Syrie: huit morts dans un raid de l'armée syrienne à Azaz
Des avions de chasse de l'armée syrienne ont mené deux séries de bombardements mercredi sur la ville rebelle d'Azaz, au nord-ouest d'Alep, semant la terreur parmi les civils et réduisant des habitations en gravats. Des journalistes présents sur les lieux ont vu au moins huit morts, dont un bébé, et des dizaines de blessés, des femmes et des enfants pour la plupart.
Attentat à Damas
Par ailleurs, un camion-citerne piégé a explosé mercredi devant un hôtel de Damas où séjournent des observateurs de la mission des Nations unies en Syrie, blessant au moins trois personnes, selon la télévision officielle syrienne.
L'attentat, qui n'a pas été revendiqué, a eu lieu alors que la secrétaire générale adjointe des Nations unies chargée des affaires humanitaires, Valerie Amos, se trouvait à Damas. Mais il semble qu'elle soit logée dans un autre hôtel.
La déflagration a légèrement endommagé le Dama Rose Hotel, fracassant quelques fenêtres. Aucun des blessés n'est lié à l'ONU, a précisé le ministre adjoint des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad.
La télévision publique syrienne a déclaré que l'explosion s'était produite à environ 300 mètres d'un stationnement utilisé par l'état-major de l'armée, mais d'après un journaliste de l'Associated Press présent sur les lieux, il s'agit d'un autre stationnement militaire.
Le premier avion de chasse est apparu dans le ciel d'Azaz à la fin de la journée et a largué des bombes sur la ville, créant d'épais nuages de fumée. Des familles terrifiées se sont précipitées dans les rues. Peu après, un deuxième avion est arrivé et a tiré une nouvelle charge explosive qui a ébranlé le centre-ville.
Un homme a été sorti vivant des débris d'une maison. «Dieu est grand! Dieu est grand!», criaient les secouristes en l'aidant à se libérer. L'homme a ensuite été allongé sur une couverture, avant d'être transporté vers une camionnette. Tout près, une femme était assise sur un amas de briques qui constituait autrefois sa maison, tenant dans ses bras un bébé mort. Deux corps étaient allongés au sol près d'elle, recouverts par des draps.
Un homme a été sorti vivant des débris d'une maison. «Dieu est grand! Dieu est grand!», criaient les secouristes en l'aidant à se libérer. L'homme a ensuite été allongé sur une couverture, avant d'être transporté vers une camionnette. Tout près, une femme était assise sur un amas de briques qui constituait autrefois sa maison, tenant dans ses bras un bébé mort. Deux corps étaient allongés au sol près d'elle, recouverts par des draps.
«J'ai vu l'avion arriver et des missiles tomber, et ensuite il y a eu de la fumée partout», a raconté Mohammed Fuad, 18 ans, qui vit près du lieu visé par les attaques. «Quand la fumée s'est dissipée, nous avons entendu des cris et nous avons vu des débris partout dans les rues.»
Une dizaine de rebelles armés de mitrailleuses sont accourus sur les lieux. À un certain moment, un homme s'est mis à crier, provoquant la panique des résidants, qui croyaient que les avions militaires revenaient pour mener d'autres attaques. Il s'agissait finalement d'une fausse alerte.
Les explosions ont causé des dommages bien au-delà des lieux visés par les bombardements. Une quinzaine de maisons rudimentaires ont été réduites en débris. Des citoyens sont accourus et ont commencé à creuser les gravats pour secourir les survivants. Ils ont rapidement trouvé un homme aux vêtements déchirés et aux membres couverts de sang.
La plupart des blessés ont été rapidement transportés en voiture vers la frontière turque, à quelques kilomètres au nord d'Azaz. Les bombardements ne semblaient pas viser de cible rebelle en particulier, mais l'un des lieux bombardés se trouve à environ un kilomètre d'un bureau politique et médiatique des rebelles dans la ville.
Des crimes de guerre, dit l'ONU
Ces attaques se sont produites le jour de la publication d'un rapport au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, qui accuse les forces du président syrien Bachar al-Assad et les milices chabiha d'avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, notamment dans le village de Houla au mois de mai. Plus de 100 civils, dont la moitié étaient des enfants, avaient été tués dans ce village.
Des crimes de guerre, dit l'ONU
Ces attaques se sont produites le jour de la publication d'un rapport au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, qui accuse les forces du président syrien Bachar al-Assad et les milices chabiha d'avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, notamment dans le village de Houla au mois de mai. Plus de 100 civils, dont la moitié étaient des enfants, avaient été tués dans ce village.
Ces conclusions de la commission internationale indépendante d'enquête sur la Syrie suggèrent que le conflit échappe de plus en plus à tout contrôle en Syrie. Le document note une évolution du conflit «vers des méthodes plus brutales et de nouvelles capacités militaires dans les deux camps».
