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    Conflit afghan - Horizon brouillé

    Dans la foulée des attaques menées par les talibans en fin de semaine, un gradé a laissé tomber des mots propres à aiguiser le pessimisme le plus prononcé qui soit: «Les talibans pourraient rentrer facilement à Kaboul.» Pénétrer dans la capitale, certainement. S'y maintenir, la dominer, certainement pas. Car si les insurgés afghans ont pu poursuivre une offensive à partir d'immeubles en construction au demeurant mal gardés, il n'en reste pas moins que les forces de police ont fait la démonstration d'une amélioration souhaitée depuis longtemps. De quoi s'agit-il? Être suffisamment bien entraînées pour faire face.

    Après des années au cours desquelles bien des aspects liés à l'entraînement des forces de l'ordre étaient inscrits à la catégorie «laisse à désirer», voilà qu'une batterie de chiffres montrent un certain nombre de progrès. Sur tous les délits ou crimes commis dans la capitale, moins de 1 % sont le fait des talibans. Quoi d'autre? Lorsqu'on s'attarde aux chiffres afférents en ces matières et qu'on les compare à la situation qui prévaut à Bagdad ou à Karachi, on constate que Kaboul est plus pacifiée, plus sécurisée.

    Il en va de Kaboul comme il en va dans certaines provinces du pays. Ceci s'explique par cela: à la grandeur du pays, on observe que la direction des talibans éprouve bien des difficultés à convertir des hommes à leur cause. À ce propos, au fil des arrestations de bien des talibans, on s'est rendu compte que l'âge moyen des chefs de section, des chefs d'opérations, avait passablement baissé: de 35 ans à 23 ans. Comme si le déficit d'expérience était passé des forces de l'ordre afghanes aux talibans.

    À cet égard, l'offensive de dimanche confirme un certain ébranlement au sein des insurgés. En effet, il faut souligner que l'offensive en question a été conçue et poursuivie par le réseau Haqqani. Or il se trouve que ce dernier existait avant les talibans, et que s'il entretient des liens avec ces derniers, il a toujours pris un soin méticuleux à ne pas y être inféodé. Et ce, avec l'aval, et donc le soutien, des services de renseignement pakistanais ISI, qui hier comme aujourd'hui jouent un rôle trouble sur l'échiquier afghan.

    Dans le bras de fer que le Pakistan poursuit avec l'Inde, on sait que l'ISI ainsi que l'armée tiennent mordicus à jouer un rôle influent dans la vie politique de l'Afghanistan. Car l'un comme l'autre estiment cette nation voisine essentielle à la profondeur stratégique dont le Pakistan doit se doter. En clair, si tant est qu'on puisse l'être, entre des talibans en recul, des forces afghanes en mesure de contrer aujourd'hui mieux qu'hier ses adversaires, le retrait programmé de l'OTAN et les multiples jeux que l'armée pakistanaise se plaît à mettre en scène derrière les rideaux, il y a fort à parier que l'on va assister au cours des prochains mois à une partie de billard à trois bandes. Mais encore? Impossible d'en deviner l'issue.
     
     
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