21 ans de prison pour Breivik
La juge Wenche Elisabeth Arntzen a prononcé la peine maximum prévue en Norvège pour terrorisme et assassinats et l'a assortie d'une période de sûreté de dix ans pendant laquelle il ne peut être libéré. Sa détention pourra être renouvelée jusqu'à ce qu'il ne soit plus considéré comme un danger pour la société: les juristes estiment que Breivik passera très probablement le restant de ses jours en prison.
Vêtu d'un costume sombre, le jeune homme blond au collier de barbe, âgé de 33 ans, a souri en entrant dans la salle d'audience et a exécuté son salut nationaliste, le poing droit brandi devant lui. Il a affiché un air satisfait pendant la lecture du jugement le déclarant sain d'esprit. «Il s'est toujours considéré comme sain d'esprit, dont il n'a pas été surpris par le jugement», a expliqué son avocat, Me Geir Lippestad.
Le verdict a été accueilli avec soulagement par certains proches des victimes au tribunal d'Oslo. «Maintenant, nous n'entendrons plus parler de lui pendant un bon moment. Maintenant, nous pouvons retrouver la paix et le calme. Il ne signifie rien pour moi. C'est juste du vent», a commenté le père d'une jeune file tuée à Utoya, Per Balch Soerensen, interrogé par la channe Denmarks TV2.
«Je suis vraiment soulagé et content de l'issue» du procès, a déclaré Tore Sinding Bekkedal, rescapé du massacre d'Utoya. «Je pense qu'il est fou, mais que c'est une folie politique et non une folie psychiatrique. C'est une petite personne pathétique et triste», a lâché le jeune homme.
Le collège des cinq juges est allé à l'encontre des recommandations du parquet, favorable à la déclaration d'irresponsabilité pénale de l'accusé, qui aurait donc été interné dans une unité psychiatrique. Les magistrats ont souligné que Breivik n'était certainement pas seul à nourrir ces opinions extrémistes contre l'immigration, mais qu'aucune preuve n'avait été trouvée de l'existence de son soi-disant réseau des «Chevaliers Templiers d'Europe».
Les avocats de l'extrémiste avaient déclaré ces derniers jours que leur client ne ferait appel que s'il était considéré comme atteint d'une pathologie psychiatrique.
Anders Breivik a plaidé non coupable de crime au procès, affirmant avoir agi en état de légitime défense contre une soi-disant invasion de l'Europe par des musulmans et le gouvernement travailliste norvégien qui laisserait faire.
Il a revendiqué l'attentat à la camionnette piégée qui avait fait huit morts devant le siège du gouvernement à Oslo puis le massacre par balles de 69 autres personnes sur l'Île d'Utoya, à une trentaine de kilomètres de la capitale, où se tenait un rassemblement de jeunesse du Parti travailliste. La plus jeune victime avait 14 ans. Déguisé en policier, il avait traqué et abattu les jeunes pendant plus d'une heure et demie avant d'être arrêté sans opposer de résistance.
Anders Breivik est actuellement détenu à l'isolement dans la prison d'Ila, où il dispose de trois cellules de 8 mètres carrés chacune et d'un ordinateur sans accès à Internet. Selon ses avocats, il s'est déjà attelé à la rédaction de la suite du manifeste de 1500 pages qu'il avait publié sur Internet pour exposer ses vues racistes et xénophobes avant de commencer le massacre.








