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    Syrie : Occident et Russie à couteaux tirés

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	Mardi soir, la capitale, Damas, a été le théâtre de manifestations d’opposants.</div>
    Photo : Agence Reuters
    Mardi soir, la capitale, Damas, a été le théâtre de manifestations d’opposants.
    Alors qu’une cinquantaine de Syriens perdaient la vie hier, les Occidentaux et la Russie ont une nouvelle fois étalé leurs divergences sur la crise en Syrie, où les forces du régime tentent de reprendre les bastions rebelles au moyen d’intenses bombardements comme à Haffé.


    Après le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé que la Syrie se trouvait en situation de guerre civile. Mais le régime de Bachar al-Assad comme un groupe de l’opposition ont réfuté cette description.
     
    Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, dont le pays est un allié du pouvoir syrien, a pour sa part accusé les États-Unis de livrer des armes à des « pays de la région », lors d’une visite en Iran, autre fervent défenseur du régime Assad, confronté depuis 15 mois à une révolte populaire réprimée dans le sang. « Nous ne livrons ni en Syrie, ni ailleurs de choses qui soient utilisées dans la lutte contre des manifestants pacifiques, contrairement aux États-Unis eux-mêmes qui livrent régulièrement dans des pays de la région de tels équipements spéciaux », a déclaré M. Lavrov.
     
    Le ministre russe réagissait aux propos de la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, qui avait exprimé mardi l’inquiétude des États-Unis sur « l’envoi d’hélicoptères d’attaque vers la Syrie depuis la Russie, ce qui va provoquer une intensification assez dramatique du conflit ». Mme Clinton est revenue à la charge hier en appelant Moscou à cesser de livrer des armes à Damas, avertissant que la spirale de la violence entraînait la Syrie tout droit vers la guerre civile.
     
    Guerre civile ou pas

    Occidentaux et Russes conviennent de la nécessité d’appliquer le plan de l’émissaire international Kofi Annan, qui prévoit un cessez-le-feu et un dialogue national, mais est resté lettre morte. Moscou rejette toute ingérence et tout changement de régime imposé en Syrie alors que l’Occident réclame le départ de M. Assad et décide de sanctions.
     
    À Paris, M. Fabius a lui aussi demandé l’arrêt total des exportations d’armes à Damas. Il a annoncé que son pays allait proposer au Conseil de sécurité de l’ONU de rendre obligatoires les dispositions du plan Annan, en ayant recours au chapitre vii, qui ouvre la porte à des sanctions et même à l’usage de la force. La Russie et la Chine se sont jusqu’à présent opposées à toute action contre le régime syrien à l’ONU.
     
    M. Fabius a en outre estimé que la Syrie se trouvait en situation de guerre civile en faisant valoir : « Des groupes appartenant à un même peuple se déchirent et s’entretuent.

    Pendant ce temps, les opérations de répression et les combats entre soldats et rebelles ont fait 50 morts hier, 40 civils et dix soldats, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
     
    Les forces du régime ont accentué leurs attaques contre plusieurs localités où sont retranchés les rebelles, en les soumettant à des bombardements à l’artillerie lourde, avant de lancer des assauts.

    Après huit jours de bombardements sans répit, l’armée a pris le contrôle de Haffé à Lattaquié, où l’OSDH a parlé d’un repli tactique des rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) pour épargner la vie de civils. Les autorités ont demandé aux observateurs de l’ONU, empêchés d’y parvenir la veille par des partisans de M. Assad, de s’y rendre pour vérifier les faits sur le terrain. Mais selon un militant à Lattaquié, après le retrait des rebelles, les chabbiha, les miliciens pro-régime, ont pillé cette localité proche de Qardaha, ville natale de M. Assad.
     
    À Deir Ezzor, l’armée, appuyée par des hélicoptères, continue de pilonner à l’artillerie lourde des quartiers tenus par les rebelles, et des unités s’affrontaient aux insurgés dans d’autres, a ajouté l’Observatoire. Plusieurs secteurs de Homs ont aussi été la cible d’obus et le théâtre de violents combats entre soldats et insurgés.
     
     
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