Repères - American Woman
Mitt Romney a du succès auprès des femmes mariées d'âge mûr, et Barack Obama auprès des jeunes célibataires. Électoralement parlant, bien entendu.
Aux élections de novembre, le vote féminin pourrait être plus déterminant que jamais et, si la tendance se maintient, il jouera en faveur du président démocrate. Même les stratèges républicains conviennent que les sondages qui se succèdent à un rythme accéléré indiquent cette tendance.
Mitt Romney lui-même a avoué qu'il devra travailler plus fort pour persuader les Américaines de lui faire confiance. On voit de plus en plus souvent son épouse à ses côtés dans les rassemblements électoraux. Un duel entre Ann Romney et Michèle Obama est à prévoir cet été, en marge de celui qui opposera leurs maris.
Depuis une semaine, des sondages réalisés à l'échelle des États-Unis ou dans les principaux États pivots donnent une très forte avance (jusqu'à 25 %) à M. Obama dans les intentions de vote des femmes, âges et statuts matrimoniaux confondus.
Les démocrates ont généralement besoin d'une majorité du vote des femmes pour remporter une élection parce qu'en majeure partie, celui des hommes est considéré comme acquis aux républicains.
Cela dit, on note de grandes différences d'opinions selon l'âge et le statut matrimonial des Américaines. Par exemple, celles qui ont moins de 50 ans favorisent Barack Obama dans une proportion de 60 % si on se fie aux derniers coups de sonde, alors que leurs aînées ont plutôt tendance à lui préférer Mitt Romney. Le contraste est encore plus frappant si on compare les intentions de vote des femmes célibataires à celles de leurs consoeurs qui ont la bague au doigt. Selon un sondage mené en février, 56 % de ces dernières prévoient voter pour Mitt Romney et 37 % seulement pour Obama. En revanche, presque deux fois plus de femmes célibataires préfèrent le président sortant à son probable rival (64 % contre 33 %).
Il n'y a pas grand mystère dans tout cela. Il faut y voir une réaction aux assauts menés par les politiciens républicains contre des mesures chères aux féministes et, plus généralement, à toutes les femmes qui en bénéficient. À titre d'exemple, Mitt Romney et ses adversaires dans la course à l'investiture républicaine ont promis de couper toute subvention fédérale à l'organisme Planned Parenthood, un réseau de cliniques qui offrent divers services de planification familiale, y compris l'avortement.
«Si les républicains continuent de mener cette "guerre contre les femmes" sur des questions comme la contraception, on pourrait assister à une forte mobilisation des femmes célibataires et féministes de moins de 50 ans en vue de les chasser du pouvoir au Congrès. Une organisation féministe, Emily's List, a lancé une campagne visant à appuyer les candidats et surtout les candidates démocrates», note Frédérick Gagnon, professeur de science politique à l'UQAM, dont il dirige l'Observatoire sur les États-Unis.
Si Romney remporte l'investiture comme on s'y attend, il devrait cesser de parler des questions de morale chères à la droite religieuse pour se concentrer sur l'économie. Malheureusement pour lui, sur ce terrain aussi, certaines de ses positions inquiètent les femmes. Plusieurs lui reprochent son opposition au programme d'assurance maladie piloté par le président Obama. De façon générale, diverses études ont montré que les femmes sont beaucoup plus attachées aux programmes sociaux, et pas seulement en matière de planification familiale, que les hommes. C'est d'autant plus vrai en ce qui concerne les femmes célibataires, qui en outre ont à coeur de choisir le candidat le plus apte à les aider à se trouver un emploi ou à conserver celui qu'elles occupent.
Aux élections de novembre, le vote féminin pourrait être plus déterminant que jamais et, si la tendance se maintient, il jouera en faveur du président démocrate. Même les stratèges républicains conviennent que les sondages qui se succèdent à un rythme accéléré indiquent cette tendance.
Mitt Romney lui-même a avoué qu'il devra travailler plus fort pour persuader les Américaines de lui faire confiance. On voit de plus en plus souvent son épouse à ses côtés dans les rassemblements électoraux. Un duel entre Ann Romney et Michèle Obama est à prévoir cet été, en marge de celui qui opposera leurs maris.
Depuis une semaine, des sondages réalisés à l'échelle des États-Unis ou dans les principaux États pivots donnent une très forte avance (jusqu'à 25 %) à M. Obama dans les intentions de vote des femmes, âges et statuts matrimoniaux confondus.
Les démocrates ont généralement besoin d'une majorité du vote des femmes pour remporter une élection parce qu'en majeure partie, celui des hommes est considéré comme acquis aux républicains.
Cela dit, on note de grandes différences d'opinions selon l'âge et le statut matrimonial des Américaines. Par exemple, celles qui ont moins de 50 ans favorisent Barack Obama dans une proportion de 60 % si on se fie aux derniers coups de sonde, alors que leurs aînées ont plutôt tendance à lui préférer Mitt Romney. Le contraste est encore plus frappant si on compare les intentions de vote des femmes célibataires à celles de leurs consoeurs qui ont la bague au doigt. Selon un sondage mené en février, 56 % de ces dernières prévoient voter pour Mitt Romney et 37 % seulement pour Obama. En revanche, presque deux fois plus de femmes célibataires préfèrent le président sortant à son probable rival (64 % contre 33 %).
Il n'y a pas grand mystère dans tout cela. Il faut y voir une réaction aux assauts menés par les politiciens républicains contre des mesures chères aux féministes et, plus généralement, à toutes les femmes qui en bénéficient. À titre d'exemple, Mitt Romney et ses adversaires dans la course à l'investiture républicaine ont promis de couper toute subvention fédérale à l'organisme Planned Parenthood, un réseau de cliniques qui offrent divers services de planification familiale, y compris l'avortement.
«Si les républicains continuent de mener cette "guerre contre les femmes" sur des questions comme la contraception, on pourrait assister à une forte mobilisation des femmes célibataires et féministes de moins de 50 ans en vue de les chasser du pouvoir au Congrès. Une organisation féministe, Emily's List, a lancé une campagne visant à appuyer les candidats et surtout les candidates démocrates», note Frédérick Gagnon, professeur de science politique à l'UQAM, dont il dirige l'Observatoire sur les États-Unis.
Si Romney remporte l'investiture comme on s'y attend, il devrait cesser de parler des questions de morale chères à la droite religieuse pour se concentrer sur l'économie. Malheureusement pour lui, sur ce terrain aussi, certaines de ses positions inquiètent les femmes. Plusieurs lui reprochent son opposition au programme d'assurance maladie piloté par le président Obama. De façon générale, diverses études ont montré que les femmes sont beaucoup plus attachées aux programmes sociaux, et pas seulement en matière de planification familiale, que les hommes. C'est d'autant plus vrai en ce qui concerne les femmes célibataires, qui en outre ont à coeur de choisir le candidat le plus apte à les aider à se trouver un emploi ou à conserver celui qu'elles occupent.








