Syrie: l'opposition rejette le plan de transition politique
Hier à Genève, les chefs de la diplomatie du Groupe d’action pour la Syrie, qui réunit les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, la Turquie et des représentants de la Ligue arabe, ont approuvé le plan de transition préparé par Kofi Annan, émissaire conjoint de l’ONU et de la Ligue arabe.
Ce gouvernement de transition, doté des pleins pouvoirs exécutifs, superviserait l’élaboration d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’élections. Mais le document final, non contraignant et sans calendrier d’application, n’exige pas le départ préalable du fils d’Hafez al-Assad. Traditionnel allié de Damas, Moscou s’y est opposé, rejetant toute formulation permettant d’exclure le chef d’État syrien et les dirigeants de son régime.
« C’est au peuple syrien de parvenir à un règlement politique », a constaté Kofi Annan. Plus optimiste, la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton a voulu croire que le texte adopté à Genève « ouvre la voie à un (gouvernement) post-Assad ».
«Bachir al-Assad, à terme, c’est fini », dit Fabius
Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius fait la même analyse, estimant que «Bachir al-Assad, à terme, c’est fini ». Fruit d’un accord « unanime » entre les diplomates du Groupe d’action sur la Syrie, dont la Russie et la Chine, ce texte « dit précisément qu’il y aura un gouvernement de transition qui aura tous les pouvoirs », a-t-il noté dimanche sur TF1.
«Il est dit que (ses membres) feront l’objet d’un consentement mutuel. Jamais l’opposition ne va accepter Bachir al-Assad. Donc, ça signifie implicitement que Bachir al-Assad doit partir », a-t-il estimé.
Bassam Kodmani, une porte-parole du Conseil national syrien (CNS), un des principaux mouvements d’opposition, a de son côté critiqué un accord « ambigu », déplorant aujourd’hui l’absence de calendrier et d’une feuille de route pour son application. «On ne peut pas dire aujourd’hui qu’il y ait un quelconque résultat positif. Les Syriens n’accepteront pas de s’engager sur une quelconque voie politique alors que les massacres continuent », a-t-elle fait valoir.
Haitham Maleh, une des figures historiques de l’opposition syrienne, a lui dénoncé une « perte de temps », promettant de ne pas s’asseoir à la même table que le président Assad ou des membres de son régime « assassin ». Pour elle, l’accord de Genève n’a « aucune valeur sur le terrain », où les violences se poursuivent.
D’après une estimation du CNS rendue publique aujourd’hui, près de 800 personnes ont ainsi été tuées en Syrie au cours de la semaine écoulée, un bilan qui n’a pas pu être confirmé de source indépendante.
La plupart des victimes ont été tuées lors de bombardements par des blindés et hélicoptères des forces syriennes, accuse le CNS. Khalil al-Hadj Saleh, un membre des Comités locaux de coordination, juge ce bilan « réaliste » au vu des violences intervenues.
Le régime alaouite mène une répression meurtrière contre le mouvement de contestation né en mars 2011. La situation a encore dégénéré ces derniers mois avec des affrontements entre forces gouvernementales et insurgés. D’après l’opposition syrienne, plus de 14 000 personnes ont été tuées depuis 16 mois.








