Conférence de Tokyo - 16 milliards promis aux Afghans d’ici 2015
Le Canada versera 227 millions d’ici 2017 pour soutenir les droits des femmes
L’annonce de l’aide internationale a été faite dimanche, au terme d’une conférence d’un jour qui réunissait quelque 80 nations et organisations internationales à Tokyo pour discuter de l’avenir de l’Afghanistan après le retrait des forces de l’OTAN en 2014.
Plus tôt dans la journée, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait prévenu les bailleurs de fonds qu’un désengagement financier vis-à-vis de l’Afghanistan réduirait à néant les efforts menés depuis dix ans dans le pays.
Il a rappelé l’importance d’investir dans la gouvernance, la justice, les droits de la personne, l’emploi et le progrès social, sans oublier les besoins humanitaires de l’Afghanistan et des réfugiés.
Selon lui, il faut « faire plus pour les femmes et les enfants de ce pays, notamment dans le domaine de l’éducation des filles et de la participation des femmes à la vie politique ».
Le président Hamid Karzaï, avait également lancé un appel aux donateurs à ne pas abandonner son pays et demandait 4 milliards par année en aide civile, en plus des 4,1 milliards déjà promis lors de la conférence de Chicago pour les seules dépenses de sécurité.
La communauté internationale a répondu à l’appel et s’est engagée à hauteur de 16 milliards d’ici 2015. « Cette promesse répondra au montant que la Banque mondiale et le gouvernement afghan jugent nécessaire pour le développement du pays », a soutenu le ministre japonais des Affaires étrangères, Koichiro Gemba.
Le Canada s’est engagé à verser 227 millions entre 2014 et 2017. Cet argent servira principalement à des projets visant l’empowerment des femmes et des jeunes filles en matière d’éducation, de droits de la personne et d’aide humanitaire.
Cette aide s’ajoute aux 300 millions que le Canada a déjà promis entre 2011 et 2014.
« Le taux d’analphabétisme chez les femmes reste encore beaucoup plus élevé [que chez les hommes], malgré les progrès réalisés pendant la dernière décennie, et nous voulons qu’elles rattrapent leur recul », a soutenu le secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale, Chris Alexander, en marge de la conférence à Kyoto.
« Nous voulons accélérer le progrès parce que nous croyons qu’en les favorisant elles, nous favorisons la société afghane en entier. »
Chris Alexander a par ailleurs soutenu que le Canada et les autres pays donateurs allaient contrôler de près la façon dont l’argent allait être dépensé. « Cela est nécessaire, parce que les fonds sont substantiels et nous savons qu’il y a eu des ratés, pas nécessairement avec les dépenses canadiennes, mais liés à une partie de l’assistance financière qui a été reçue en Afghanistan. »
Le secrétaire parlementaire a ajouté que des vérifications ponctuelles étaient prévues pour s’assurer que l’argent se rend bien où il est attendu et ne se perd pas en corruption. « Si vous lisez la déclaration, les sujets sur lesquels la communauté internationale demande à l’Afghanistan de s’investir sont très clairs. Le premier, c’est la gouvernance. La deuxième, c’est une lutte sérieuse contre la corruption. Notre impression est que le président Karzaï et son équipe n’ont pas pris cet enjeu très au sérieux. Et il faut mettre un terme à cela. »
La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a précisé que les États-Unis, les plus grands donateurs, comptaient continuer de financer la reconstruction jusqu’en 2017. Elle a affirmé que l’avenir de l’Afghanistan appartenait à son peuple et à son gouvernement et elle a rappelé le rôle important des femmes dans le processus de stabilisation du pays. « Les États-Unis sont convaincus qu’aucune nation ne peut parvenir à la paix, la stabilité et la croissance économique si la moitié de sa population n’a pas de droits.
35 morts en Afghanistan
Pendant qu’à Tokyo, on discutait de l’avenir de l’Afghanistan, 28 civils ont perdu la vie à la suite de l’explosion d’une bombe artisanale à Kandahar, dans le sud du pays. Sept soldats américains de l’ISAF, la force armée de l’OTAN en Afghanistan, ont également été tués dans un attentat à la bombe artisanale dans l’est de l’Afghanistan.
Au moins 234 militaires de la coalition ont péri depuis le début de l’année. Du côté civil, on estime le nombre de décès à plus de 3000 pour l’année 2011, la plus meurtrière depuis le début du conflit en 2001.
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Vidéo d’une exécution
Une vidéo montrant l’exécution par balle d’une femme soupçonnée d’adultère dans un village à une centaine de kilomètres de Kaboul relance une nouvelle fois la polémique sur les avancées de la condition féminine en Afghanistan après dix années de présence internationale. Les images de la vidéo sont évidemment horribles. Dans un petit village de la province de Parwan, plusieurs dizaines d’hommes fixent la silhouette d’une femme recouverte d’un voile grisâtre, qui leur tourne le dos. Aux cris d’«Allah akbar» (Dieu est grand), un homme tire deux premiers coups en direction de la femme qu’il manque. Une troisième balle la touche à la tête. La victime s’écroule. Ce qui n’empêche pas son bourreau de faire feu à encore dix reprises sur son cadavre.
Agence France-Presse








