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Manifestation monstre contre le nucléaire à Tokyo

Malgré l’opposition, le gouvernement japonais se prépare à redémarrer le second réacteur de la centrale d’Ohi

Quelque 200 000 personnes ont pris part à la manifestation, un record dans un pays où les gens sont d’ordinaire plutôt réservés.
Photo : Agence France-Presse Yoshikazu Tsuno Quelque 200 000 personnes ont pris part à la manifestation, un record dans un pays où les gens sont d’ordinaire plutôt réservés.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées hier dans un parc de Tokyo, se joignant au prix Nobel de littérature 1994 Kenzaburo Ôe et à la star japonaise Ryuichi Sakamoto pour demander l’abandon du nucléaire.


Cette manifestation s’est tenue alors que le Japon se prépare à redémarrer un autre réacteur dans sa centrale d’Ohi.


Le premier ministre Yoshihiko Noda avait annoncé le 16 juin la décision du gouvernement de remettre en service deux réacteurs de la centrale d’Ohi, affirmant qu’il s’agissait d’une nécessité économique. Il avait invoqué les risques de pénurie de courant durant l’été et ses répercussions sur l’économie et la vie de la population.


Avant le tsunami du 11 mars 2011 et l’accident consécutif à la centrale de Fukushima, le plus grave depuis celui de Tchernobyl en 1986, le Japon comptait 50 réacteurs en service. Avant le 1er juillet et le redémarrage d’un premier réacteur à la centrale d’Ohi, tous étaient à l’arrêt pour contrôle de sécurité, entretien programmé ou mis hors service par la catastrophe.


Le nucléaire, avant le tsunami de mars 2011, assurait environ 30 % de la production d’électricité au Japon.


Selon les organisateurs de la manifestation, l’événement a attiré 200 000 personnes dans le parc de Yoyogi, un record dans un pays où les gens sont d’ordinaire plutôt réservés. Le réacteur doit être remis en service d’ici la fin de la semaine.


Environ 150 000 habitants ont été évacués d’une zone de 20 km autour de la centrale de Fukushima. La catastrophe a profondément divisé le Japon, qui était jusqu’à présent à la fine pointe en matière de technologie nucléaire.


« Nous voulons vivre un monde sans nucléaire pour nos enfants », a confié Takeshi Shinoda, un employé d’hôpital accompagné de son fils de trois ans.


Les organisateurs ont précisé avoir réuni 7,4 millions de signatures pour une pétition demandant une sortie progressive du nucléaire.


Ryuichi Sakamoto a jugé ridicule de risquer la vie de la population pour de l’électricité. « La vie est plus importante que l’argent », a déclaré le musicien en japonais, avant d’ajouter en anglais : « Garder le silence après Fukushima est barbare. »


 
 
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