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Le régime syrien est frappé au coeur

Un attentat cause la mort de trois hauts responsables, dont le beau-frère d’Assad

De la fumée s’élève au-dessus de Damas. Une bombe a éclaté hier dans le bâtiment de la Sécurité nationale, au centre de la capitale syrienne.
Photo : Associated Press De la fumée s’élève au-dessus de Damas. Une bombe a éclaté hier dans le bâtiment de la Sécurité nationale, au centre de la capitale syrienne.

Le régime de Bachar al-Assad est ébranlé après un attentat en plein coeur de l’appareil sécuritaire de Damas hier. Trois hauts responsables, dont le beau-frère du président Assad, sont décédés.

 

Il s’agit du coup le plus percutant depuis le début de la révolte contre le régime en mars 2011.


La bombe a explosé hier dans le bâtiment de la Sécurité nationale à Damas, où se tenait une réunion du gouvernement et des responsables de la sécurité.


Le général Assef Chawkat, vice-ministre de la Défense et beau-frère du président syrien, a perdu la vie. Très proche du cercle présidentiel, le général a longtemps été responsable de la sécurité de la Syrie avant d’être nommé ambassadeur en Jordanie. Il était revenu au pays depuis peu, dans la foulée des révoltes qui soulèvent la Syrie.


À ses côtés ont péri le ministre de la Défense, le général Daoud Rajha, de même que le chef de la cellule de crise mise en place pour mater la révolte, le général Hassan Turkmani. Plusieurs autres officiels ont été blessés.


L’attentat survient au quatrième jour de combats entre la guérilla et l’armée, laquelle peine à reprendre le contrôle des faubourgs de Damas.

 

« Le début de la fin »


La télévision d’État a rapidement annoncé la nouvelle de l’attentat, qui a été attribué à un kamikaze. Mais le coup a été revendiqué peu après par les mutins de l’Armée syrienne libre (ASL) dont le chef, le colonel Riad el-Assaad, a démenti la thèse de l’attentat-suicide.


De son quartier général en Turquie, le chef de l’ASL a précisé que tous les auteurs étaient sains et saufs. Pour lui, cet attentat marque « le début de la fin pour le régime».

 

De mal en pis pour Assad


Le chef des rebelles ne semble pas être le seul à croire que cet attentat a fortement secoué le régime de Bachar al-Assad.


« Il est évident que le régime Assad est en train de perdre le contrôle de la Syrie », a soutenu le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain (NSC), Tommy Vietor.


Il a affirmé, par voie de communiqué, qu’une transition politique était urgente pour « éviter une guerre civile longue et sanglante ».


Selon lui, les mauvaises nouvelles se succèdent ces derniers temps pour le régime de Damas, avec des défections de plus en plus importantes et une opposition renforcée qui agit dans tout le pays.


« Nombreux sont les Syriens qui soutenaient auparavant le régime et qui voient désormais Assad comme le problème, pas la solution, tandis que les difficultés financières du régime continuent. Avec un régime Assad qui perd le contrôle [du pays], le temps est venu pour les Syriens et la communauté internationale de s’intéresser à l’après. »

 

Transition politique


Il affirme que Washington travaille avec ses partenaires internationaux dans le but d’arriver à une transition politique en Syrie. « Plus vite cette transition se produira, plus nous aurons de chances d’éviter une guerre civile longue et sanglante. »


En direct de la Maison-Blanche, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a partagé les appréhensions de son collègue du Conseil de sécurité nationale.


« Il est extrêmement important de travailler avec les autres pays qui partagent cette inquiétude afin de mettre le plus de pression possible sur Assad pour qu’il quitte le pouvoir et permette une transition pacifique. »

 

Vote à l’ONU reporté


En Europe, la chef de la diplomatie Catherine Ashton a condamné les attentats. Elle a appelé à une « action concertée du Conseil de sécurité de l’ONU et de la communauté internationale pour la mise en oeuvre du plan de paix de Kofi Annan », l’émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie.


Ce dernier a indiqué que « les violences commises [hier] soulignent l’urgence d’une action décisive du Conseil de sécurité ».


Un vote sur une résolution occidentale menaçant le régime syrien de sanctions était d’ailleurs prévu à l’ONU hier.


Mais à l’issue d’une consultation entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, il a été convenu que le vote serait reporté à ce matin.


Ces derniers espéraient en effet arriver à un compromis avec Moscou, qui opposait toujours son veto au texte occidental.


La Russie et la Chine, tous deux membres permanents du Conseil, ont, jusqu’à présent, bloqué toutes les résolutions condamnant la répression meurtrière du mouvement de contestation en Syrie.


À la suite des attentats, le président américain, Barack Obama, a publié un communiqué de presse dans lequel il affirme avoir discuté avec son homologue russe et s’être mis d’accord sur la nécessité d’une « transition politique » en Syrie malgré « les divergences d’approche » dans le dossier.


« Les deux présidents ont noté la hausse de la violence en Syrie et se sont mis d’accord sur la nécessité de soutenir une transition politique dès que possible, qui parvienne à notre objectif de mettre fin à la violence et d’éviter une nouvelle détérioration de la situation », peut-on lire dans le document émanant de la Maison-Blanche.


Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les violences ont fait plus de 17 000 morts, principalement des civils.

***


Avec l’Agence France-Presse, Libération et La Presse canadienne

 
 
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