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Colombie: les FARC tentent d’entrer sur la scène politique

Bogotá — Après un demi-siècle cachée dans les montagnes de Colombie, la guérilla des FARC tente de se convertir en mouvement politique, une mue qui devra encore convaincre l’opinion, en cas de succès des négociations de paix prévues à partir d’octobre en Norvège puis à Cuba.

Issue d’une insurrection paysanne en 1964, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) vont participer pour la quatrième fois en 30 ans à des pourparlers avec le gouvernement, synonymes d’espoir mais aussi d’incertitude pour la rébellion marxiste.


À la tête d’environ 9000 combattants, selon les autorités, essentiellement repliés dans les régions rurales, la principale guérilla du pays a perdu plus de la moitié de ses troupes depuis son âge d’or dans les années quatre-vingt-dix.


Mais pour le politologue Leon Valencia, directeur de la fondation Nuevo Arco Iris, spécialisée dans le conflit colombien, « le nombre de guérilleros n’est pas le point clé ». « Le grand point fort des FARC ne réside pas aujourd’hui dans son recrutement, mais le soutien social », affirme M. Valencia, estimant que la guérilla compte dans la société civile « 30 000 personnes très proches, des militants actifs ».


Lors des premières négociations avec les autorités dans les années quatre-vingt, les FARC ont déjà tenté de s’aventurer sur la scène publique avec la création de l’Union Patriotique (UP). Une vitrine politique dont les membres furent la cible d’une vague d’assassinats - près de 3000 - notamment de la part de milices paramilitaires d’extrême droite. Le meurtre de son candidat présidentiel Jaime Pardo mit fin en 1987 à l’aventure.


Parmi les dirigeants de l’UP figurait Ivan Marquez, l’un des hauts responsables des FARC, désigné jeudi comme l’un de leurs émissaires pour les prochains pourparlers de paix.


« Cette conversion en mouvement politique, sans armes, est possible puisqu’elle a déjà eu lieu avant, dans un autre contexte, explique Alvaro Villaraga, expert de la fondation Culture démocratique. Ce processus avait échoué car il n’y a pas eu de garanties efficaces. »


Une nouvelle perspective s’ouvre aujourd’hui pour les FARC dans un pays où la mobilisation sociale, alimentée par de fortes inégalités économiques, n’a pas faibli. Cette année, un mouvement, baptisé « Marche patriotique » et lié aux FARC selon les autorités, a organisé à Bogotá une manifestation pour marquer sa création, rassemblant quelque 1700 organisations de paysans, indigènes ou étudiants autour d’un programme de gauche mais hostile à la lutte armée.

 
 
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