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Devant l’ONU, Brahimi brosse un tableau sombre de la situation en Syrie

Des rebelles participaient aux combats lundi à Damas.
Photo : Agence France-Presse Des rebelles participaient aux combats lundi à Damas.

L’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, a brossé lundi devant le Conseil de sécurité un tableau sombre de la situation en Syrie, à la veille de l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies.


Malgré le blocage du Conseil de sécurité sur la Syrie en raison de l’opposition de Pékin et Moscou à des sanctions contre Damas, le conflit syrien devrait y être largement évoqué.


Lundi, M. Brahimi rendait compte au Conseil de sa récente visite en Syrie, au cours de laquelle il a rencontré le président Bachar al-Assad. Selon des diplomates présents à la réunion, M. Brahimi a déclaré aux 15 pays membres que le régime syrien estimait à 5000 le nombre d’étrangers prenant part aux combats dans le pays et qu’il dépeignait de plus en plus la guerre civile comme « une conspiration de l’étranger ».


Il a une nouvelle fois déclaré qu’il n’avait pas pour l’instant de nouveau plan d’action pour régler la crise syrienne, selon un diplomate, et s’est référé aux propositions en six points de Kofi Annan, son prédécesseur, estimant que le plan Annan restait la bonne route à suivre.

 

1,5 million de réfugiés


Devant le Conseil, M. Brahimi a assuré que la torture des prisonniers était devenue « une habitude » et que les Syriens craignaient désormais de se rendre dans les hôpitaux, qui sont aux mains des forces du régime.


Selon le médiateur, 1,5 million de personnes ont fui leur foyer et le pays doit faire face à des pénuries de nourriture, car les récoltes ont été détruites par les combats entre les rebelles et l’armée régulière.


Alors que sur place les combats font rage sans relâche, des diplomates ne se font guère d’illusions sur les chances de M. Brahimi d’avoir davantage de succès que son prédécesseur Kofi Annan.


Le gouvernement syrien et l’opposition armée sont engagés dans « une lutte à mort » et M. Brahimi attend que les deux camps veuillent négocier, résumait récemment un diplomate.


En recevant M. Brahimi à Damas à la mi-septembre, Bachar al-Assad avait répété que Damas ne reconnaissait pas la contestation dans le pays et considérait toujours les opposants syriens comme des terroristes. Il avait appelé à faire pression sur les pays occidentaux et arabes qui les financent et les arment. Les rebelles eux-mêmes avaient jugé la mission de M. Brahimi vouée à l’échec.


Par ailleurs, plus de 2000 militaires syriens ayant déserté se sont réfugiés en Jordanie depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011, a affirmé le commandant des gardes frontière jordaniens cité lundi par la presse.


« Le nombre de réfugiés syriens qui sont entrés en Jordanie par des voies autres que les postes-frontière s’est élevé à 74 000 », a affirmé le général Hussein al-Zyoud au quotidien Al-Destour. « Parmi eux figurent 2053 militaires de tous rangs », a ajouté l’officier.


Selon le chef de la diplomatie jordanienne, Nasser Jawdeh, la Jordanie accueille actuellement quelque 200 000 réfugiés syriens, dont plus de 85 000 qui se sont manifestés auprès du Haut commissariat pour les réfugiés de l’ONU.


Le général Zyoud a affirmé que « ces militaires ont été placés dans des lieux spéciaux et sont sous protection » des forces jordaniennes. « Plusieurs d’entre eux ont été la cible de tirs alors qu’ils tentaient d’entrer en Jordanie, et les tirs ont atteint parfois le territoire jordanien. Cela a poussé les forces jordaniennes à prendre des mesures préventives pour faire face à toute éventualité », a-t-il ajouté.


Le principal responsable syrien à s’être réfugié en Jordanie est l’ancien premier ministre Riad Hijab, qui a fait défection le 5 août.


Plusieurs généraux ont également fait défection en Turquie, l’autre voisin de la Syrie, alors que des officiers syriens, accompagnés souvent de soldats, y ont fui quasiment tous les jours ces derniers mois. Les militaires sont accueillis en Turquie dans un camp séparé, où la sécurité est renforcée.

 
 
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