Syrie - Human Rights Watch dénonce l'«archipel des tortures»
L'organisme affirme avoir identifié 27 centres de torture au pays
Beyrouth – L'organisation humanitaire Human Rights Watch a affirmé aujourd'hui avoir identifié 27 centres de torture en Syrie, en se basant sur des témoignages d'anciens détenus et de déserteurs.
« Les services de renseignement dirigent un "archipel de torture" disséminés dans tout le pays », a déclaré Ole Solvang, chercheur chez Human Rights Watch, dans un communiqué.
« La récurrence systématique des mauvais traitements et des actes de torture documentés par Human Rights Watch laisse clairement entrevoir l'existence d'une politique d'État de mauvais traitements et de torture, ce qui constitue un crime contre l'humanité », affirme l'organisation. « Les personnes en charge de ces actes [...] auront à répondre de ces horribles crimes », ajoute Human Rights Watch.
Alors que des personnalités de l'opposition syrienne étaient réunies aujourd'hui au Caire pour appeler la communauté internationale à agir afin de sauver la population de Homs, les forces gouvernementales ont continué à bombarder des quartiers de la ville, ainsi que les localités de Talbiseh et Rastan, plus au nord.
Selon des militants de l'opposition, au moins 25 civils ont été tués aujourd'hui dans le pays, dont trois à Homs et neuf dans la banlieue de Damas.
Des regrets, mais pas d'excuses
Par ailleurs, le président syrien Bachar al-Assad regrette qu'un avion de chasse turc ait été abattu le 22 juin par les forces syriennes. Dans un entretien publié aujourd'hui par le journal turc Cumhuriyet, il assure ne pas souhaiter que les tensions entre les deux pays voisins tournent au « conflit armé ».
La Syrie affirme que l'avion turc a violé son espace aérien. Selon Ankara, l'appareil s'est égaré involontairement dans l'espace aérien de la Syrie, mais il était dans l'espace aérien international quand il a été abattu.
Bachar al-Assad n'a présenté aucune excuse pour cette attaque lors de l'entretien, qui a été réalisé dimanche. Il réaffirme que l'appareil se trouvait dans l'espace aérien syrien et que ses troupes ont agi par légitime défense. « L'avion était dans le même couloir aérien que celui utilisé par des avions israéliens à trois reprises par le passé », en 2007, justifie-t-il.
Ils avaient alors bombardé un bâtiment en construction en Syrie. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait précisé qu'il s'agissait d'un réacteur destiné à produire du plutonium dont la construction s'achevait.
« Les soldats l'ont abattu parce que nous ne l'avions pas vu sur nos radars et n'avions pas été informés de sa présence », poursuit le président syrien, affirmant regretter « à 100% » qu'il ait été abattu. « Nous ne permettrons pas que (cet incident) ne tourne au conflit armé, ce qui porterait atteinte aux deux pays ». Et de rappeler que la Syrie n'avait pas renforcé ses troupes à la frontière turque et n'avait pas l'intention de le faire.
Une semaine après les faits, la Turquie a déployé des batteries anti-aériennes et d'autres armes le long de sa frontière avec la Syrie. Bachar al-Assad a ajouté que son pays « se serait excusé » pour cette attaque si elle ne s'était pas déroulée dans l'espace syrien. « Nous sommes en état de guerre, donc tout avion non identifié est considéré comme étant un avion ennemi. Permettez-moi de le redire: nous n'avions pas la moindre idée de son origine lorsque nous avons abattu » le F-4.
La Turquie a de son côté affirmé que les signaux électroniques de l'appareil étaient activés pendant tout le vol et que des conversations radios des forces syriennes faisant référence à l'avion avaient été interceptées. Citant des sources au sein des services de renseignement, le journal « Hurriyet » avait rapporté la semaine dernière que Damas avait fait référence à l'appareil en utilisant le mot turc pour « voisin ».
S'exprimant pour la première fois depuis la conférence de Genève et l'adoption d'un plan sur une transition politique en Syrie, Bachar al-Assad s'est dit « satisfait » que le groupe d'action ait précisé que c'était au peuple syrien de parvenir à un règlement politique. Le document appelle à la mise en place d'un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs. Mais, à la demande de Moscou, le compromis n'exige pas le départ de Bachar al-Assad qui pourrait participer à l'administration provisoire. « Le peuple syrien décidera de tout », commente le président.
Le conflit en Syrie a fait plus de 14 000 morts depuis la naissance en mars 2011 du mouvement de contestation, réprimé dans le sang par Damas, selon les estimations de l'opposition. La situation a encore dégénéré ces derniers mois avec des affrontements entre troupes syriennes et insurgés.
