Les rebelles syriens ont lancé une attaque décisive à Alep
En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, les États-Unis ont demandé au Conseil de sécurité de « tenter une nouvelle fois » de trouver un accord pour mettre fin au conflit, et le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a déploré les désaccords au sein du Conseil entre partisans d’un départ du président Bachar al-Assad et défenseurs de son régime.
« Ce soir, soit Alep sera à nous, soit nous serons défaits », a affirmé Abou Fourat, l’un des chefs de la brigade rebelle al-Tawhid, la plus importante d’Alep, évoquant des milliers de combattants.
Une journaliste de l’AFP a vu des rebelles se regrouper par dizaines dans des écoles du quartier.
Pour encourager les troupes, les chefs de différentes unités se montraient rassurants : « Nous avons attaqué l’armée et elle recule », assurent-ils tous dans les talkies-walkies qui leur permettent de rester en contact.
L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a fait état de violents combats jeudi soir dans les quartiers d’Izaa, Seif al-Dawla et d’autres secteurs, auxquels participent des centaines de combattants insurgés.
Selon cette ONG s’appuyant sur un large réseau de militants, 20 roquettes se sont abattues sur le quartier de Souleimaniyé, dans le centre d’Alep, dont certaines sur la branche de la sécurité politique.
Depuis une importante percée effectuée fin juillet, peu après le début des combats dans la capitale économique du pays, les rebelles n’ont plus mené d’offensive d’envergure, notamment en raison du manque d’équipement face à la puissance de feu des forces gouvernementales.
Ailleurs dans le pays, l’armée a pilonné plusieurs bastions rebelles dans les provinces de Homs, Hama, Idleb, Lattaquié, et Deir Ezzor, selon l’OSDH.
Dans la principale région pétrolifère de Syrie, à Hassaka, des inconnus ont fait exploser un oléoduc et enlevé le directeur de la station de pompage.
La télévision officielle a en outre rapporté que les forces de sécurité avaient attaqué un « groupe terroriste » dans le quartier insurgé de Jobar à Damas.
Au moins 59 personnes - 3 8 civils (dont cinq enfants), 16 soldats et cinq rebelles - ont péri jeudi dans les violences en Syrie, selon un bilan provisoire de l’OSDH. Mercredi, au moins 305 personnes, dont 199 civils, avaient été tuées, le bilan plus lourd enregistré en une seule journée depuis le début du conflit il y a 18 mois, selon un décompte de l’OSDH.
Un double attentat a notamment frappé le siège de l’état-major de l’armée au coeur de Damas, tuant quatre gardes, une attaque revendiquée successivement par deux groupes djihadistes.
Les réfugiés
Le conflit a fait au total plus de 30 000 morts, selon l’OSDH, alors qu’environ deux millions de Syriens manquent de produits de première nécessité, une situation de plus en plus inquiétante à l’approche de l’hiver.
Autre signe de l’ampleur du désastre humanitaire, l’ONU a estimé à plus de 700 000 le nombre de Syriens réfugiés dans les pays voisins fin 2012, révisant à la hausse ses besoins, à 487,9 millions $. Selon le Haut commissariat pour les réfugiés, plus de 500 000 Syriens ont déjà fui leur pays, dont 75 % sont des femmes et des enfants.
Les Occidentaux et de nombreux pays arabes réclament le départ du président Assad qui veut en finir à tout prix avec les rebelles assimilés à des terroristes, alors que Russes et Chinois refusent toute ingérence dans les affaires de leur allié syrien.