Les experts tiennent le régime et les milices chabiha responsables du meurtre d'une centaine de civils, dont une cinquantaine d'enfants, dans le village de Houla, dans le centre-ouest du pays. Ils estiment que cette campagne aveugle de meurtres, de torture, de violences et d'attaques «dénote l'implication au plus haut niveau des forces armées et de sécurité ainsi que du gouvernement».
L'insurrection armée s'est également livrée à des exécutions sommaires et à des actes de torture, mais à moindre échelle et moins souvent, juge la commission.
La commission indépendante chargée d'enquêter sur les exactions en Syrie n'a presque pas pu se rendre sur place. Seul son président a été autorisé à se rendre à Damas. La plus grande partie du rapport, qui couvre la période allant du 15 février au 20 juillet 2012, a été réalisée grâce à des entretiens sur place et à Genève avec des réfugiés. Les experts ont mené 1062 entretiens, mais soulignent que leur incapacité à se rendre en Syrie a limité leurs travaux.
Le rapport pourrait être utilisé par la communauté internationale pour justifier un renforcement des mesures contre la Syrie ou étayer les demandes d'enquête internationale et de poursuites pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Attentat à Damas
Par ailleurs, un camion-citerne piégé a explosé mercredi devant un hôtel de Damas où séjournent des observateurs de la mission des Nations unies en Syrie, blessant au moins trois personnes, selon la télévision officielle syrienne.
L'attentat, qui n'a pas été revendiqué, a eu lieu alors que la secrétaire générale adjointe des Nations unies chargée des affaires humanitaires, Valerie Amos, se trouvait à Damas. Mais il semble qu'elle soit logée dans un autre hôtel.
La déflagration a légèrement endommagé le Dama Rose Hotel, fracassant quelques fenêtres. Aucun des blessés n'est lié à l'ONU, a précisé le ministre adjoint des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad.
La télévision publique syrienne a déclaré que l'explosion s'était produite à environ 300 mètres d'un stationnement utilisé par l'état-major de l'armée, mais d'après un journaliste de l'Associated Press présent sur les lieux, il s'agit d'un autre stationnement militaire.
«C'est un acte criminel qui montre le type d'attaques auxquelles est confrontée la Syrie», a déclaré Fayçal Mekdad aux journalistes à Damas. «Je confirme que nous sommes avec les Nations unies et que nous ferons tout ce que nous pouvons pour garantir leur protection et qu'ils puissent poursuivre leur mission.»
Plusieurs explosions ont touché la capitale syrienne au cours des dernières semaines. Le 18 juillet, un attentat a tué quatre généraux de premier plan, dont le beau-frère du président Bachar al-Assad. En mars, un double attentat-suicide avait causé la mort de 27 personnes à Damas.
Des membres de l'opposition ont par ailleurs affirmé que l'armée syrienne et les rebelles s'étaient affrontés mercredi près du siège du gouvernement et de l'ambassade d'Iran à Damas. Maath al-Shami, un militant présent dans la zone, a rapporté que des nuages de fumée s'élevaient derrière le bâtiment en construction de l'ambassade d'Iran. L'actuelle ambassade d'Iran et le siège du gouvernement syrien sont situés tout près, a-t-il précisé. «Nous avons entendu des tirs et des explosions pendant un moment», a-t-il dit.
Ailleurs dans le pays, les bombardements et les affrontements se sont poursuivis dans la ville d'Alep, selon l'opposition. L'Observatoire syrien des droits de l'homme a déclaré que des insurgés tentaient de s'emparer d'un barrage stratégique dans la ville de Manbij, à l'est d'Alep, et que l'armée utilisait des hélicoptères de combat.
Les Comités locaux de coordination ont également signalé des violences dans la région d'Idlib, dans la province de Deir el-Zour, à Deraa, en banlieue de Damas et près d'un poste-frontière avec la Turquie pris par les rebelles en juillet. Un responsable turc de la ville frontalière de Reyhanli a cependant affirmé, sous le couvert de l'anonymat, que le calme était revenu dans la matinée. L'agence de presse turque Anadolu a signalé l'arrivée de 757 réfugiés syriens en Turquie mercredi.
Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a changé d'avis sur l'octroi de 2 millions à un organisme canado-syrien concernant une aide médicale en zone de conflits. Selon ce que la Presse canadienne a appris, M. Baird a demandé à son personnel de trouver une autre façon de fournir cette aide à la Syrie.
Le gouvernement canadien avait annoncé en fin de semaine que l'organisme Secours canadien pour la Syrie (Canadian Relief for Syria) recevrait cette somme pour donner des fournitures médicales aux gens pris au coeur du conflit meurtrier dans ce pays du Proche-Orient.
Le groupe avait indiqué que l'argent servirait à obtenir des fournitures pour son réseau de médecins et d'infirmières sur le terrain.
Mais une source gouvernementale affirme que M. Baird craint qu'une partie des fonds soit utilisée pour des entrepôts et d'autres infrastructures.
Plus tôt dans la journée, le ministre avait fait valoir que l'argent devait contribuer à des soins de base de toute urgence pour des gens réprimés par le régime de Bachar al-Assad.