La vidéo de l'organisme Human Right Watch (en anglais):
Par Selcan Hacaoglu et Zeina Karam
« Les services de renseignement dirigent un "archipel de torture" disséminés dans tout le pays », a déclaré Ole Solvang, chercheur chez Human Rights Watch, dans un communiqué.
« La récurrence systématique des mauvais traitements et des actes de torture documentés par Human Rights Watch laisse clairement entrevoir l'existence d'une politique d'État de mauvais traitements et de torture, ce qui constitue un crime contre l'humanité », affirme l'organisation. « Les personnes en charge de ces actes [...] auront à répondre de ces horribles crimes », ajoute Human Rights Watch.
Alors que des personnalités de l'opposition syrienne étaient réunies aujourd'hui au Caire pour appeler la communauté internationale à agir afin de sauver la population de Homs, les forces gouvernementales ont continué à bombarder des quartiers de la ville, ainsi que les localités de Talbiseh et Rastan, plus au nord.
Selon des militants de l'opposition, au moins 25 civils ont été tués aujourd'hui dans le pays, dont trois à Homs et neuf dans la banlieue de Damas.
Des regrets, mais pas d'excuses
Par ailleurs, le président syrien Bachar al-Assad regrette qu'un avion de chasse turc ait été abattu le 22 juin par les forces syriennes. Dans un entretien publié aujourd'hui par le journal turc Cumhuriyet, il assure ne pas souhaiter que les tensions entre les deux pays voisins tournent au « conflit armé ».
La Syrie affirme que l'avion turc a violé son espace aérien. Selon Ankara, l'appareil s'est égaré involontairement dans l'espace aérien de la Syrie, mais il était dans l'espace aérien international quand il a été abattu.
Bachar al-Assad n'a présenté aucune excuse pour cette attaque lors de l'entretien, qui a été réalisé dimanche. Il réaffirme que l'appareil se trouvait dans l'espace aérien syrien et que ses troupes ont agi par légitime défense. « L'avion était dans le même couloir aérien que celui utilisé par des avions israéliens à trois reprises par le passé », en 2007, justifie-t-il.
Ils avaient alors bombardé un bâtiment en construction en Syrie. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait précisé qu'il s'agissait d'un réacteur destiné à produire du plutonium dont la construction s'achevait.
« Les soldats l'ont abattu parce que nous ne l'avions pas vu sur nos radars et n'avions pas été informés de sa présence », poursuit le président syrien, affirmant regretter « à 100% » qu'il ait été abattu. « Nous ne permettrons pas que (cet incident) ne tourne au conflit armé, ce qui porterait atteinte aux deux pays ». Et de rappeler que la Syrie n'avait pas renforcé ses troupes à la frontière turque et n'avait pas l'intention de le faire.
Une semaine après les faits, la Turquie a déployé des batteries anti-aériennes et d'autres armes le long de sa frontière avec la Syrie. Bachar al-Assad a ajouté que son pays « se serait excusé » pour cette attaque si elle ne s'était pas déroulée dans l'espace syrien. « Nous sommes en état de guerre, donc tout avion non identifié est considéré comme étant un avion ennemi. Permettez-moi de le redire: nous n'avions pas la moindre idée de son origine lorsque nous avons abattu » le F-4.
La Turquie a de son côté affirmé que les signaux électroniques de l'appareil étaient activés pendant tout le vol et que des conversations radios des forces syriennes faisant référence à l'avion avaient été interceptées. Citant des sources au sein des services de renseignement, le journal « Hurriyet » avait rapporté la semaine dernière que Damas avait fait référence à l'appareil en utilisant le mot turc pour « voisin ».
S'exprimant pour la première fois depuis la conférence de Genève et l'adoption d'un plan sur une transition politique en Syrie, Bachar al-Assad s'est dit « satisfait » que le groupe d'action ait précisé que c'était au peuple syrien de parvenir à un règlement politique. Le document appelle à la mise en place d'un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs. Mais, à la demande de Moscou, le compromis n'exige pas le départ de Bachar al-Assad qui pourrait participer à l'administration provisoire. « Le peuple syrien décidera de tout », commente le président.
Le conflit en Syrie a fait plus de 14 000 morts depuis la naissance en mars 2011 du mouvement de contestation, réprimé dans le sang par Damas, selon les estimations de l'opposition. La situation a encore dégénéré ces derniers mois avec des affrontements entre troupes syriennes et insurgés.
La vidéo de l'organisme Human Right Watch (en anglais):
Par Selcan Hacaoglu et Zeina Karam








