement de son uranium. Pour appuyer sa demande, il est allé jusqu’à tracer une ligne rouge au feutre sur le dessin.


« L’avenir du monde est en jeu. […] Rien ne peut mettre davantage en péril notre avenir qu’un Iran doté d’armes nucléaires », a-t-il martelé.


Comparant un Iran doté d’armes nucléaires à « al-Qaïda armé de bombes atomiques », M. Nétanyahou a assuré que Téhéran céderait face à une ligne rouge claire.


Les Occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir mettre au point une bombe atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément.


M. Nétanyahou réclame depuis longtemps d’imposer à la République islamique des lignes à ne pas franchir dans sa progression vers l’arme atomique sous peine de frappe préventive, mais Washington s’y est pour l’instant refusé.


Mardi, Barack Obama avait affirmé devant l’ONU que « les États-Unis feraient ce qu’ils doivent faire pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire ». Mais en pleine campagne pour la présidentielle du 6 novembre, il a dit privilégier la diplomatie et les sanctions pour faire plier Téhéran. Jeudi après-midi, les chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France) et de l’Allemagne se sont concertés sur les moyens de faire pression sur l’Iran.

***
 

Hommage à Aung San Suu Kyi

Le président birman, Thein Sein, a rendu jeudi devant l’ONU un hommage sans précédent à l’opposante Aung San Suu Kyi et à ses « efforts en faveur de la démocratie », nouveau signe du changement d’ère dans le pays engagé dans de profondes réformes. « En tant que citoyen birman, je voudrais la féliciter pour les honneurs qu’elle a reçus dans ce pays en reconnaissance de ses efforts en faveur de la démocratie », a déclaré Thein Sein à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, faisant référence à la visite qu’Aung San Suu Kyi effectue parallèlement aux États-Unis.
 

Il y a deux ans à peine, de tels éloges auraient été inimaginables. Assignée à résidence pendant 15 ans par la junte militaire au pouvoir en Birmanie, Aung San Suu Kyi a été libérée en novembre 2010. Désormais députée, Aung San Suu Kyi a été accueillie avec tous les honneurs aux États-Unis.

Mahmoud Abbas Benjamin Nétanyahou
 
 
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