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La Russie adopte une loi anti-manifestations

Le Kremlin a commencé à réprimer plus sévèrement les manifestations depuis le retour à la présidence de Vladimir Poutine en mai.<br />
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Photo : La Presse canadienne (photo) AP Photo/RIA Novosti, Alexei Druzhinin, Government Press Service Le Kremlin a commencé à réprimer plus sévèrement les manifestations depuis le retour à la présidence de Vladimir Poutine en mai.



Moscou – La chambre haute du Parlement russe a approuvé aujourd'hui une loi anti-manifestations multipliant par 150 l'amende prévue pour toute participation à un rassemblement non autorisé. Le texte devrait être promulgué par le président Poutine avant la grande manifestation prévue par l'opposition à Moscou mardi prochain.

Le Kremlin a commencé à réprimer plus sévèrement les manifestations depuis le retour à la présidence de Vladimir Poutine en mai. Il avait dirigé le pays de 2000 à 2008 avant de devenir premier ministre de Dimitri Medvedev pendant quatre ans pour cause de limite constitutionnelle du nombre de mandats présidentiels consécutifs.
 

L'opposition a mobilisé les foules les plus nombreuses depuis la fin de l'Union soviétique lors de manifestations contre la mainmise de Vladimir Poutine sur le pays et la victoire de son parti aux élections législatives de décembre entachées d'irrégularités. La nouvelle loi apparait donc comme un nouvel instrument de répression.
 

Le Conseil de la Fédération l'a approuvée par 132 voix contre une aujourd'hui, après un rapide débat. La seule voix contre a été exprimée par la mère d'Ilia Ponomarev, un député de l'opposition qui a participé aux manifestations anti-Poutine.
 

La chambre basse du Parlement, la douma, avait débattu pendant onze heures mardi avant que Russie Unie, le parti au pouvoir, n'arrive à imposer le texte mardi vers minuit. L'opposition avait déposé des centaines d'amendements, signe d'un regain de résistance face au Kremlin.
 

Avec cette loi, l'amende maximum va passer de 2000 roubles actuellement à 300 000 roubles (environ 7300 euros; 9000 dollars), ce qui la situe, financièrement parlant, entre le non-respect des mesures de sécurité dans la conception, la construction ou le fonctionnement d'installations nucléaires présentant un risque de fuites radioactives ou autre (200 000 roubles) et la prostitution organisée (500 000 roubles ou trois ans de prison).
 

À titre de comparaison, la prostitution est passible d'une amende de 2500 roubles (61 euros; 75 dollars) et le fait de pratiquer un avortement sans diplôme de médecine de 80 000 roubles (1960 euros; 2400 dollars).
 

Sergueï Lissovsky, l'un des rares membres de la chambre haute ayant critiqué la nouvelle loi, a estimé qu'elle sanctionnait les manifestants de façon disproportionnée sans durcir la répression des brutalités policières. «Nous parlons de citoyens de notre pays et nous devons les écouter. Où est la responsabilité pour la police, qui peut potentiellement causer plus de tort à notre société?»
 

Alexeï Koudrine, ancien vice-premier ministre qui a dit comprendre les manifestations à l'hiver dernier mais conserve des liens forts avec Vladimir Poutine, a jugé dans un communiqué mercredi que cette loi violait la liberté constitutionnelle de réunion et appelé à sa révision.
 

L'organisateur de la manifestation prévue pour mardi à Moscou, Alexeï Navalny, l'un des chefs de file de l'opposition, a écrit sur son blog mercredi que les autorités de la capitale avaient refusé que la marche passe par la rue Tverskaïa, au motif que le centre-ville serait réservé aux célébrations de la fête nationale le 12 juin.


Navalny a estimé que les autorités moscovites et la police «faisaient de leur mieux pour provoquer un conflit» en refusant le permis de défiler. Il a ajouté que l'opposition accepterait n'importe quel parcours intra-muros mais qu'elle manifesterait avec ou sans autorisation. 

 
 
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