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L’extradition d’Assange validée, mais retardée

Julian Assange
Photo : Agence Reuters Julian Assange
La décision devait marquer la fin de la longue saga judiciaire de Julian Assange au Royaume-Uni. La Cour suprême, l’ultime instance judiciaire britannique, a en effet rejeté hier l’appel du fondateur de WikiLeaks et confirmé son extradition vers la Suède. Cette dernière le réclame depuis dix-huit mois pour l’interroger sur des accusations de viols et d’agressions sexuelles sur deux Suédoises. L’Australien dément catégoriquement ces agressions, qui, selon les accusatrices, auraient été commises en août 2010 à Stockholm.

Or, à la surprise générale, les juges ont accordé à la défense de Julian Assange 14 jours supplémentaires pour présenter un recours contre leur jugement. Cette décision représente une première et, si le recours était accordé, il pourrait entraîner l’audience d’un nouvel appel. Ce qui repousserait une fois de plus une extradition vers la Suède. Pourquoi ce nouveau délai hairSpace;?


Les avocats de Julian Assange ont argué que la décision des sept juges reposait sur un point qui n’avait pas été discuté au cours des audiences précédentes. Le jugement de la Cour suprême fait référence à plusieurs reprises à la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités. Or cette convention n’avait pas été évoquée au cours des échanges devant la cour en février.


Les juges ont notamment fondé leur décision, adoptée à cinq voix contre deux, sur l’interprétation du terme «autorités judiciaires». Les magistrats ont estimé que cette appellation englobait aussi bien un tribunal, un juge ou un procureur. Alors que la défense de Julian Assange avait estimé qu’elle ne s’appliquait qu’à un tribunal ou un juge. Or, c’est une procureure suédoise, Marianne Nye, qui a réclamé l’extradition de Julian Assange.


Ce dernier estime que les accusations dont il est l’objet sont le résultat d’une campagne de harassement menée par les Etats-Unis notamment après la publication par WikiLeaks de milliers de câbles diplomatiques confidentiels.


La procédure «technique» d’extradition ne pourra être entamée qu’après le délai de quatorze jours accordé par la Cour suprême pour un éventuel recours, donc pas avant le 13 juin. Ce qui signifie que Julian Assange, 40 ans, ne devrait pas quitter le Royaume-Uni avant la mi-juin, au moins. Mais, si le recours exceptionnel était jugé recevable et un nouvel appel accordé, toute éventuelle extradition serait alors repoussée de plusieurs mois.


Julian Assange peut encore contester la décision britannique devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Une fois le demande d’appel déposée, la cour devrait juger recevable ou non cet appel dans un délai moyen de deux semaines. Les avocats de Julian Assange, qui n’a, pour la première fois depuis le début de la procédure, pas assisté à l’audience - il était bloqué dans les embouteillages, selon ses défenseurs - ont d’ores et déjà annoncé qu’ils feraient appel devant la CEDH. Il semble donc que les autorités suédoises devront encore attendre quelques semaines, au moins, avant d’accueillir sur leur sol Julian Assange.

 
 
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