Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

La colère islamiste se propage

Après l’Égypte et le Yémen, les manifestations antiaméricaines s’étendent à l’Irak, à l’Iran, au Bengladesh, à la Tunisie, au Maroc et à Gaza

<div>
	Des centaines de protestataires ont manifesté jeudi dans les rues de Dhaka, au Bengladesh.</div>
Photo : Agence France-Presse
Des centaines de protestataires ont manifesté jeudi dans les rues de Dhaka, au Bengladesh.
Les manifestations visant à dénoncer le film L’innocence des musulmans, jugé offensant, voire blasphématoire, se sont multipliées jeudi aux abords des missions diplomatiques américaines dans plusieurs villes d’Afrique et d’Asie, dont Sanaa, la capitale du Yémen, où au moins quatre personnes ont perdu la vie.

Les États-Unis ont commencé à renforcer la sécurité de leurs ambassades, notamment celle de Tripoli, en Libye, où ils ont envoyé des marines, alors que le monde s’interroge sur l’identité du ou des responsables du film incriminé. Le Canada, de son côté, a fermé jeudi son ambassade au Caire. C’est dans l’attaque du consulat à Benghazi, dans l’est de la Libye, que l’ambassadeur américain Christopher Stevens a trouvé la mort mardi.


Au Yémen, jeudi matin, quelques milliers de jeunes gens ont pénétré dans l’enceinte de l’ambassade américaine aux cris de « L’armée de Mahomet est de retour », mais n’ont pas réussi à entrer dans le bâtiment principal du complexe. Ils ont tout de même eu le temps de brûler des véhicules avant d’être dispersés par la police. C’est lorsque les manifestants sont revenus à la charge que les tirs de la police ont fait une première victime. Les heurts se sont poursuivis jusqu’en soirée et plusieurs personnes ont été blessées, selon les autorités.


Comme les responsables libyens l’avaient fait la veille, le président yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi, a présenté jeudi ses excuses aux Américains et à leur président, et il a promis de punir les coupables.


Des manifestations ont également eu lieu jeudi en Irak, en Iran, en Tunisie, au Maroc, au Bengladesh et dans le territoire palestinien de Gaza, entre autres lieux.


Au Caire, les protestataires ont récidivé pour la troisième journée consécutive, alors que le torchon brûle entre Washington et les nouvelles autorités égyptiennes.


Le président américain, Barack Obama, a en effet affirmé dans une interview à la chaîne de télévision Telemundo qu’il ne considérait l’Égypte ni comme un « allié » ni comme un « ennemi », laissant entendre que les autorités islamistes issues du « printemps arabe » sont en quelque sorte à l’essai. Le gouvernement américain reproche au nouveau président égyptien, Mohamed Morsi, d’avoir beaucoup trop tardé à réagir aux manifestations hostiles aux abords de l’ambassade américaine au Caire mardi. La Maison-Blanche a tenu ensuite à préciser que les deux pays demeurent des « partenaires ».


« Cela reflète l’ambiguïté du nouveau régime. Il y a un genre de modus vivendi entre les Frères musulmans et le gouvernement américain, mais les derniers agissements du président Morsi [issu de cette confrérie] ont déplu aux Américains. Ils avaient espéré que sa première visite serait à Washington, mais au lieu de cela, il est allé à Téhéran et à Pékin pour montrer son indépendance par rapport à la politique américaine. À la conférence des pays non alignés, le 30 août, il s’est réconcilié avec l’Iran, fait remarquer Henri Habib, professeur de science politique à l’Université Concordia. L’Égypte essaie actuellement de reprendre la position qui était la sienne au temps de Nasser, mais en même temps, elle a besoin de l’aide américaine. »


L’Égypte reste le deuxième récipiendaire de l’aide extérieure américaine — derrière Israël — avec 1,5 milliard de dollars par an, surtout pour l’armée. Celle-ci est considérée comme la garante des accords de paix de Camp David avec Israël en 1979.


D’importantes manifestations, que le président Morsi n’a pas désapprouvées, sont encore prévues en ce vendredi, journée traditionnelle de la prière, au Caire.


