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Syrie - Les combats les plus violents depuis le début de la révolte font rage à Damas

Des observateurs de l’ONU se sont à nouveau rendus hier à Treimsa (notre photo), dans le centre de la Syrie, où, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, des bombardements et des combats ont fait jeudi dernier plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles.
Photo : Agence France-Presse D. Leal Olivas Des observateurs de l’ONU se sont à nouveau rendus hier à Treimsa (notre photo), dans le centre de la Syrie, où, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, des bombardements et des combats ont fait jeudi dernier plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles.

Damas - Des combats d’une violence sans précédent, selon une ONG syrienne, ont éclaté hier à Damas entre soldats et rebelles, 16 mois après le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad qui s’est militarisée au fil des mois face à une communauté internationale impuissante.


« L’armée régulière tire des obus de mortier contre plusieurs quartiers [où sont retranchés des rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL)] », a affirmé à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, ajoutant que « ça n’a jamais été aussi intense » à Damas.


Les combats se déroulent, notamment dans le sud de la capitale, également en proie à des bombardements de l’armée, selon l’OSDH, alors que des militants ont évoqué des « chars entrant dans le quartier al-Tadamone et des affrontements ». « Les combats les plus violents se sont produits dans les quartiers de Tadamone, Kafar Soussé, Nahr Aïcha, Sidi Qadad. Les forces de sécurité tentent de reprendre le contrôle de ces quartiers, mais n’y arrivent pas pour le moment », selon M. Abdel Rahmane.


Parallèlement des observateurs de l’ONU se sont à nouveau rendus hier à Treimsa, dans le centre de la Syrie, où selon l’OSDH, des bombardements et des combats ont fait jeudi dernier plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles.


L’opposition et une partie de la communauté internationale avaient qualifié de « massacre » cette opération.


La mission de l’ONU a indiqué hier dans un communiqué que « plus de 50 maisons ont été brûlées et/ou détruites » à Treimsa, faisant état de la présence de « mares de sang et de restes de cerveaux [humains] ».


Un dirigeant de l’ASL, Saleh al-Subaai, a été abattu par balles, a indiqué la mission, et un médecin et ses enfants ont été tués par la chute d’un obus de mortier sur leur maison.


Selon les 27 habitants interrogés par les observateurs, l’attaque a débuté à 5h jeudi par des bombardements puis des opérations au sol. Selon ces témoins, l’armée a mené des perquisitions maison par maison et procédé à des contrôles d’identité des hommes, dont plusieurs ont ensuite été tués ou emmenés hors du village.


L’OSDH avait indiqué que certains habitants ont été « exécutés sommairement » ou tués en tentant de fuir, et une trentaine de cadavres ont été brûlés.


Mais le régime syrien a à nouveau démenti avoir perpétré un massacre. Accusé par l’émissaire Kofi Annan d’avoir utilisé l’artillerie lourde à Treimsa, sur la base des conclusions des observateurs, Damas a nié tout recours aux hélicoptères ou aux chars dans son opération contre des « terroristes » dans cette localité.


Estimant que M. Annan s’était « précipité » et ne s’était pas « basé sur les faits », il a assuré qu’il n’y avait « pas eu de massacre » à Treimsa « mais des combats entre l’armée régulière et des groupes armés », faisant état de 39 morts, dont deux civils.


Des habitants ont raconté hier à un correspondant de l’AFP que des maisons avaient été visées, éventrées par les chars, puis pillées par les milices du régime et incendiées. « Ici, des gens ont été égorgés », a expliqué un homme faisant visiter la maison d’une famille connue pour son soutien aux rebelles syriens. A l’intérieur, de nombreux corps calcinés n’ont pas encore été enlevés.


Hier, les violences ont fait au moins 55 morts - 25 civils, 12 combattants rebelles et 18 soldats -, au lendemain de la mort de 115 personnes, selon l’OSDH.


Parmi les victimes figurent quatre civils tués par un obus qui s’est abattu sur leur maison à Rastane, selon l’OSDH.


Des vidéos ont montré des personnes évacuant des décombres le corps inerte d’une fillette, le visage en sang. « Regardez, celui-là est encore vivant, mon Dieu, aidez-nous », crie quelqu’un en montrant d’autres corps recouverts de poussière.


À Qousseir, contrôlée depuis des mois par l’ASL, après les bombardements intensifs des derniers jours, des résidents ont foré des abris dans leurs propres maisons ou commerces. « Avant, on s’abritait dans le sous-sol d’une école, mais les gens étaient tués avant d’y arriver », a expliqué Hussein, un militant, à un correspondant de l’AFP.

 

Annan en Russie


Dans l’espoir de redonner un élan diplomatique à son plan de paix, qui n’a jamais eu d’effet sur le terrain, Kofi Annan est attendu aujourd’hui à Moscou, où il doit rencontrer demain le président russe Vladimir Poutine, selon le Kremlin.


La Russie résiste fermement à toute intervention extérieure en Syrie et a bloqué jusqu’à présent tout projet de résolution condamnant la répression.


Une visite de Ban Ki-moon est prévue aussi la semaine prochaine en Chine, autre soutien de Damas auquel le secrétaire général de l’ONU a demandé « d’user de son influence » pour faire appliquer le plan Annan.


Le président américain, Barack Obama, ne doit pas attendre son éventuelle réélection en novembre pour agir en Syrie, a estimé sur la chaîne CNN Abdel Basset Sayda, chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition.


De son côté, l’Iran, principal allié de Damas dans la région, s’est dit prêt à organiser à Téhéran une rencontre entre gouvernement syrien et opposition.


Depuis le début de la révolte populaire en Syrie le 15 mars 2011, plus de 17 000 personnes, en majorité des civils, ont péri, selon l’OSDH.

***

Il s’agit d’une guerre civile, selon le CICR

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a confirmé hier qu’il considérait le conflit en Syrie comme une guerre civile, une classification permettant selon lui de faire valoir le droit international humanitaire dans tout le pays. « Nous parlons désormais d’un conflit armé non international [intérieur à la Syrie] », a expliqué le porte-parole du CICR, Hicham Hassan. Le « droit international humanitaire s’applique à toutes les zones où ont lieu des hostilités », a-t-il précisé. Les Conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels pourraient donc à ses yeux s’appliquer à la situation en Syrie, où les affrontements entre le régime alaouite et les insurgés ont fait selon l’opposition plus de 17 000 morts depuis le début du soulèvement. Les lois internationales en vigueur n’empêchent pas les parties à un conflit armé intérieur de recourir à la force pour atteindre leurs objectifs, mais toute attaque sur des civils (meurtre, torture, viol) ou des prisonniers pourra être poursuivie comme un crime de guerre.

 
 
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