La «bataille de la libération» de Damas et d’Alep bat son plein
Image tirée hier de la couverture de la télévision d'État syrienne des affrontements à Damas, montrant prétendument les forces de sécurité syriennes passer au peigne fin le quartier de Basatin al-Razi, à la recherche de «terroristes».
Damas — Les soldats syriens, appuyés par des chars et des hélicoptères, livraient bataille hier aux rebelles pour reprendre des quartiers de Damas et d’Alep, la deuxième ville de Syrie dont l’Armée syrienne libre a annoncé le début de la bataille de «libération».
Au moins 94 personnes ont été tuées dans les violences hier, dont 70 civils, selon un bilan invérifiable de l’Observatoire syrien pour les droits de l’Homme (OSDH) qui a annoncé que plus de 19 000 personnes avaient péri en 16 mois de révolte.
La situation aux frontières de la Syrie, dont les points d’entrée sont disputés entre l’armée syrienne et les groupes rebelles, suscite l’inquiétude dans les pays voisins, à l’instar d’Israël qui craint que des armes chimiques syriennes tombent aux mains du parti chiite Hezbollah ou de la Jordanie qui veut empêcher « toute sorte d’infiltrations » sur son territoire.
La Turquie, qui accueille des dizaines de milliers de réfugiés, a renforcé son dispositif le long de la frontière en déployant des batteries de missiles sol-air à Mardin (sud-est). La police turque a par ailleurs réprimé à coups de grenades lacrymogènes et de matraques les Syriens qui leur jetaient des pierres pour protester contre leurs conditions de vie dans le camp de réfugiés.
Les rebelles contrôlaient, au moment d’écrire ces lignes, un poste-frontière vital avec l’Irak, et trois avec la Turquie.
Sur le front diplomatique, la capitale du Qatar accueillait en soirée une réunion ministérielle du comité arabe de suivi sur la Syrie, le pouvoir du président, Bachar al-Assad, étant de plus en plus fragilisé après les violents combats à Damas et la mort la semaine dernière de quatre de ses proches collaborateurs.
Dans la capitale syrienne, où le régime a jeté ses unités d’élite dans la bataille selon des militants, les forces régulières, appuyées par des chars et des hélicoptères, ont notamment lancé une offensive contre les quartiers de Barzé (nord-est), Roukneddine (nord) et Mazzé, (ouest).
Les autorités ont en outre annoncé que l’armée avait « nettoyé » le quartier de Qaboune (est) et qu’un grand nombre de « terroristes » y avait été tué.
Selon l’OSDH, des dizaines de corps jonchaient encore les rues de certains quartiers de Damas, les rebelles ne pouvant les récupérer en raison de la présence de l’armée.
Les rebelles se battent depuis près d’une semaine pour la « libération » de Damas, mais l’armée a répliqué vendredi par une contre-offensive.
Hier, l’ASL, composée de déserteurs et de civils armés, a appelé à la « libération » d’Alep et s’est engagée à y protéger les minorités, notamment chrétiennes et alaouites.
Dans une vidéo postée sur YouTube, le colonel Abdel Jabbar al-Okaidi, commandant du conseil militaire de l’ASL pour la province d’Alep (nord), a affirmé que l’ASP avait jusqu’à présent « réussi à libérer la plupart des positions aux alentours d’Alep ».
Un nouveau front s’était ouvert vendredi dans cette ville, capitale économique de la Syrie, et des combats y opposent depuis plusieurs jours l’armée régulière à l’ASL qui a notamment pris le contrôle du quartier de Salaheddine. Selon un militant, l’ASL tient en outre partiellement les quartiers de Sahour (est), Hanano (est) et Sayf al-Dawla.
Des combats ont été également signalés dans l’est du pays, à Deir Ezzor et dans la localité de Boukamal, proche de la frontière avec l’Irak, ainsi qu’à Homs, dans le centre du pays, un des principaux foyers de la contestation.
Un militant du Golan qui s’est identifié comme Abou Mohamed a indiqué au téléphone à l’AFP que les forces du régime bombardaient depuis l’aube la localité de Jabata al-kachab, limitrophe du Golan occupé par Israël, où des déserteurs et des rebelles se sont regroupés.
Dans une tentative de montrer la stabilité du pouvoir, le premier ministre, Riad Hijab, a affirmé devant le parlement que la « priorité » de son gouvernement formé le 23 juin était la préservation de la sécurité. Et quatre jours après l’attentat qui a tué quatre hauts responsables de l’appareil de répression, le président Assad a reçu le général Ali Ayoub, nouveau chef d’état-major de l’armée. Ce dernier remplace Fahd al-Freij, nommé ministre de la Défense après la mort dans l’attentat du général Daoud Rajha.








