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Syrie - Assad accuse les États-Unis de soutenir les rebelles

Kofi Annan doit rencontrer aujourd’hui le président syrien pour trouver une issue au conflit

Le régime syrien a poursuivi ses manœuvres militaires hier. Les affrontements auraient fait au moins 99 morts.
Photo : Agence France-Presse Le régime syrien a poursuivi ses manœuvres militaires hier. Les affrontements auraient fait au moins 99 morts.
L’émissaire international Kofi Annan est arrivé à Damas hier où il doit notamment rencontrer le président syrien Bachar al-Assad pour tenter de trouver une issue au conflit en Syrie, qui a encore fait au moins 99 morts hier.

M. Assad a de son côté accusé les États-Unis d’être « partie prenante au conflit » et d’offrir « une protection et un soutien politique à ces bandes [de rebelle] pour déstabiliser la Syrie », dans une interview à la télévision publique allemande ARD.


Il tient donc les États-Unis pour responsables des victimes civiles du conflit qui sont le fait, selon lui, de ces bandes. « Tant que vous offrez une aide quelconque aux terroristes, vous êtes leur partenaire. Que ce soit par un envoi d’armes, d’argent ou un soutien politique aux Nations Unies », a affirmé le président syrien, qui en dépit de ces accusations, ne ferme pas la porte à un dialogue avec les États-Unis.


L’influent sénateur américain John McCain a en revanche regretté le « manque d’initiative » de l’administration de Barack Obama sur la Syrie, l’appelant à fournir des armes à l’opposition syrienne.


La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a appelé à une transition politique en Syrie pour éviter « une agression catastrophique ». Si les violences cessent et qu’une transition politique est engagée, « il y aura une chance d’épargner à la nation syrienne une agression catastrophique qui serait dangereuse pour le pays mais aussi pour la région », a insisté Mme Clinton devant la presse à Tokyo.


Mais elle a estimé que Damas freinait jusqu’à présent les efforts de M. Annan. « Il n’y a eu aucun mouvement du régime syrien pour respecter » le plan de M. Annan, a-t-elle insisté.


Dans une récente interview, l’émissaire international a lui-même reconnu que ses efforts avaient pour l’instant échoué et qu’il n’était pas garanti qu’ils aboutissent un jour. « L’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe est arrivé ce soir [dimanche] à Damas pour des entretiens avec le président Bachar al-Assad », a indiqué le porte-parole du diplomate sans autres précisions.


Il s’agit de la troisième visite de M. Annan en Syrie depuis qu’il a été désigné pour tenter de résoudre la crise en cours depuis mars 2011.


Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, a indiqué qu’il aurait « des discussions avec les responsables syriens au sujet de son plan » de sortie de crise.


Kofi Annan a prôné une implication de l’Iran, allié majeur de Damas, une idée à laquelle Américains et Européens se sont jusqu’à présent opposés, en raison notamment du conflit qui les oppose à Téhéran sur son programme nucléaire.


L’Iran « a fourni des suggestions à Kofi Annan » a indiqué hier le vice-ministre des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian, estimant qu’une « intervention militaire en Syrie n’est pas probable et si cela devait arriver ce serait stupide. La Syrie peut se défendre seule sans l’aide de l’Iran. Toute solution non politique serait catastrophique pour l’ensemble de la région ».


Il a qualifié hier de « farce » l’idée de faire démissionner par la force ou de contraindre à l’exil le président syrien. « L’Iran approuve les plans de réforme de M. Assad et les négociations ayant pour but de le forcer à l’exil sont une farce », a déclaré Hossein Amir Abdollahian.


La marine syrienne a entamé des manoeuvres au cours du week-end, lançant des missiles depuis la terre et la mer dans le but de « simuler un scénario de défense en cas d’attaque surprise depuis la mer », a indiqué hier l’agence officielle Sana.


Sur le terrain, l’armée syrienne a repris ses bombardements dans l’est et le nord du pays, et a lancé des attaques coordonnées sur Qousseir et Rastane, deux bastions rebelles dans la province de Homs, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).


Au total, les violences ont fait au moins 99 morts hier, a ajouté l’OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni qui s’appuie sur un réseau de militants et de témoins. Avant l’aube, de violents combats ont opposé soldats et rebelles aux alentours de Qousseir, près de la frontière libanaise, tandis que l’armée pilonnait la ville et les villages environnants, a déclaré à l’AFP le chef de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Selon un correspondant de l’AFP sur place, l’offensive a commencé samedi après-midi contre les lignes de défense établies par l’Armée syrienne libre (ASL) à Qousseir.


À Rastane, les forces gouvernementales ont également dû reculer face à la résistance des rebelles, selon l’OSDH. Dans le reste du pays, cinq civils dont trois enfants ont péri dans des bombardements dans la province de Deir Ezzor, et six autres ont été tués par des tirs dans le village de Sahel al-Ghad, selon la même source.


Depuis le début de la révolte en mars 2011, les violences ont fait plus de 17 000 morts, dont près des deux-tiers des civils non-combattants. Paradoxalement, 6 000 personnes sont décédées depuis l’entrée en vigueur officielle, le 12 avril, du cessez-le-feu prévu par le plan Annan.

 
 
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