Syrie - Une dizaine d'officiers font défection
Les forces fidèles à Al-Assad continuent d'attaquer les foyers rebelles
Ankara et Damas — Une dizaine d'officiers de haut rang de l'armée syrienne, dont plusieurs généraux et colonels, ont fait défection et trouvé refuge en Turquie, ont indiqué hier l'agence officielle turque Anatolie et l'opposition syrienne. Ces évènements sont survenus alors que l'armée continuait de pilonner la ville reballe de Homs.
Parmi les officiers qui ont fait défection, quatre généraux et deux colonels, notamment se trouvaient à Damas, Homs (centre) et Lattaquié (nord-ouest), a précisé l'agence turque, citant des sources locales en Turquie.
Un responsable de l'opposition syrienne à Paris, Fahd al-Masri, a souligné que d'autres officiers supérieurs avaient également déserté l'armée et s'étaient réfugiés en territoire turc.
Au total, «six généraux de brigade, quatre colonels, un lieutenant colonel, un commandant et une femme lieutenant ont fait défection ces dernières 48 heures et se sont réfugiés en Turquie, dans un camp pour officiers déserteurs», a dit M. Masri, conseiller au «Conseil militaire révolutionnaire supérieur».
Plusieurs d'entre eux sont de la province d'Idleb, à la frontière turque, où des troupes ont été envoyées pour une éventuelle offensive contre les rebelles, a-t-il dit. Ils vont se rallier à l'Armée syrienne libre (ASL) du colonel déserteur Riad Assaad, et au Conseil militaire révolutionnaire supérieur, créé par le général déserteur Moustapha al-Cheikh, selon lui. La militaire est la première femme à faire défection.
Mais selon des militants, les défections doivent être plus importantes en nombre et en grade pour ébranler l'armée, toujours fidèle au régime de Bachar al-Assad qui réprime dans le sang depuis un an une révolte populaire sans précédent.
«Les défections ne pourront avoir du poids que lorsque des brigades et divisions entières comptant des milliers de soldats et d'officiers, déserteront l'armée, a dit M. Masri. Cela n'arrivera pas tant que la communauté internationale hésite à imposer un embargo aérien et à armer [les rebelles]».
Assauts
Les forces syriennes ont lancé plusieurs assauts hier contre des régions rebelles tuant près de 50 civils en majorité à Idleb, à la veille de la première mission à Damas de l'émissaire international Kofi Annan, selon des militants.
La Russie s'est opposé à un nouveau projet de résolution à l'ONU, avant une réunion hier soir au Caire du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avec M. Annan puis samedi avec ses homologues arabes critiques de l'attitude russe.
Mettant à profit l'incapacité de la communauté internationale à parler d'une seule voix sur la Syrie, le régime Assad a envoyé ses forces mater les hauts lieux de la contestation, notamment à Idleb (nord-ouest), Homs (centre) et Hama (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Dans l'offensive la plus sanglante, 24 civils ont péri à Idleb, dont au moins 13 dans la localité d'Aïn Larose, a précisé l'ONG. D'autres villages ont également été attaqués.
Alors qu'un nombre important de chars étaient massés dans le district de Jabal al-Zaouia à Idleb, les militants pro-démocratie ont dit craindre une opération d'envergure semblable à celle à Baba Amr, quartier de Homs repris par l'armée le 1er mars après un mois de bombardements sanglants et dévastateurs.
Dans d'autres secteurs rebelles de la province de Homs, 16 civils ont été tués dont 10 dans la chute d'obus et de roquettes et trois dans la dispersion d'une manifestation antirégime. Quatre civils ont péri à Hama et un autre à Alep (nord) par des tirs sur les manifestants, a ajouté l'OSDH.
Comme tous les vendredis depuis le 15 mars 2011, des dizaines de milliers de Syriens sont descendus dans les rues. Alep, où les manifestants ont scandé «Assad Dégage!» ou «Assad, tes jours sont comptés, que Dieu maudisse ton âme», a connu sa plus grande mobilisation depuis un an, selon des militants.
Les manifestants ont aussi appelé à travers le pays à l'armement des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL).
Avant sa mission à Damas, M. Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, a mis en garde contre davantage de militarisation qui aggraverait la situation, une position répétée par les États-Unis et la France.
Selon le patron de l'ONU, Ban Ki-moon, M. Annan rencontrera ce matin M. Assad et quittera Damas demain après des rencontres avec des responsables gouvernementaux et de la «société civile». Il se rendra ensuite dans d'autres pays de la région et verra «des dirigeants de l'opposition hors de Syrie».
Priorités
M. Ban a fait état de «trois priorités» pour la mission Annan: «un cessez-le-feu immédiat», «une solution politique globale» et un «un accès et une aide humanitaires».
M. Annan aura cependant la tâche ardue tant les positions des protagonistes sont éloignées.
Le régime Assad ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation et se targue du «soutien du peuple syrien» pour étouffer la contestation qu'il assimile à «des actes terroristes menés par des gangs armés». L'opposition quant à elle refuse tout dialogue avec M. Assad et exige son départ.
De surcroît, les divisions internationales persistent. Moscou a rejeté un nouveau texte américain au Conseil de sécurité exigeant du régime l'arrêt «immédiat» des violences et appelant l'opposition à «s'abstenir de toute violence» au cas où le pouvoir se plierait aux exigences de cette résolution.
Les États-Unis ont d'ailleurs dit ne «pas [être] très optimistes» quant à un accord sur la résolution.
Moscou et Pékin ont imposé leur veto à deux résolutions contre le régime Assad, malgré la poursuite des violences qui ont fait quelque 8500 morts, en majorité des civils tués dans la répression, selon l'OSDH.
