Égypte - L’état de santé de Moubarak se dégrade rapidement
Un peu plus de deux semaines après sa condamnation à perpétuité pour la mort de manifestants durant le soulèvement qui l’a renversé en février 2011, M. Moubarak, 84 ans, est « cliniquement mort », selon la Mena.
« Son coeur a arrêté de battre et il a été soumis à un défibrillateur plus d’une fois, mais il n’a pas réagi », a-t-elle ajouté.
Mais un peu plus tard, une source médicale a indiqué qu’il était dans le coma. « Les médecins tentent de le ranimer. Il a été mis sous appareil respiratoire », a-t-elle précisé.
L’ancien président avait auparavant transféré en ambulance de l’aile médicalisée de la prison de Tora, dans le sud du Caire, vers l’hôpital militaire de Maadi, à quelques kilomètres de là.
L’agence Mena avait un peu plus tôt rapporté qu’il avait été victime d’une attaque cérébrale après une rapide dégradation de son état de santé.
« Le coeur de l’ancien président Hosni Moubarak […] s’est arrêté et il a été soigné à l’aide d’un défibrillateur », selon l’agence, en ajoutant que son « état de santé est entré dans une phase grave ». M. Moubarak avait déjà subi le 11 juin une défibrillation à deux reprises après des arrêts cardiaques.
La santé de M. Moubarak aurait commencé à décliner après son incarcération, des sources de sécurité faisant état de dépression aiguë, de difficultés respiratoires et d’hypertension.
Cette annonce survient alors que des milliers d’Égyptiens manifestaient place Tahrir au Caire pour dénoncer le « coup constitutionnel » des militaires au pouvoir, qui viennent de s’octroyer de vastes prérogatives leur permettant de rester aux commandes quelle que soit l’issue de l’élection présidentielle.
Les deux protagonistes du vote qui s’est achevé dimanche, le Frère musulman Mohammed Morsi et l’ancien premier ministre d’Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq, assurent chacun avoir gagné, en attendant les résultats officiels demain.
Les appels à manifester ont été lancés par des organisations de jeunes militants pro-démocratie rejoints par les Frères musulmans, première force politique d’Égypte et rivaux historiques des militaires qui dominent le système depuis la chute de la monarchie en 1952.
Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis le départ en février 2011 de Moubarak, a confirmé lundi sa volonté de remettre l’exécutif au futur président avant la fin juin.
Mais le prochain chef de l’État se trouvera en pratique dans l’incapacité de faire passer la moindre loi sans l’assentiment des militaires, qui ont décidé de récupérer à leur compte le pouvoir législatif à la suite de la dissolution de l’Assemblée du peuple, dominée par les islamistes.
Coquille vide
Cette dissolution a été prononcée samedi par l’armée sur la base d’une décision de justice invalidant le mode de scrutin des législatives (novembre-janvier) et une nouvelle assemblée ne devrait pas être élue avant la fin de l’année.
L’armée se réserve aussi le droit d’intervenir dans le processus de rédaction de la future Constitution selon la Déclaration constitutionnelle complémentaire publiée dimanche par le CSFA, au moment où les urnes fermaient pour le second tour de la présidentielle.
M. Morsi a revendiqué dès lundi la victoire à la présidentielle sur la base de résultats provisoires qui lui donneraient 52 % des voix. Mais le camp opposé a vivement protesté, assurant que M. Chafiq, général à la retraite, était en tête.








