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Paix, prospérité, loi et ordre

Le calendrier diplomatique sera chargé au cours des prochains jours. Plusieurs grandes rencontres internationales sont prévues, notamment aux États-Unis. Le sommet du G8 aura lieu à Camp David dans le Maryland demain et samedi. Celui de l’OTAN se déroulera tout de suite après à Chicago, le fief politique de Barack Obama.


On peut trouver bizarre que la rencontre des dirigeants de l’Alliance atlantique, un regroupement à vocation militaire, ait lieu au centre-ville d’une grande métropole régionale tandis qu’une conférence sur l’économie et les politiques sociales, sujets normalement débattus au grand jour, se déroule loin des regards dans le périmètre ultrasécurisé de Camp David.


À l’origine, on avait prévu de tenir les deux sommets à Chicago.


Il y a une demi-douzaine d’années, les manifestants auraient probablement été très nombreux à conspuer les leaders de l’OTAN à cause de la guerre en Afghanistan et surtout ceux des États-Unis et du Royaume-Uni en raison du conflit en Irak. Aujourd’hui, les puissances occidentales se désengagent de ces deux guerres qui ont déjà coûté 1333 milliards de dollars aux seuls contribuables américains et elles rechignent à entreprendre de nouvelles aventures militaires.


À l’heure actuelle, ce sont plutôt le choc des idéologies économiques et la concurrence entre les remèdes prescrits pour juguler la crise financière qui prennent des allures de guerre et qui font sortir les gens dans la rue. Le mouvement Occupy refait surface aux États-Unis et ailleurs, quoique ses adhérents paraissent un peu moins nombreux que l’an dernier. À défaut de pouvoir perturber le G8, les protestataires devraient converger vers Chicago. Les forces de l’ordre ont déjà procédé à plusieurs arrestations dans la métropole de l’Illinois, où les autorités ont appelé en renfort des policiers venus d’aussi loin que Philadelphie.


Dans la retraite boisée de Camp David, située à 100kilomètres de Washington et défendue par les marines, les chefs d’État et de gouvernement des huit géants de l’économie de marché ne seront évidemment pas dérangés par les rumeurs de la rue. La crise de la zone euro sera au coeur de leurs discussions. Barack Obama, qui mène campagne contre Mitt Romney, accueillera quelques nouveaux venus, dont François Hollande, en qui il devrait trouver un allié pour convaincre le Vieux Continent, et surtout la chancelière allemande, Angela Merkel, de ne pas complètement sacrifier la croissance sur l’autel de l’austérité.


L’économie américaine demeure poussive et le président américain peut difficilement compter, pour lui donner un nouveau coup d’accélérateur, sur un Congrès qui voit dans l’austérité, ou plus précisément dans le rétrécissement de l’État, la clé de la croissance.


À Chicago, les chefs de l’OTAN vont parler de l’Afghanistan, où l’occupation étrangère prendra fin en 2014. Les choses ne vont pas très bien dans ce pays, mais c’est en réalité du Pakistan qu’il sera question. Depuis des années, Washington pourchasse les talibans afghans en territoire pakistanais au moyen de drones, avec les risques de bavures que cela comporte. En novembre dernier, un missile lancé par un de ces drones a tué 24 soldats pakistanais. En représailles, Islamabad interdit depuis lors le passage des convois de l’OTAN à destination de l’Afghanistan. Washington, qui poursuit ses bombardements en violation de la souveraineté pakistanaise, emprunte d’autres voies pour approvisionner ses troupes en Afghanistan, quitte à dépenser un peu plus.


Pour le Pakistan, dont les coffres sont vides, il devient urgent de régler le litige et de recommencer à percevoir des droits de transit. On s’attend à ce que Washington présente de nouvelles excuses tout en accordant une aide exceptionnelle à Islamabad afin que les choses reprennent leur cours « normal ».

 
 
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