L’opposition syrienne appelle à une résolution contraignante
Homs pilonnée de nouveau
Cette demande intervient à la veille de l’ouverture du sommet du G20 au Mexique, où la Syrie sera au coeur des discussions du président américain Barack Obama avec ses homologues russe Vladimir Poutine et chinois Hu Jintao, deux alliés de Damas qui bloquent toute action contre le régime syrien à l’ONU.
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a lancé dimanche un appel pressant à sauver Homs et d’autres villes de Syrie des « atrocités » du régime, et renouvelé sa demande de vote d’une résolution de l’ONU contraignant Damas à cesser la répression.
« Le pays est soumis à une violente attaque, spécialement Homs [...] et ce régime criminel tente toujours de commettre des atrocités », y compris dans d’autres villes comme Rastane et Alep, a déclaré à la presse le président du CNS, Abdel Basset Sayda.
« La ville [de Homs] est laissée sans vivres, sans électricité, sans eau, et sans moyens de communication », a insisté la porte-parole du CNS, Bassma Kodmani. « Nous demandons une intervention humanitaire immédiate en faveur du peuple syrien ».
M. Sayda et Mme Kodmani ont réitéré l’appel lancé à l’ONU quelques heures plus tôt par le CNS lui demandant d’adopter une résolution en vertu du chapitre vii de sa charte, pour forcer le régime à cesser la répression et à appliquer le plan de sortie de crise de l’émissaire Kofi Annan.
Après l’annonce de la suspension de la mission des observateurs de l’ONU en Syrie, « la nouvelle étape doit être une résolution selon le chapitre vii qui autorise l’utilisation de tous les moyens légitimes, coercitifs, l’embargo sur les armes, de même que l’utilisation de la force, pour obliger le régime à se soumettre » à ses obligations, a déclaré Mme Kodmani.
Le chef de la mission de l’ONU en Syrie, Robert Mood, a annoncé samedi la suspension des opérations de ses 300 observateurs en raison de « l’intensification de la violence », qui « limite [la] capacité [des observateurs] à observer, vérifier et rapporter les faits ».
Pilonnage de Homs
L’armée syrienne a repris hier son pilonnage violent du bastion rebelle de Homs, ont annoncé des militants en disant manquer de nourriture et d’eau et craindre « un massacre » en cas d’assaut alors que les violences ont encore fait au moins 37 morts dont 13 soldats à travers le pays hier.
Les violences avaient fait la veille 69 morts à travers le pays, d’après l’OSDH.
Non loin de Homs, la plupart des habitants de Rastane ont fui vers les villages voisins, a affirmé le militant Nidal al-Hakem joint via Skype par l’AFP. Selon lui, la plupart des blessés sont dans un « état critique » et il y a une pénurie de médicaments.
Le quotidien Al-Watan, proche du pouvoir, a de son côté indiqué dimanche que « l’armée et les services de sécurité [avaient] déjoué vendredi soir des tentatives de groupes terroristes d’entrer dans Damas », où les services de sécurité ont multiplié les barrages et les contrôles.
« Des accrochages se sont déroulés depuis la Ghouta orientale [près de Damas] jusqu’à la ville de Douma, qui abrite de nombreux gangs d’hommes armés », a précisé le quotidien. « L’armée a infligé des pertes sévères à tous ceux qui pensaient se rendre à Damas », en état de siège.
En outre, les médias officiels ont annoncé « la mort du terroriste Walid Ahmad al-Ayech, qui a supervisé toutes les voitures piégées ayant explosé à Damas » ces derniers mois, causant des dizaines de morts.
Les services de sécurité, aidés par les habitants, ont pris d’assaut « un refuge de terroristes dans la province de Damas et l’ont tué », selon ces médias.








