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    Crise de l'euro - La zone mark

    Tout naturellement, la crise qui se poursuit au sein de la zone euro a provoqué un débat tournant essentiellement autour du maintien ou du retrait de certains pays de la zone en question. La semaine dernière, le débat a pris une ampleur jamais vue, ainsi qu'en témoigne le nombre élevé d'analyses sur ce sujet. Le dénominateur commun de ces exposés? L'Allemagne est coupable d'avoir imposé une cure d'austérité... suicidaire!

    Pour résumer le chapelet d'études consacrées au sujet du jour, nous emprunterons au New York Times la première phrase d'un éditorial paru tout récemment: «L'Espagne pourrait être la prochaine économie européenne terrassée par la mauvaise gestion allemande de la crise de l'euro.» Ce propos, qui relève plus du constat que de l'opinion, des économistes américains, britanniques et français de renom le partagent et surtout s'en alarment. Car l'obsession empreinte d'une inclination quelque peu fanatique pour l'austérité risque fort, si elle est maintenue, de plonger la zone euro dans les méandres mortifères de la dépression, et non de la récession.

    Au ras des pâquerettes, on a d'ores et déjà observé que les exigences fixées à Berlin n'ayant jamais été accompagnées d'un effort pour la croissance, celles-ci ont passablement amplifié les difficultés rencontrées par le Portugal, la Grèce, l'Espagne et l'Italie. Il faut souligner qu'à l'image du chien qui essaye de se mordre la queue, l'Allemagne exigeant compression sur compression rabote, indirectement, la colonne des revenus et alimente de fait, et à l'avance, l'augmentation de la dette publique. Résultat? Au cours de la dernière quinzaine, le taux d'intérêt que les marchés ont fixé à ces nations est reparti à la hausse.

    Dans son dernier billet écrit pour l'excellent site Project Syndicate, l'économiste Nouriel Roubini rappelle, précise, qu'«alors que l'Allemagne hyper-concurrentielle peut résister à un euro à 1,30 $, voire plus fort, pour la périphérie de la zone euro, où les coûts de la main-d'oeuvre ont augmenté de 30 à 40 % pendant la dernière décennie, la valeur du taux de change devrait chuter vers la parité avec le dollar des États-Unis pour retrouver la compétitivité et l'équilibre externe [...] Le seul espoir de reconstituer la croissance [pour les pays nommés plus haut] est une amélioration de la balance commerciale, ce qui nécessite un euro beaucoup plus faible».

    En France, l'économiste Christian Saint-Pierre a lancé, tout aussi récemment, un pavé dans la mare allemande lors d'une émission télévisée. Pourquoi ne pas envisager, a-t-il indiqué en substance, une association regroupant le Portugal, l'Espagne, la France, l'Italie et la Grèce qui afficherait, si cela s'avérait, un PIB combiné plus élevé que les pays du Nord, soit l'Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Belgique et la Finlande? Qui plus est, cette zone aurait un poids démographique plus important et moins vieillissant que ces derniers. Au cours de la même émission, son confrère Bernard Maris a martelé que parler de la zone euro, c'est mal nommer la réalité puisqu'on est dans la zone mark. Comme dirait l'autre, c'est appeler un chat un chat.

    Dans cette histoire, on ne répétera jamais assez que, de tous les pays qui partagent la monnaie unique, l'Allemagne est celui qui en a le plus profité. Un, parce que, dans les années conséquentes à la création de l'euro, celui-ci lui a garanti une stabilité et un afflux de capitaux nécessaires à la remise à niveau de l'économie de l'Allemagne de l'Est. Deux, parce que la Banque centrale européenne a toujours fixé le loyer de l'argent en fonction de l'économie allemande, de la machine-outil allemande, et non du tourisme espagnol. À cette Angela Merkel qui campe exclusivement sur la logique des droits, les siens, il serait temps de rappeler celle des devoirs. Il en va de l'avenir de l'Europe.
     
     
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