Les tractations diplomatiques interviennent au moment où de nouvelles défections au sein de l'armée ont été annoncées, après la première démission d'un membre du gouvernement syrien, le vice-ministre du Pétrole Abdo Hussameddine qui a dénoncé la «brutalité» du régime.
Parmi les officiers qui ont fait défection, quatre généraux et deux colonels, notamment se trouvaient à Damas, Homs (centre) et Lattaquié (nord-ouest), a précisé l'agence turque, citant des sources locales en Turquie.
Un responsable de l'opposition syrienne à Paris, Fahd al-Masri, a souligné que d'autres officiers supérieurs avaient également déserté l'armée et s'étaient réfugiés en territoire turc.
Au total, «six généraux de brigade, quatre colonels, un lieutenant colonel, un commandant et une femme lieutenant ont fait défection ces dernières 48 heures et se sont réfugiés en Turquie, dans un camp pour officiers déserteurs», a dit M. Masri, conseiller au «Conseil militaire révolutionnaire supérieur».
Plusieurs d'entre eux sont de la province d'Idleb, à la frontière turque, où des troupes ont été envoyées pour une éventuelle offensive contre les rebelles, a-t-il dit. Ils vont se rallier à l'Armée syrienne libre (ASL) du colonel déserteur Riad Assaad, et au Conseil militaire révolutionnaire supérieur, créé par le général déserteur Moustapha al-Cheikh, selon lui. La militaire est la première femme à faire défection.
Mais selon des militants, les défections doivent être plus importantes en nombre et en grade pour ébranler l'armée, toujours fidèle au régime de Bachar al-Assad qui réprime dans le sang depuis un an une révolte populaire sans précédent.
«Les défections ne pourront avoir du poids que lorsque des brigades et divisions entières comptant des milliers de soldats et d'officiers, déserteront l'armée, a dit M. Masri. Cela n'arrivera pas tant que la communauté internationale hésite à imposer un embargo aérien et à armer [les rebelles]».
Assauts
Les forces syriennes ont lancé plusieurs assauts hier contre des régions rebelles tuant près de 50 civils en majorité à Idleb, à la veille de la première mission à Damas de l'émissaire international Kofi Annan, selon des militants.
La Russie s'est opposé à un nouveau projet de résolution à l'ONU, avant une réunion hier soir au Caire du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avec M. Annan puis samedi avec ses homologues arabes critiques de l'attitude russe.
Mettant à profit l'incapacité de la communauté internationale à parler d'une seule voix sur la Syrie, le régime Assad a envoyé ses forces mater les hauts lieux de la contestation, notamment à Idleb (nord-ouest), Homs (centre) et Hama (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Dans l'offensive la plus sanglante, 24 civils ont péri à Idleb, dont au moins 13 dans la localité d'Aïn Larose, a précisé l'ONG. D'autres villages ont également été attaqués.
Alors qu'un nombre important de chars étaient massés dans le district de Jabal al-Zaouia à Idleb, les militants pro-démocratie ont dit craindre une opération d'envergure semblable à celle à Baba Amr, quartier de Homs repris par l'armée le 1er mars après un mois de bombardements sanglants et dévastateurs.
Dans d'autres secteurs rebelles de la province de Homs, 16 civils ont été tués dont 10 dans la chute d'obus et de roquettes et trois dans la dispersion d'une manifestation antirégime. Quatre civils ont péri à Hama et un autre à Alep (nord) par des tirs sur les manifestants, a ajouté l'OSDH.
Comme tous les vendredis depuis le 15 mars 2011, des dizaines de milliers de Syriens sont descendus dans les rues. Alep, où les manifestants ont scandé «Assad Dégage!» ou «Assad, tes jours sont comptés, que Dieu maudisse ton âme», a connu sa plus grande mobilisation depuis un an, selon des militants.
Les manifestants ont aussi appelé à travers le pays à l'armement des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL).
Avant sa mission à Damas, M. Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, a mis en garde contre davantage de militarisation qui aggraverait la situation, une position répétée par les États-Unis et la France.
Selon le patron de l'ONU, Ban Ki-moon, M. Annan rencontrera ce matin M. Assad et quittera Damas demain après des rencontres avec des responsables gouvernementaux et de la «société civile». Il se rendra ensuite dans d'autres pays de la région et verra «des dirigeants de l'opposition hors de Syrie».
Priorités
M. Ban a fait état de «trois priorités» pour la mission Annan: «un cessez-le-feu immédiat», «une solution politique globale» et un «un accès et une aide humanitaires».
M. Annan aura cependant la tâche ardue tant les positions des protagonistes sont éloignées.
Le régime Assad ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation et se targue du «soutien du peuple syrien» pour étouffer la contestation qu'il assimile à «des actes terroristes menés par des gangs armés». L'opposition quant à elle refuse tout dialogue avec M. Assad et exige son départ.
De surcroît, les divisions internationales persistent. Moscou a rejeté un nouveau texte américain au Conseil de sécurité exigeant du régime l'arrêt «immédiat» des violences et appelant l'opposition à «s'abstenir de toute violence» au cas où le pouvoir se plierait aux exigences de cette résolution.
Les États-Unis ont d'ailleurs dit ne «pas [être] très optimistes» quant à un accord sur la résolution.
Moscou et Pékin ont imposé leur veto à deux résolutions contre le régime Assad, malgré la poursuite des violences qui ont fait quelque 8500 morts, en majorité des civils tués dans la répression, selon l'OSDH.
Les tractations diplomatiques interviennent au moment où de nouvelles défections au sein de l'armée ont été annoncées, après la première démission d'un membre du gouvernement syrien, le vice-ministre du Pétrole Abdo Hussameddine qui a dénoncé la «brutalité» du régime.








