Les troupes syriennes tuent au moins 35 rebelles à Damas
Beyrouth — Les forces gouvernementales syriennes ont bombardé deux quartiers de Damas mercredi avant de mener des raids au sol, tuant au moins 35 rebelles présumés, ont annoncé des militants de l'opposition.
Dans un quartier du nord de la capitale, des militants ont aussi annoncé avoir découvert des dizaines de corps de personnes qui semblent avoir été exécutés. Les découvertes de ce genre sont devenues de plus en plus fréquentes au cours des derniers mois en Syrie.
Tôt mercredi matin, les forces du régime ont tiré des obus de mortier sur le quartier huppé de Kfar Soussa, où se trouvent notamment le ministère des Affaires étrangères, le bureau du premier ministre et plusieurs ambassades, ainsi que sur le quartier adjacent de Nahr Eishah, selon des militants.
Les troupes gouvernementales semblaient être postées sur le mont Kassioun qui surplombe la capitale, a déclaré un résident de Damas sous le couvert de l'anonymat.
L'opération visait probablement à tuer ou à arrêter les groupes de rebelles qui ont utilisé ces deux quartiers au cours des derniers jours pour tirer des obus de mortier vers l'aéroport militaire de la ville, ont estimé des opposants.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, au moins 24 personnes ont été tuées à Kfar Soussa mercredi, et de violents combats se déroulaient en périphérie du quartier.
Un militant de Kfar Soussa joint par Skype a confirmé les informations de l'Observatoire. Il a réclamé l'anonymat par crainte de représailles.
Plus tôt dans la journée, un militant de Damas, qui a seulement voulu s'identifier sous le prénom de Bassam, avait déclaré que jusqu'à 22 chars étaient entrés dans Kfar Soussa, avec une vingtaine de soldats à pied derrière chaque char.
Ce militant et l'Observatoire ont aussi rapporté d'importants bombardements des forces gouvernementales dans le quartier de Nahr Eishah tôt mercredi matin. Les soldats ont ensuite fouillé des maisons à la recherche de rebelles. Selon Bassam, jusqu'à 12 personnes ont été tués à Nahr Eishah, tandis que l'Observatoire a avancé un bilan de huit morts, tous des hommes abattus par les troupes gouvernementales.
Par ailleurs, 46 corps de personnes qui semblent avoir été exécutées ont été découverts dans le quartier Qaboun, dans le nord de Damas, selon les Comités locaux de coordination, une organisation de l'opposition. L'Observatoire a rapporté la découverte dans ce quartier de «dizaines de corps qui semblent avoir été abattus à bout portant».
Une journaliste tuée, trois autres disparus
Une journaliste tuée, trois autres disparus
La journaliste japonaise Mika Yamamoto, reporter de guerre pour The Japan Press, un fournisseur indépendant d'informations spécialisées sur les zones de conflit, a été tuée lundi à Alep, dans le nord-ouest de la Syrie, a confirmé Masaru Sato, porte-parole du ministère japonais des Affaires étrangères.
Deux reporters arabes et un journaliste turc sont par ailleurs portés disparus dans la même ville, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Deux reporters arabes et un journaliste turc sont par ailleurs portés disparus dans la même ville, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
La journaliste Mika Yamamoto, âgée de 45 ans, a été touchée par des tirs alors qu'elle voyageait avec un collègue en compagnie de rebelles de l'Armée syrienne libre. Son corps a été transféré en Turquie.
Une vidéo diffusée sur YouTube par un militant montre le corps d'une femme asiatique à l'intérieur d'un camion, enveloppé d'une couverture. Seul son visage apparaît. Un journaliste de l'Associated Press qui a travaillé avec Mika Yamamoto et qui a visionné la vidéo a confirmé qu'il s'agissait bien d'elle.
La journaliste avait couvert la guerre en Afghanistan après 2001, ainsi que l'invasion américaine de l'Irak en 2003 en tant qu'envoyée spéciale de la chaîne NTV, précise le site de Japan Press.
Dans la vidéo de YouTube, le capitaine Ahmed Ghazali, un combattant des rebelles, affirme que la reporter a été tuée par les forces du régime à Alep. «Nous accueillons tout journaliste voulant entrer en Syrie», ajoute-t-il. «Nous sécurisons leur entrée, mais nous ne sommes pas responsables de la brutalité des forces d'al-Assad contre les médias.»