En Libye, le nouveau premier ministre élu, Moustapha Abnou Chagour, a annoncé hier à l’AFP une « importante avancée » dans l’enquête sur l’attentat au consulat américain à Benghazi, faisant état de plusieurs arrestations.


En Irak, des milliers de sympathisants du chef chiite Moqtada Sadr ont défilé dans son fief de Bagdad et dans la ville sainte de Najaf.


Par mesure de précaution, devant ces soulèvements, le Canada fermé son ambassade au Caire jeudi pour la journée. La situation sera réévaluée au jour le jour, en fonction des risques. C’est que l’ambassade canadienne en Égypte est située non loin de l’ambassade américaine, à moins d’un demi-kilomètre. Une proximité jugée dangereuse par Ottawa. La trentaine de diplomates canadiens déployée au Caire n’est donc pas rentrée au travail jeudi.


Du côté de la Libye et du Yémen, le gouvernement canadien n’a cependant pas fermé ses bureaux diplomatiques ni rapatrié ses diplomates. Au gouvernement, on souligne que l’attentat en Libye était à Benghazi, tandis que l’ambassade canadienne se trouve à 650 km de là, dans la capitale, Tripoli. Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, avait par ailleurs indiqué mercredi que la sécurité y serait réévaluée.


Au Yémen, Ottawa compte simplement un consul honoraire. Son bureau est plus éloigné de l’ambassade américaine qui a été la cible de manifestants jeudi, et il n’est ouvert que les mercredis et samedis, a-t-on précisé.


Plusieurs questions au sujet du film L’innocence des musulmans, qui ridiculise le prophète Mahomet, ont été soulevées au cours des dernières heures. Le prétendu producteur, un dénommé Sam Bacile, n’existe peut-être pas et pourrait être en réalité un Égypto-Américain et non un citoyen israélien comme on l’avait d’abord cru. En outre, des acteurs contactés par le journal d’enquête en ligne Gawker ont affirmé avoir tourné dans ce film sans savoir qu’il portait sur Mahomet. L’oeuvre semble avoir été doublée (même en anglais) pour faire dire aux acteurs des paroles qu’ils n’ont pas prononcées.


***

 

Avec l’Agence France-Presse et l’Associated Press

Avec Marie Vastel

***

Mise à jour du 14 septembre 2012


Film hostile à l'islam: les violences se poursuivent

Sanaa — Les forces de sécurité yéménites ont tiré vendredi à Sanaa des coups de semonce en l'air et fait usage de gaz lacrymogènes afin de disperser quelque 2000 manifestants qui tentaient de se rassembler devant l'ambassade des États-Unis, en signe de protestation contre le film anti-islam «Innocence des musulmans».

Jeudi, plusieurs centaines de manifestants avaient franchi l'enceinte de l'ambassade, brûlant le drapeau américain et arrachant la plaque de la représentation diplomatique sur le mur extérieur. Vendredi, les policiers bien que dépassés en nombre parvenaient à tenir les manifestants à distance.

Des manifestants prennent d'assaut l'ambassade d'Allemagne au Soudan

Le Caire — Plusieurs centaines de manifestants ont pris d'assaut vendredi l'ambassade d'Allemagne à Khartoum, la capitale soudanaise, brûlant une voiture garée derrière le portail ainsi que des poubelles.

La police soudanaise a tiré des gaz lacrymogènes, repoussant les manifestants hors de l'enceinte de l'ambassade. Ni le bâtiment ni les employés n'ont été touchés, selon un premier bilan.

La plupart des manifestants se sont éloignés, mais un groupe s'en est ensuite pris à l'ambassade britannique voisine. «Nous pouvons confirmer une manifestation en cours devant l'ambassade britannique à Khartoum. La police soudanaise est sur place», a précisé le ministère britannique des Affaires étrangères dans un communiqué en milieu de journée, sans donner le nombre d'employés présents dans les locaux.

Une personne tuée au Liban

Beyrouth — Une personne a été tuée et 25 autres blessées lors d'une manifestation contre le film islamophobe «Innocence des musulmans», produit aux Etats-Unis, ont annoncé vendredi des responsables libanais. De nombreuses manifestations violentes contre ce film secouaient le monde arabo-musulman vendredi.
 

 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel